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21 octobre 2011

Déni

Ce soir-là, il y avait une lettre dans sa boîte à malle. L'adresse était écrite à la mitaine d'une main tremblotante et il n'y avait pas de timbre : elle savait que c'était de lui. Elle savait ce que c'était.

''Ça y est, il s'est tué.''

Elle n'a jamais ouvert l'enveloppe. Ni eu de ses nouvelles.


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22 août 2011

Hommage à un grand homme

Parce que c'est sur les lèvres de tout le monde, j'ai décidé moi aussi de parler de la mort de Jack Layton. Maintenant, pis anglo pour faire canado. Et avec beaucoup moins de respect dans ce post que dans mon coeur.

Amie fb d'un ami fb - Hey, Jack Layton died!

Mère de l'amie fb d'un ami fb - Who are you talking to?

Amie fb d'un ami fb - You, who else?

Mère de l'amie fb d'un ami fb - Why are you telling me to ejaculate and die?

Amie fb d'un ami fb - No, Jack Lay-ton died.

Mère de l'amie fb d'un ami fb - Oh... okay...


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10 juin 2011

T'as merdé

Après avoir mille fois imaginé ce que tu lui dirais à cette pétasse, bien sûr que tu l'as revue, même si t'avais juré à tout le monde que tu ne la reverrais plus. C'était plus fort que toi, un appel sauvage du fond de tes viscères qui te poussait vers elle. Un zombie.

Vous avez mangé ensemble, pis en gros c'était sympa, à part peut-être ce moment où tu as eu une envie irrésistible de lui sauter dessus, à la fois pour la tuer et lui faire l'amour.

Et que t'as choisi la première option.


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28 mai 2011

Saturday Night Fever

Qu'est-ce que t'as fait Val hier soir?

J'ai proposé à mes voisins d'aller bouffer du PFK, y'ont pris deux double down, y'ont eu des meat sweat, Myriame a texté ça :


Pis sont morts.

J'ai pris les petits mots en aimants sur leur frigidaire pis j'ai écrit ''Comme un sourire céleste, tu siestes devant un royaume en minuscules.'' avant de quitter discrètement.


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26 avril 2011

Le suicide

La session étant enfin terminée, j'ai pu rattraper le retard que j'avais dans ma lecture de magazines dits ''féminins'', et c'est comme ça que je suis tombée sur la chronique du mois d'avril d'Anne-Marie Lecomte, que je lis depuis presque toujours dans le Châtelaine, où elle se confie sur le suicide de son fils de 16 ans en novembre dernier.

Ouch. Premièrement, j'ai vraiment pleuré tout le long, quel texte d'une tristesse indéfinissable! Mais au-delà du message d'encouragement (vain) que je pourrais vouloir envoyer à Mme Lecomte, j'aimerais plutôt me (vous) poser certaines questions sur la vie, la mort, et ceux qui choisissent la mort.

Elle écrit que ''la mort d'un enfant par suicide n'est la faute de personne. Mais [qu'elle] est, du même souffle, la faute de tout le monde''. Ce à quoi j'ai envie de répondre METS-EN.

C'est évident qu'à force de courir après quelque chose qui nous échappe constamment, on peut peut-être appeler ça le bonheur, on finit par trébucher une fois de trop et abandonner. D'un côté, on se le fait vendre à coups de publicités nous vantant les mérites d'un produit, d'un chandail, d'une chaussure, d'une crème, d'un voyage, d'un film, d'un restaurant, d'un vin, d'un bar, d'une destination tendance, d'une compagnie de cellulaire. Acheter son bonheur, tant mieux pour ceux qui ont l'ascension sociale facile, tant pis pour les pauvres.

Mais encore mieux : les autres ripostent en encensant des ''produits'' bien plus difficiles à se procurer, du genre la famille, les enfants, les soirées entre amis, l'amour. L'a-fucking-mour. Même les Beatles y vont d'un ''all you need is love''!

Alors on fait quoi quand ça marche pas? On fait quoi quand on est seul, malgré tous les efforts qu'on puisse faire, on fait quoi quand on n'a pas été gâté par la nature, on fait quoi quand on échoue à obtenir toutes ces choses qui nous paraissent si nécessaires, on fait quoi pour trouver un sens à notre vie? On fait quoi quand la drogue est pu assez forte pour nous donner le goût de recommencer le lendemain? On fait quoi quand la religion et la spiritualité sont deux tabous réservés aux vieilles granoles qui ont un capteur de rêves dans leur chambre?

