Avertissement : cet article parle d'une soirée moche dans ma vie de femme enceinte. Si ça vous gosse, les femmes enceintes, ne le lisez pas. Si vous cherchez des réponses à vos maux de femme enceinte, ou si vous venez de taper "dépression grossesse" dans google et que vous pleurez en vous flattant le ventre, sachez que je n'ai absolument aucune compétence en la matière et que vous devriez arrêter de lire tous les forums où les madames enceintes disent à d'autres madames enceintes "oulaaa, t'as pensé à consulter ton toubib?". Anyway, la moitié de vos bobos vont s'évaporer si vous buvez beaucoup d'eau. Pis si vous pensez que mon quotidien se résume à ce texte et que c'est représentatif de mon humeur globale, vous êtes dans le champ : les autres journées de ma vie sont bin plus anodines et inintéressantes. Merci.
Ça fait que j'écoute "Smile" de Lagwagon sur repeat un vendredi soir seule à l'appart en flattant trop fort mon chat qui veut juste se sauver pis en pleurant ma vie.
***
La journée commence pourtant bien : je me réveille et je regarde ma pédagogique, plein de temps devant moi pour m'avancer dans mes trucs, pis, en prime, j'ai un 5@7 en fin de journée avec des amis que je n'ai pas vu depuis longtemps.
Je suis excitée.
Je prends évidemment 40 minutes de plus qu'à l'habitude pour me mettre cute le matin parce que je veux don' tellement-tu impressionner mes amis avec ma face pis mes cheveux resplendissants de "aura de femme enceinte" (il faut entretenir le mythe) pis je change de linge 4 fois parce que j'suis pu tellement habituée d'avoir une vie sociale et que j'veux être belle comme mes élèves quand elles se chixent pour aller veiller.
Mon reflet dans le miroir me convainc.
Je suis surexcitée. Sûrement trop.
Je décide de me faire un latte pour aller travailler parce que fuck les restrictions alimentaires et je pars à l'école au son de "Nine in the Afternoon". Je suis dans le char, alors j'peux pas vraiment le jurer, mais j'suis convaincue qu'un soleil en carton jaune fluo me suit au-dessus de la tête tout au long de la ride. J'ai d'ailleurs sûrement l'air d'une pochette psychédélique d'album des Beatles.
Après, y'a comme vortex de sept heures qui suce toute ma joie de vivre.
À ma sortie de l'école, je m'aperçois qu'il a (encore) neigé (tabarnak). Je déblaie Suzanne en sacrant parce que j'ai toujours de la misère à me rendre sur le toit du haut de mes 5 pieds pis que c'est le moment où mon balai à neige rétractable foul top décide de rendre l'âme. Mes cheveux, qui avaient miraculeusement toffé la journée, sont mouillés pis tapés sur ma tête en même pas deux minutes. Le ventre commence à me tirer parce que je suis trop fatiguée. La neige continue à tomber pour me narguer. L'imbécile derrière moi me colle au cul même si j'arrête pas de lui foutre les breaks dans la face pour lui faire comprendre que c'est glissant pis qu'il me gosse. Je fais des fuck-you dans mes mitaines en sentant monter en moi des pulsions de mort. Ça me prend le double du temps habituel pour revenir chez moi, dont la moitié où j'essaie de retenir les larmes qui montent parce que je me rends compte que je ne peux pas boire MÊME SI LA BIÈRE SERAIT BONNE EN CRISS en majuscules. Une fois parquée devant chez moi, la connasse de neige fait couler mon mascara à peu près jusqu'à mes genoux. Je monte les quatre étages de mon bloc en cherchant mon souffle parce que mon corps pas en forme peine à faire circuler les litres de sang que j'ai en surplus. J'entre chez moi pis mon chum est trop fin pour mon état d'esprit, alors je lui pitche en pleurant qu'être à jeûn, c'est de la marde, que je dois vraiment être alcoolique, que j'aurai pu jamais de vie sociale normale pis que j'y vais pu, au fucking 5@7, mais qu'il peut y aller, lui. À ce moment précis, je me crois. Au bout de deux heures et après avoir constaté l'inefficacité de Bridget Jones et des Revellos sur mon moral, je trouve que ça fait trop longtemps qu'il boit en ayant du plaisir, alors je change d'idée pis je lui téléphone avec un ton de sos-suicide-ma-vie-est-un-enfer-à-perpétuité pour lui dire de revenir à l'appart pis que j'feele pas. Je raccroche trop vite pis trop fort. Je tourne en rond dans l'appart en pleurant pis en faisant des sons de gorge épeurants. Je cherche "dépression grossesse" sur Google pis je me mets à lire des forums de madames enceintes qui se disent entre elles "oulaaa, t'as pensé à consulter ton toubib?" en pleurant de plus belle. Chaton passe par là, alors je l'empoigne et l'oblige à se coucher sur moi pour lui imposer ma peine en le caressant avec trop d'insistance. Chaton regarde par-dessus mon coude vers la Liberté. J'ai l'humeur d'une fille de 15 ans qui a pas dansé un seul slow au dernier party alors que sa best, elle, a même frenché.
