Je suis malade.
En général, être malade, c'est pas super plaisant, mais je dois avouer ici que j'ai un petit plaisir coupable de malade : j'aime ça buzzer sur le NyQuil.
Vous avez bien lu.
Peut-être que je suis vraiment petite nature, mais quand j'avale mes shooters de NyQuil avant de me coucher pis que ça kick in, j'ai vraiment un ptit buzz le fun et mes pensées se mettent à divaguer un brin juste avant de tomber endormie-morte bin raide. Et quand je me réveille 7-8 heures plus tard, j'ai l'impression que les 7 dernières heures n'ont pas existé, comme si j'avais un méga blackout de soirée trop arrosée, vraiment un feeling étrange.
Qui me plaît.
Et hier soir, NyQuillée, j'ai imaginé que ça serait cool si... Attendez, j'explique avant.
Chez moi, ou dans ma gang, ou bref je sais pas à quel point c'est répandu, quand on passe sur une lumière presque rouge en voiture, on frappe le plafond de quelques petits coups. Et depuis quelques années, sûrement à cause de mon amie la Champeau, je frappe en disant ''plein de bon sexe!'' comme si être wild au point de passer sur une presque-rouge pouvait te donner des cadeaux de vie. En toute logique.
Donc hier soir, NyQuillée, j'ai imaginé que ça serait cool si un bus passait sur une presque rouge et que tous les passagers donnaient 3 coups dans les airs en disant à l'unisson ''plein de bon sexe!''.
...
J'ai le droit de trouver ça cool, je suis malade!
Et là je m'en vais advilrhume&sinusser ma journée.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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9 octobre 2011
23 septembre 2011
Ce qui te fait bander
'' Je cherche une fille simple avec de la personnalité. ''
Tellement... pas. Ce qui te fait bander, c'est les regards cochons, les chemises semi-transparentes, les épaules dénudées, les cheveux qui refusent de tenir dans un chignon, les fesses généreuses, les bas-cuissardes, la courbe des reins, les discussions osées sur skype, sur facebook, sur sametime, le sexe dans un endroit semi-public, un mot coquin glissé dans ta main, mes seins.
Mais sûrement pas la personnalité.
Quoique.
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Avec tous les tags que je vais mettre sur ce billet, c'est clair que j'vais avoir plus d'affluence sur mon blog...
Tellement... pas. Ce qui te fait bander, c'est les regards cochons, les chemises semi-transparentes, les épaules dénudées, les cheveux qui refusent de tenir dans un chignon, les fesses généreuses, les bas-cuissardes, la courbe des reins, les discussions osées sur skype, sur facebook, sur sametime, le sexe dans un endroit semi-public, un mot coquin glissé dans ta main, mes seins.
Mais sûrement pas la personnalité.
Quoique.
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Avec tous les tags que je vais mettre sur ce billet, c'est clair que j'vais avoir plus d'affluence sur mon blog...
23 août 2011
Dramatisation
C'est dans l'art de faire sentir à l'autre qu'elle est intéressante, séduisante, ''spéciale''.
Pas besoin d'être de l'amour, voyons, on est entre adultes consentants, non? Mais tsé, ça reste un jeu, là. C'est bien pour l'humidification stratégique de sentir qu'on n'est pas juste un trou à mettre, sans âme, sans importance donnée à la personnalité, de sentir qu'on se distingue un tant soit peu d'une poupée gonflable, même si c'est juste pour une nuit ou pour un mois or so, même si ça mène à rien d'autre, juste d'au moins... jouer le jeu.
Fais juste semblant, ok? Fais semblant que ça change presque quelque chose si c'est moi qui partage ton lit ce soir au lieu d'une autre.
Enweye, rien qu'un peu; pis on va jouer à papa-maman, promis.
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Pas besoin d'être de l'amour, voyons, on est entre adultes consentants, non? Mais tsé, ça reste un jeu, là. C'est bien pour l'humidification stratégique de sentir qu'on n'est pas juste un trou à mettre, sans âme, sans importance donnée à la personnalité, de sentir qu'on se distingue un tant soit peu d'une poupée gonflable, même si c'est juste pour une nuit ou pour un mois or so, même si ça mène à rien d'autre, juste d'au moins... jouer le jeu.
Fais juste semblant, ok? Fais semblant que ça change presque quelque chose si c'est moi qui partage ton lit ce soir au lieu d'une autre.
Enweye, rien qu'un peu; pis on va jouer à papa-maman, promis.
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17 juillet 2011
Blague gériatrique pas du tout politically correct
Discussion anonyme sur la 17e Rue. Yeux sensibles s'abstenir. Donc eum...
Entendu sur la 17e Rue
Pour vrai, c'est vraiment pas gentil. Lisez pas si vous avez un grand coeur, arrêtez drette ici là. Arrêtez, j'ai dit.
Maintenant.
...
Quoi, vous lisez encore? Vous l'aurez voulu...