Petite, on m'a toujours dit que je pouvais faire ce que je veux dans la vie, que j'avais juste à travailler fort et que tout était possible. Bin j'ai envie de vous dire une chose : non, vous ne ferez pas tout ce que vous voulez dans la vie, vous allez vous planter un jour ou l'autre, vous allez bûcher, vous allez pleurer, vous allez vous sentir seul ou inadéquat, vous allez avoir envie d'envoyer chier la planète au complet, vous allez sûrement aimer, et peut-être être trahi, vous allez même trahir, vous allez perdre, vous gagnerez aussi, et tout ça fera justement partie de vivre. Parce que vivre, c'est ça. Et qu'il faut quand même apprendre à cultiver l'espoir, et à provoquer de meilleures choses. En s'ouvrant aux autres; en s'ouvrant à nous-mêmes.

Je suis un peu tannée d'entendre le discours, pas juste des publicitaires mais bien de nous, de vous et de moi, comme quoi vous serez heureux quand la session sera finie, quand vous serez en vacances, quand vous tomberez enfin enceinte, quand votre SPM sera passé, quand vous aurez une minute à vous pour relaxer, quand vous serez déménagé, quand votre genou sera guéri, quand votre ex vous aura donné votre part du condo, quand vous aurez perdu 10 lbs, quand vous aurez un chum, quand vous l'aurez laissé, quand vous aurez un emploi, quand votre rhume sera fini, quand le soleil se pointera, quand le rush de l'impôt sera fini, quand votre belle-fille quittera la maison paternelle, quand vous allez avoir de l'argent ou une nouvelle voiture...

On peut pas essayer d'apprécier (au moins un peu) ce qu'on a LÀ? Maintenant, au très présent. Est-ce que je peux faire ça, moi? Je vous lance le défi.

Cherchez pas plus loin, profitez-en en vous rappelant tout ce qu'il peut y avoir de bon dans votre vie, dans votre passé, dans vos plans futurs. Souriez en vous réveillant le matin : vous êtes en vie, que vous le vouliez ou non.

Si vous sentez que quelqu'un autour de vous n'en peut plus, aidez-le, ne serait-ce qu'en le dirigeant vers quelqu'un plus doué que vous pour aider. Et à l'inverse, cognez à la porte de quelqu'un si jamais respirer est devenu trop lourd pour vous. S'il vous plaît.

Ok?


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20 décembre 2010

Poudrerie

Sur cette rue-là, je traverse vis-à-vis le bloc bleu. J'ai pas tellement de raison, ça n'a rien de plus optimal que de traverser au coin de la rue, ou devant n'importe quelle autre bâtisse, mais c'est là que je traverse. Le banc de neige le sait, il garde ma trace, mon spot de passage juste à moi.

Toi, ça t'énervait que je traverse toujours aux mêmes endroits quand on prenait des marches, tu pognais les nerfs. Tu restais de l'autre côté de la rue pis tu boudais. Asti de con.

La neige jaune sur le côté des trottoirs me détaille les allées et venues des principaux habitants du quartier des chats. On voit les pas, aussi, les traces distinctes : chat, chix, enfant, chat, chat, raton?, chat, homme, chix, chat. Un botch encore fumant. Des fois, y'a comme des mottons rose-beige-orange qui s'imposent sur mon chemin, glacés, pas homogènes, louches, alors je les contourne. Too much information. La neige, c'est trop immaculé, ça trahit tout. Comme si un bar crade et toujours bondé faisait poser de la moquette blanche mur à mur. Juste non. Donnez-nous une chance!

C'est glissant. Les voitures ont de la misère à arrêter aux lumières, alors je ne traverse pas même si j'ai mon bonhomme. J'attends que plus rien ne bouge. J'enlève mes écouteurs, j'écoute le bruit du dérapage. Droite, gauche, droite; je remets mes écouteurs et j'avance de deux pas en reculant de un en sacrant.

Ça fait un an demain que t'es mort pis je suis encore frue. Va chier.


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