Ça fait que j'écoute "Smile" de Lagwagon sur repeat un vendredi soir seule à l'appart en flattant trop fort mon chat qui veut juste se sauver pis en pleurant ma vie.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
Affichage des articles dont le libellé est neige. Afficher tous les articles
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9 avril 2014
2 mars 2014
Mars, cette garce (ou faire un titre qui rime parce que ça sonne beau)
** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée : merci, Lapine! **
J’ai une
relation amour-haine avec mars.
Des fois,
mars, c’est vraiment hot. Tes voisins yolo ouvrent leur piscine pour deux
semaines (pour vrai), tu mets tes Converse et tu marches jusqu’au Dairy Queen
pour ton premier Blizzard de l’année, en changeant de trottoir pour éviter les
quelques plaques de glace qui ont survécu au soleil. (Mais vu
que t'es pas super originale, tu te décourages vite du line-up de 2 h et tu te
rabats sur un Drumstick au dépanneur.)
Des fois, mars, c’est vraiment poche. Des fois
(souvent), mars, c’est ça :
Tes mini-shorts achetés en février te dévisagent, l’air de dire « c’est quoi là, tu nous voulais super gros pis maintenant que tu nous as, tu nous tiens pour acquises et tu nous touches plus? » Tu scrappes de sel tes nouveaux souliers portés prématurément parce que t’en pouvais juste plus de tes bottes trop lourdes.
(Ma vie
tourne beaucoup autour de mon garde-robe; c’est totalement assumé.)
Bref,
mars, c’est juste une petite garce qui nous fait croire que parce que le soleil
se couche plus tard, il va être plus chaud.
C’est
faux.
Mars,
c’est 2/3 d’hiver, 1/3 de printemps.
Dans un autre ordre d’idées, totalement : parlant de mars, quelqu’un peut me dire à quel moment les barres Mars au chocolat blanc ont disparu, pourquoi, et surtout, pour quelle raison personne ne m’a avisée à l’avance?
_____
3 janvier 2012
Déblanchir les artères
À Québec, on l'a pas. Déneiger les rues, on l'a trop pas.
Sorry, Régis.
Qu'est-ce qui se passe, la première journée où il neige beaucoup? Pas grand chose, il se passe une charuette au centre des rues, tellement gênée qu'elle frôle à peine le sol, laissant une bouse bois-de-tilleul profonde de 2 cm, juste assez pour scrapper davantage mes bottes pas-si-hivernales.
On se dit que c'est le 1er janvier, on est indulgent.
Qu'est-ce qui se passe, le lendemain de la première journée où il neige beaucoup? Rien. Il neige un peu plus, la charuette repasse, les voitures commencent à badtripper quand elles essaient de se déparquer du bord de la rue, pis tout le monde regarde les lumières oranges le soir venu pour savoir si elles vont flasher ou pas. Pas.
On se dit que le 2 janvier, ça doit coûter cher, des gars de la Ville.
Qu'est-ce qui se passe, le lendemain du lendemain de la première journée où il neige beaucoup? ON GÈLE. « On » genre « tout », mes doigts, tes orteils, ses crottes de nez, ces bancs de neige : des monuments de glace, des palais gelés, des châteaux forts du Moyen Âge, manne, plein de décorations pis d'affaires secrètes! Ça gèle sur le bord de la rue pis personne fait rien, les lumières oranges flashent pas, les camions sont frileux, les enfants se poussent, les vieux se pètent la rotule.