Personne 1 - Dans le fond, pas besoin de vibrateur : un ptit vieux qui a le parkinson pis qui gobe une pilule bleue, ça fait la job.
Personne 2 - Eum, tu sais que Michael J. Fox a le parkinson? On pourrait faire un remake de Back to the Future, version porn...
Personne 1 - J'adore beaucoup trop.
Personne 2 - Même qu'au fond, t'en pognes deux, tu les imbriques là où il faut et ils n'ont pas besoin de bouger volontairement pour avoir un orgasme.
SNAP!
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Entendu sur la 17e Rue
Pour vrai, c'est vraiment pas gentil. Lisez pas si vous avez un grand coeur, arrêtez drette ici là. Arrêtez, j'ai dit.
Maintenant.
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Quoi, vous lisez encore? Vous l'aurez voulu...
Personne 1 - Dans le fond, pas besoin de vibrateur : un ptit vieux qui a le parkinson pis qui gobe une pilule bleue, ça fait la job.
Personne 2 - Eum, tu sais que Michael J. Fox a le parkinson? On pourrait faire un remake de Back to the Future, version porn...
Personne 1 - J'adore beaucoup trop.
Personne 2 - Même qu'au fond, t'en pognes deux, tu les imbriques là où il faut et ils n'ont pas besoin de bouger volontairement pour avoir un orgasme.
SNAP!
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11 mai 2011
Une collation
La porte de la classe se barrait.
Je me suis retrouvée le ventre contre le bureau du prof, les fesses à l'air (et une déchirure sur le côté de mes bas de nylon, too bad) pour quelques secondes, puis prise en sandwich entre le bureau et ton corps tendu, ta barbe qui s'appliquait à me faire des plaques dans le cou et dans le décolleté à propos desquelles on m'achalerait toute la journée (''t'as quoi au cou? des allergies?'').
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Je me suis retrouvée le ventre contre le bureau du prof, les fesses à l'air (et une déchirure sur le côté de mes bas de nylon, too bad) pour quelques secondes, puis prise en sandwich entre le bureau et ton corps tendu, ta barbe qui s'appliquait à me faire des plaques dans le cou et dans le décolleté à propos desquelles on m'achalerait toute la journée (''t'as quoi au cou? des allergies?'').
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18 avril 2011
Donne-m'en encore
Ça commence généralement doucement, une question de repérage, ou de défi, le flair de dénicher le bon joueur pour que la partie soit excitante. La chasseresse s'approche, sensuelle, coquine, rieuse, forçant l'ivresse et le rire. Elle étourdit celui qu'elle convoite, elle le fait languir, ou lui en donne un peu trop, elle s'arrange pour le posséder complètement. Ça s'accélère, c'est peut-être à cause de son signe astrologique, au fond, qu'elle s'élance sur ses quatre pattes en visant de son arc une proie aguichée, le regard fou, l'eau à la bouche, la poursuite jusqu'à en mourir essouflée, en nage, en transe, en un seul tas de corps qui se veulent, ici, maintenant, les mains qui s'activent, les sexes qui se touchent, les langues qui s'apprivoisent, les gémissement qui montent montent montent et le coeur qui bat deux fois plus vite pour avoir enfin l'impression de vivre, vivre, mieux, plus, oui, mmmmfff, mmmm, mmmm oh! oui, mmfff oohhh!! L'exaltation qui comble spontanément le vide.
Sale junkie.
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Sale junkie.
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13 février 2011
Y'a sûrement des lois contre ça
Je suis vraiment en manque. Ça a pas rapport avec la Saint-Valentin, ça a rapport avec ce sang qui coule dans mes veines 365 jours par année, cette lave brûlante qui gagne mes joues en écrivant ce post, mon cœur qui se meurt de vouloir battre plus fort pis blablabla gnak gnak.
J'ai besoin de me faire caresser le cou, de sentir des lèvres frôler mon dos, mes reins, de répondre à la pression de deux mains viriles qui me prennent les hanches pour que vienne s'appuyer sur mes fesses une solide érection. Je veux sentir que ça s'en vient, le voir dans tes yeux, que tu ne tiens plus, accorder nos souffles sur la même distorsion, oublier un instant qu'il fait moins quarante.
J'ai envie de t'inviter à prendre un verre, de jouer le jeu, de battre mes paupières, de te sourire un peu trop, de te chuchoter des presque cochonneries, de laisser s'installer la complicité. J'ai envie de le payer, ton verre, pis de trouver ça très drôle et de te ramener à l'appart en fin de soirée.
Les corps trop chauds, les couvertes en désordre, mon toupet qui frise... J'y pense, j'ai des idées qui titillent mon esprit. Je m'émoustille. C'est tellement pas catho mon affaire.
L'histoire, je la connais par coeur. Il y a peu de variations, au fil des années. Et là, maintenant, je sais très bien quel chapitre s'entame.
La table est mise.
Pis j'ai faim.