On se dit que c'est moyennement de la marde.
Ah mais non, c'est ce soir là, finalement, juste à temps pour la réouverture des banques, que ça se décide à lancer sa gang pour un grand nettoyage.
Party rock is in the streets tonight.
J'ai tellement tellement hâte de m'endormir au doux son des grattes qui s'acharnent sur du ciment blanc. Ça va tout faire en même temps en plus, question d'écoeurrer les sans-stationnement; ça peut pas se contenter d'une rue sur deux par nuit, ou bin d'un côté de la rue à la fois, bin non! Volatilisez vos chars, bande de pauvres, on passe!
:)
J'aime vraiment ça chialer comme si j'étais une automobiliste.
_____
Sorry, Régis.
Qu'est-ce qui se passe, la première journée où il neige beaucoup? Pas grand chose, il se passe une charuette au centre des rues, tellement gênée qu'elle frôle à peine le sol, laissant une bouse bois-de-tilleul profonde de 2 cm, juste assez pour scrapper davantage mes bottes pas-si-hivernales.
On se dit que c'est le 1er janvier, on est indulgent.
Qu'est-ce qui se passe, le lendemain de la première journée où il neige beaucoup? Rien. Il neige un peu plus, la charuette repasse, les voitures commencent à badtripper quand elles essaient de se déparquer du bord de la rue, pis tout le monde regarde les lumières oranges le soir venu pour savoir si elles vont flasher ou pas. Pas.
On se dit que le 2 janvier, ça doit coûter cher, des gars de la Ville.
Qu'est-ce qui se passe, le lendemain du lendemain de la première journée où il neige beaucoup? ON GÈLE. « On » genre « tout », mes doigts, tes orteils, ses crottes de nez, ces bancs de neige : des monuments de glace, des palais gelés, des châteaux forts du Moyen Âge, manne, plein de décorations pis d'affaires secrètes! Ça gèle sur le bord de la rue pis personne fait rien, les lumières oranges flashent pas, les camions sont frileux, les enfants se poussent, les vieux se pètent la rotule.
On se dit que c'est moyennement de la marde.
Ah mais non, c'est ce soir là, finalement, juste à temps pour la réouverture des banques, que ça se décide à lancer sa gang pour un grand nettoyage.
Party rock is in the streets tonight.
J'ai tellement tellement hâte de m'endormir au doux son des grattes qui s'acharnent sur du ciment blanc. Ça va tout faire en même temps en plus, question d'écoeurrer les sans-stationnement; ça peut pas se contenter d'une rue sur deux par nuit, ou bin d'un côté de la rue à la fois, bin non! Volatilisez vos chars, bande de pauvres, on passe!
:)
J'aime vraiment ça chialer comme si j'étais une automobiliste.
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28 septembre 2011
Pour les bad hair days
Y'a des matins où tout va tout croche du réveil au boulot et où on a vraiment envie de fesser...
Eh bien ça n'est pas le cas pour moi ce matin! fanfaronne-t-elle en pyjama dans son salon à boire un chocolat chaud tout en avançant tranquillement dans ses corrections.
Mais bon, pour ceux qui se sentent concernés, ou pour Val-du-futur, je copie-colle ici la mésaventure hivernale d'un collègue campagnard qu'il a partagé avec moi un de ces matins, un lundi bien sûr, où je sacrais ma vie et où je suis arrivée une heure en retard au travail. Si j'avais à inventer un verbe pour ça, ça serait lundir. J'ai donc lundi, et il m'a raconté :
Eh bien ça n'est pas le cas pour moi ce matin! fanfaronne-t-elle en pyjama dans son salon à boire un chocolat chaud tout en avançant tranquillement dans ses corrections.
Mais bon, pour ceux qui se sentent concernés, ou pour Val-du-futur, je copie-colle ici la mésaventure hivernale d'un collègue campagnard qu'il a partagé avec moi un de ces matins, un lundi bien sûr, où je sacrais ma vie et où je suis arrivée une heure en retard au travail. Si j'avais à inventer un verbe pour ça, ça serait lundir. J'ai donc lundi, et il m'a raconté :
Dans le jargon du travailleur aguerri, c'est le syndrome de l'ironie du lundi, et c'est malheureusement assez fréquent.
Petit exemple d'un de mes lundis matin d'hiver de l'an dernier.
La charrue me fait évidemment une track de neige de 4 pieds de haut devant ma cour, alors je me donne une swing avec mon char en pensant réussir à passer par-dessus (voilà une belle victoire de ma stupidité sporadique légendaire), mais je me retrouve juché solide sur le top de la track, les 4 roues en l'air.
Système D, je décide de prendre mon camion 4x4 pour pousser le char. La batterie du camion est à plat, donc une heure de charge plus tard, je pousse enfin mon char... mais... un peu trop fort, de bumper à bumper, bref mon camion brise le point de rupture pis embarque sous le bumper du char en le soulevant. Résultat : je brise mes lumières arrière du char pis la grille avant et le contour du spot du camion, genre $$$$$$$ en quelques secondes.
Système D, je décide de prendre mon camion 4x4 pour pousser le char. La batterie du camion est à plat, donc une heure de charge plus tard, je pousse enfin mon char... mais... un peu trop fort, de bumper à bumper, bref mon camion brise le point de rupture pis embarque sous le bumper du char en le soulevant. Résultat : je brise mes lumières arrière du char pis la grille avant et le contour du spot du camion, genre $$$$$$$ en quelques secondes.
Lundi de marde, 3 heures de retard au travail...
L'ironie du lundi frappe fort sans prévenir, et quand on se pense bin bin bons d'y avoir échappé, elle se reprend le mardi sans aucune pudeur, la salope!!!
Alors voilà. Vous pensez avoir un matin de merde? Cheers!
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L'ironie du lundi frappe fort sans prévenir, et quand on se pense bin bin bons d'y avoir échappé, elle se reprend le mardi sans aucune pudeur, la salope!!!
Alors voilà. Vous pensez avoir un matin de merde? Cheers!
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7 mars 2011
Gue-guerres de villages
Depuis que j'habite à Québec, je réalise enfin pleinement la rivalité avec Montréal. Du fin fond de mon Sherby chéri, je n'assistais que très rarement à ses manifestations et en venais à croire qu'il s'agissait d'une légende urbaine.
Je pensais même que ma gentille ville faisait partie des villes importantes du Québec, que les gens ailleurs savaient où c'était pis ce que ça bouffait en hiver. Je n'ai jamais senti que je venais d'une ''région''.
Hé bien j'avais tort. Soit.
Salutations à mes amis plein d'humour qui brossent en quelques facebookeries le plus beau des tableaux du triangle amoureux Sherbrooke-Québec-Montréal... Ladies and Gentlemen, I give you :
Lu sur Facebook!

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Je pensais même que ma gentille ville faisait partie des villes importantes du Québec, que les gens ailleurs savaient où c'était pis ce que ça bouffait en hiver. Je n'ai jamais senti que je venais d'une ''région''.
Hé bien j'avais tort. Soit.
Salutations à mes amis plein d'humour qui brossent en quelques facebookeries le plus beau des tableaux du triangle amoureux Sherbrooke-Québec-Montréal... Ladies and Gentlemen, I give you :
Lu sur Facebook!

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26 janvier 2011
Petits moments de miam
Miam 1
C'est le printemps et il fait gros soleil. Quand je sors dehors, l'air est encore trop frais pour que je puisse y croire vraiment, mais si je reste en dedans, sous les rayons qui entrent par l'immense fenêtre du salon pour aller flatter ma peau, la jaquette bien ouverte en tente par-dessus le calorifère qui se trouve à être justement sous la fenêtre, si je fais ça, j'y crois. Pis je m'installe sur le divan avec ma doudou pour lire un Club des Baby-Sitters. Mom écoute l'album D'Eux en faisant du ménage.
Miam 2
C'est l'été pour vrai. Je me fais garder par matante Taloup, j'ai pas 4 ans, et on va jouer au parc de la Pointe Merry. Il y a encore l'énorme glissade verte en métal pis on met du sable dessus pour que ça glisse plus vite. On mange peut-être même du McDo en nourissant les mouettes pour souper.
Miam 3
C'est l'automne et on se garde une demi-heure en revenant de l'école ma soeur et moi. Sur ces 30 minutes, on en passe à peu près 15 à s'obstiner au téléphone avec mom (C'est elle qui veut jamais m'écouter! - Non, c'est même pas vrai!) et les 15 autres sont dédiées à refaire nos provisions : des oreos sous l'oreiller, 3-4 vitamines flinstones directement dans notre bouche, quelques tranches de fromage orange... Sans oublier d'aller jeter la moitié de sandwich qu'on n'avait pas mangé sur l'heure du dîner dans l'atelier de papa, en la cachant bien sous les autres débris pour ne pas se faire chicaner. Pourquoi on n'a jamais pensé la jeter à l'école, simplement?
Miam 4
C'est l'hiver et il a trop neigé. Mon père est sûrement fru de devoir pelleter, mais ça nous arrange ma soeur et moi parce qu'on peut se pitcher dans sa grosse pelle, sur le tas de neige, pour qu'il nous traîne toute la longueur de la cour et nous droppe en haut de la bute de neige. Parce que c'est drôle. Les petites lumières bleues dans le lilas en face de la maison nous éclairent, on dirait presque un parc d'attraction. Le lendemain, papa a mal dans le dos et nos mitaines sont sèches sur le calorifère.
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C'est le printemps et il fait gros soleil. Quand je sors dehors, l'air est encore trop frais pour que je puisse y croire vraiment, mais si je reste en dedans, sous les rayons qui entrent par l'immense fenêtre du salon pour aller flatter ma peau, la jaquette bien ouverte en tente par-dessus le calorifère qui se trouve à être justement sous la fenêtre, si je fais ça, j'y crois. Pis je m'installe sur le divan avec ma doudou pour lire un Club des Baby-Sitters. Mom écoute l'album D'Eux en faisant du ménage.
Miam 2
C'est l'été pour vrai. Je me fais garder par matante Taloup, j'ai pas 4 ans, et on va jouer au parc de la Pointe Merry. Il y a encore l'énorme glissade verte en métal pis on met du sable dessus pour que ça glisse plus vite. On mange peut-être même du McDo en nourissant les mouettes pour souper.
Miam 3
C'est l'automne et on se garde une demi-heure en revenant de l'école ma soeur et moi. Sur ces 30 minutes, on en passe à peu près 15 à s'obstiner au téléphone avec mom (C'est elle qui veut jamais m'écouter! - Non, c'est même pas vrai!) et les 15 autres sont dédiées à refaire nos provisions : des oreos sous l'oreiller, 3-4 vitamines flinstones directement dans notre bouche, quelques tranches de fromage orange... Sans oublier d'aller jeter la moitié de sandwich qu'on n'avait pas mangé sur l'heure du dîner dans l'atelier de papa, en la cachant bien sous les autres débris pour ne pas se faire chicaner. Pourquoi on n'a jamais pensé la jeter à l'école, simplement?
Miam 4
C'est l'hiver et il a trop neigé. Mon père est sûrement fru de devoir pelleter, mais ça nous arrange ma soeur et moi parce qu'on peut se pitcher dans sa grosse pelle, sur le tas de neige, pour qu'il nous traîne toute la longueur de la cour et nous droppe en haut de la bute de neige. Parce que c'est drôle. Les petites lumières bleues dans le lilas en face de la maison nous éclairent, on dirait presque un parc d'attraction. Le lendemain, papa a mal dans le dos et nos mitaines sont sèches sur le calorifère.
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19 janvier 2011
Ça sent la neige
Ça n'arrive pas toujours, dans le genre que c'est pas présent pendant toute la saison hivernale. Non. En fait, ça se produit généralement juste avant que la neige se pointe, ou quand elle commence à peine à tomber : son odeur caractéristique, un feeling que le taux d'humidité est bon, qu'elle s'en vient.
La chatonne miaule pour sortir : j'ouvre la porte et ça sent la neige.
Me vient toujours un sentiment de bien-être, en une bouffée, comme si les choses avaient soudainement du sens (ça fait un parfait sens), comme si Dame Nature s'était occupée de nettoyer les ordures qui remplissent ma tête et là pouf, ça sent la neige et tout peut recommencer, tout est possible. Le Etch a Sketch est redevenu blanc, à peine l'ébauche d'un nouveau dessein.
Je sors prendre une marche sans raison et sans but. (Je reviens systématiquement avec un sac de chips acheté au dépanneur, je sais, mais à la base, c'était pas le but.) Mes joues aiment ça. Mon nez se trémousse et tente d'emmagasiner ce qu'il hume le plus possible. Les escaliers craquent dans le froid et on dirait que ça sent encore plus. La chatonne entre en même temps que moi et je la prends en la sniffant fort fort parce qu'elle s'est approprié l'odeur de la neige, elle aussi.
Autant je peux régulièrement damner la vie d'être née dans mon foutu pays qui n'en est pas un (c'est une saison), autant je bénis ces souvenirs enneigés de l'enfance, ceux qui se sont accumulés mine de rien dans un racoin de matière grise et qui, ô merci mémoire olfactive, m'apportent aujourd'hui tant de paix quand revient la douce odeur de la neige.
Presque comme une messe.
Alléluia.
_____
La chatonne miaule pour sortir : j'ouvre la porte et ça sent la neige.
Me vient toujours un sentiment de bien-être, en une bouffée, comme si les choses avaient soudainement du sens (ça fait un parfait sens), comme si Dame Nature s'était occupée de nettoyer les ordures qui remplissent ma tête et là pouf, ça sent la neige et tout peut recommencer, tout est possible. Le Etch a Sketch est redevenu blanc, à peine l'ébauche d'un nouveau dessein.
Je sors prendre une marche sans raison et sans but. (Je reviens systématiquement avec un sac de chips acheté au dépanneur, je sais, mais à la base, c'était pas le but.) Mes joues aiment ça. Mon nez se trémousse et tente d'emmagasiner ce qu'il hume le plus possible. Les escaliers craquent dans le froid et on dirait que ça sent encore plus. La chatonne entre en même temps que moi et je la prends en la sniffant fort fort parce qu'elle s'est approprié l'odeur de la neige, elle aussi.
Autant je peux régulièrement damner la vie d'être née dans mon foutu pays qui n'en est pas un (c'est une saison), autant je bénis ces souvenirs enneigés de l'enfance, ceux qui se sont accumulés mine de rien dans un racoin de matière grise et qui, ô merci mémoire olfactive, m'apportent aujourd'hui tant de paix quand revient la douce odeur de la neige.
Presque comme une messe.
Alléluia.
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23 décembre 2010
Leçon de vie
Il fait BEAU pis l'hiver est BLANC pis c'est l'FUN.
Trop joyeuse, je marche dans le lit mou mou et j'ai comme une envie de jaser. Dans un long long escalier, je vois une dame assez âgée merci qui descend lentement, marche par marche, en tassant la neige avec ses pieds (au lieu d'y aller avec une pelle).
Je - J'adore votre technique!
Dame - Ah tsé, en vieillissant, on se rend compte qu'on perd beaucoup de temps à vouloir faire les choses comme tout le monde... Joyeuses Fêtes!
Wow... merci, Madame!
_____
Trop joyeuse, je marche dans le lit mou mou et j'ai comme une envie de jaser. Dans un long long escalier, je vois une dame assez âgée merci qui descend lentement, marche par marche, en tassant la neige avec ses pieds (au lieu d'y aller avec une pelle).
Je - J'adore votre technique!
Dame - Ah tsé, en vieillissant, on se rend compte qu'on perd beaucoup de temps à vouloir faire les choses comme tout le monde... Joyeuses Fêtes!
Wow... merci, Madame!
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20 décembre 2010
Poudrerie
Sur cette rue-là, je traverse vis-à-vis le bloc bleu. J'ai pas tellement de raison, ça n'a rien de plus optimal que de traverser au coin de la rue, ou devant n'importe quelle autre bâtisse, mais c'est là que je traverse. Le banc de neige le sait, il garde ma trace, mon spot de passage juste à moi.
Toi, ça t'énervait que je traverse toujours aux mêmes endroits quand on prenait des marches, tu pognais les nerfs. Tu restais de l'autre côté de la rue pis tu boudais. Asti de con.
La neige jaune sur le côté des trottoirs me détaille les allées et venues des principaux habitants du quartier des chats. On voit les pas, aussi, les traces distinctes : chat, chix, enfant, chat, chat, raton?, chat, homme, chix, chat. Un botch encore fumant. Des fois, y'a comme des mottons rose-beige-orange qui s'imposent sur mon chemin, glacés, pas homogènes, louches, alors je les contourne. Too much information. La neige, c'est trop immaculé, ça trahit tout. Comme si un bar crade et toujours bondé faisait poser de la moquette blanche mur à mur. Juste non. Donnez-nous une chance!
C'est glissant. Les voitures ont de la misère à arrêter aux lumières, alors je ne traverse pas même si j'ai mon bonhomme. J'attends que plus rien ne bouge. J'enlève mes écouteurs, j'écoute le bruit du dérapage. Droite, gauche, droite; je remets mes écouteurs et j'avance de deux pas en reculant de un en sacrant.
Ça fait un an demain que t'es mort pis je suis encore frue. Va chier.
_____
Toi, ça t'énervait que je traverse toujours aux mêmes endroits quand on prenait des marches, tu pognais les nerfs. Tu restais de l'autre côté de la rue pis tu boudais. Asti de con.
La neige jaune sur le côté des trottoirs me détaille les allées et venues des principaux habitants du quartier des chats. On voit les pas, aussi, les traces distinctes : chat, chix, enfant, chat, chat, raton?, chat, homme, chix, chat. Un botch encore fumant. Des fois, y'a comme des mottons rose-beige-orange qui s'imposent sur mon chemin, glacés, pas homogènes, louches, alors je les contourne. Too much information. La neige, c'est trop immaculé, ça trahit tout. Comme si un bar crade et toujours bondé faisait poser de la moquette blanche mur à mur. Juste non. Donnez-nous une chance!
C'est glissant. Les voitures ont de la misère à arrêter aux lumières, alors je ne traverse pas même si j'ai mon bonhomme. J'attends que plus rien ne bouge. J'enlève mes écouteurs, j'écoute le bruit du dérapage. Droite, gauche, droite; je remets mes écouteurs et j'avance de deux pas en reculant de un en sacrant.
Ça fait un an demain que t'es mort pis je suis encore frue. Va chier.
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18 décembre 2010
À l'infini(tif)
Sortir en pyjama.
Rentrer.
Mettre un manteau et une tuque.
Ressortir.
Marcher des heures.
Briser ses tympans.
Espionner les gens.
Croiser un ami.
Engourdir son foie.
Juste une fois.
Brûler ses cellules.
Marcher un peu plus.
Multiplier les amis.
Rire.
Parler aux gens sans le faire.
Être avec eux sans les écouter.
S'en sortir.
Regarder sa montre.
En prendre une autre.
Oublier le temps.
Être dans une place inconnue.
Ne pas se poser de questions.
Espionner les gens.
Disparaître.
Oublier de dormir.
Prendre une douche.
Recommencer.
S'étourdir.
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Rentrer.
Mettre un manteau et une tuque.
Ressortir.
Marcher des heures.
Briser ses tympans.
Espionner les gens.
Croiser un ami.
Engourdir son foie.
Juste une fois.
Brûler ses cellules.
Marcher un peu plus.
Multiplier les amis.
Rire.
Parler aux gens sans le faire.
Être avec eux sans les écouter.
S'en sortir.
Regarder sa montre.
En prendre une autre.
Oublier le temps.
Être dans une place inconnue.
Ne pas se poser de questions.
Espionner les gens.
Disparaître.
Oublier de dormir.
Prendre une douche.
Recommencer.
S'étourdir.
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12 décembre 2010
La fois où j'ai failli mourir
C'était en l'an 2000, janvier 2000.
On était tous un peu déçus qu'il n'y ait pas eu de bug, finalement. Mais aucun lien avec mon histoire.
Non parce que l'histoire, c'est que à Magog, à 16 ans, si t'as pas de permis pis de char, bin tu marches. Les villages ont pas l'habitude d'avoir la bus de ville (sinon, faudrait l'appeler la bus de village, pis ça sonne drôle fak non).
Alors je m'enlignais pour marcher un solide 45 minutes pour revenir de chez une de mes amies, en plein jour, gros soleil, les bancs de neige hauts comme ma tête (je sais, c'est pas SI haut que ça, ma tête), l'air froid froid froid mais genre le fun, mon discman qui saute presque pas parce que j'ai mis des nouvelles batteries pis que j'me permets de mettre l'antichoc à on. La chouette vie.
Bin c'est là que j'ai failli mourir.
Je respirais tout à fait normalement quand soudain, je me suis étouffée avec ma bave. Je sais que c'est vraiment cave, s'étouffer avec sa bave en marchant dans la rue, mais je vous jure que c'est pas agréable! J'arrivais juste pu à reprendre mon souffle, je toussais, mais l'air ne pouvait que sortir de mon corps, plus rien n'entrait. Debout au milieu de la rue, je commençais à voir le paysage s'embrouiller, s'assombrir, ma face rouge, mes yeux embués. J'entendais encore les enfants qui jouaient pas si loin, mais comme flou. Je me disais que j'allais m'effondrer comme ça et qu'un d'entre eux me trouverait, morte raide, et que ça le traumatiserait à vie. J'avais un peu honte de ma mort, ça faisait bin trop faits divers, j'aurais préféré quelque chose de plus glorieux me semble. Je me disais que j'avais étudié mes maths pour rien, pis que j'aurais dû frencher Jo au party. Je me disais plein de trucs, avec mes genoux qui lâchent.
Et pis... Pouf! L'air est entré. De même, comme un imbécile qui arrive 5 minutes en retard.
Hep.
J'ai eu 96 % à l'examen de maths pis j'ai jamais frenché Jo.
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On était tous un peu déçus qu'il n'y ait pas eu de bug, finalement. Mais aucun lien avec mon histoire.
Non parce que l'histoire, c'est que à Magog, à 16 ans, si t'as pas de permis pis de char, bin tu marches. Les villages ont pas l'habitude d'avoir la bus de ville (sinon, faudrait l'appeler la bus de village, pis ça sonne drôle fak non).
Alors je m'enlignais pour marcher un solide 45 minutes pour revenir de chez une de mes amies, en plein jour, gros soleil, les bancs de neige hauts comme ma tête (je sais, c'est pas SI haut que ça, ma tête), l'air froid froid froid mais genre le fun, mon discman qui saute presque pas parce que j'ai mis des nouvelles batteries pis que j'me permets de mettre l'antichoc à on. La chouette vie.
Bin c'est là que j'ai failli mourir.
Je respirais tout à fait normalement quand soudain, je me suis étouffée avec ma bave. Je sais que c'est vraiment cave, s'étouffer avec sa bave en marchant dans la rue, mais je vous jure que c'est pas agréable! J'arrivais juste pu à reprendre mon souffle, je toussais, mais l'air ne pouvait que sortir de mon corps, plus rien n'entrait. Debout au milieu de la rue, je commençais à voir le paysage s'embrouiller, s'assombrir, ma face rouge, mes yeux embués. J'entendais encore les enfants qui jouaient pas si loin, mais comme flou. Je me disais que j'allais m'effondrer comme ça et qu'un d'entre eux me trouverait, morte raide, et que ça le traumatiserait à vie. J'avais un peu honte de ma mort, ça faisait bin trop faits divers, j'aurais préféré quelque chose de plus glorieux me semble. Je me disais que j'avais étudié mes maths pour rien, pis que j'aurais dû frencher Jo au party. Je me disais plein de trucs, avec mes genoux qui lâchent.
Et pis... Pouf! L'air est entré. De même, comme un imbécile qui arrive 5 minutes en retard.
Hep.
J'ai eu 96 % à l'examen de maths pis j'ai jamais frenché Jo.
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23 novembre 2010
Tu seras pas née de la dernière neige
Y'a des indices qui ne mentent pas.D'abord, c'est la grosse neige qui tombe, vite remplacée par de la pluie glacée, et la gibelotte de slush au sol qui salit tout. T'as troqué son manteau de semi-printemps pour celui d'hiver, et ça te rappelle à quel point c'est agréable de ne pas avoir froid. Tu te mets à trop penser, les idées qui novembrent dans ta tête, mais la tuque s'occupe de tout contenir pour que tu restes en un seul morceau. Le Père Noël arrive au centre d'achats. Au loin, une silhouette maladroite perd pied. Ta vie est une suite de post-it qui s'accumulent sur ton bureau à côté de tes cahiers. Tu n'entends pas les cris d'enfants qui célèbrent la neige collante, même si leur suit d'hiver se noie jusqu'aux os. Tu écoutes ton iPod trop fort en te foutant de tes tympans ou de tout ce qui n'est pas ton émotion du moment.
Y'a des indices qui ne mentent pas. C'est ton anniversaire qui approche, et il est toujours précédé d'un étrange cortège.
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