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J'ai besoin de me faire caresser le cou, de sentir des lèvres frôler mon dos, mes reins, de répondre à la pression de deux mains viriles qui me prennent les hanches pour que vienne s'appuyer sur mes fesses une solide érection. Je veux sentir que ça s'en vient, le voir dans tes yeux, que tu ne tiens plus, accorder nos souffles sur la même distorsion, oublier un instant qu'il fait moins quarante.
J'ai envie de t'inviter à prendre un verre, de jouer le jeu, de battre mes paupières, de te sourire un peu trop, de te chuchoter des presque cochonneries, de laisser s'installer la complicité. J'ai envie de le payer, ton verre, pis de trouver ça très drôle et de te ramener à l'appart en fin de soirée.
Les corps trop chauds, les couvertes en désordre, mon toupet qui frise... J'y pense, j'ai des idées qui titillent mon esprit. Je m'émoustille. C'est tellement pas catho mon affaire.
L'histoire, je la connais par coeur. Il y a peu de variations, au fil des années. Et là, maintenant, je sais très bien quel chapitre s'entame.
La table est mise.
Pis j'ai faim.
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16 janvier 2011
La remplaçante
En bon professionnel, il quitte le bureau, et c'est chez lui, quand même, que Julian s'enfile Christine sur la table de la cuisine. Bête de même, première surface plane en entrant.
Quel heureux hasard qu'elle porte le même parfum que Florence. Quelle joie qu'elle sache aussi se taire. Comme ça, par-derrière, dans la semi-pénombre, les cheveux blonds pourraient bien être bruns, la remplaçante pourrait bien être la bonne, et l'esprit de Julian vagabonde pendant qu'il décharge : Florence, Florence, Florence...
Dès que c'est terminé, après les kleenex et le verre d'eau, il ne peut plus la sentir. Elle veut rester un peu, aller dans la chambre, se coller encore, un film peut-être, non, as-tu un ptit creux, non. Non. Va-t'en. Mais qu'est-ce qui te prend? Va-t'en, c'est tout, pars, stp, va-t'en là, maintenant, avant que je sois méchant avec toi, pars. Quoi? Va-t'en.
Elle l'insulte en s'habillant, il ne l'entend même pas, gros con tu te prends pour qui t'es fêlé, le froid hivernal qui s'infiltre un peu, la porte qui claque beaucoup, le silence. Enfin.
Le jet de douche sur la nuque, l'eau bouillante. L'obsession vaporeuse, Florence en brume devant lui.
Et la fumette pour oublier un peu plus.
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Quel heureux hasard qu'elle porte le même parfum que Florence. Quelle joie qu'elle sache aussi se taire. Comme ça, par-derrière, dans la semi-pénombre, les cheveux blonds pourraient bien être bruns, la remplaçante pourrait bien être la bonne, et l'esprit de Julian vagabonde pendant qu'il décharge : Florence, Florence, Florence...
Dès que c'est terminé, après les kleenex et le verre d'eau, il ne peut plus la sentir. Elle veut rester un peu, aller dans la chambre, se coller encore, un film peut-être, non, as-tu un ptit creux, non. Non. Va-t'en. Mais qu'est-ce qui te prend? Va-t'en, c'est tout, pars, stp, va-t'en là, maintenant, avant que je sois méchant avec toi, pars. Quoi? Va-t'en.
Elle l'insulte en s'habillant, il ne l'entend même pas, gros con tu te prends pour qui t'es fêlé, le froid hivernal qui s'infiltre un peu, la porte qui claque beaucoup, le silence. Enfin.
Le jet de douche sur la nuque, l'eau bouillante. L'obsession vaporeuse, Florence en brume devant lui.
Et la fumette pour oublier un peu plus.
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2 janvier 2011
La plupart du temps
Julian n'a que cinq rendez-vous aujourd'hui, ce qui correspond plus ou moins au nombre de minutes qu'il a pu dormir pendant la nuit, s'il les assemble bout à bout. Il pense trop. Il fume trop aussi, mais c'est pour arrêter de penser, alors ça ne compte pas. Maureen et leur échec amoureux, dix années envolées, sa high school sweetheart perdue; il lui a laissé la voiture et la maison. Ça ne se compte pas.
Une belle enseigne de bois : Julian McCaddie, physiothérapeute. Il sait qu'il est un anglo riche à craquer de plus dans Régisland, l'ennemi quoi, un catalyseur de haine probablement, et il s'en moque éperdument. Il se moque de tout depuis mai. Presque.
Peu de temps (évidemment) après la rupture , il a rencontré une fille, une belle fille, brillante, sensible, drôle, charnelle, cynique, sublime. Une pure laine qui finit sa maîtrise en littérature française. Elle l'a envoûté. Il s'y est attaché. Mais elle a d'autres chats à fouetter, trop de blessures à soigner et un fantôme plein le coeur. Pire : elle a vu clair en lui. Elle ne lui répond plus depuis deux semaines même s'il la texte cinquante fois par jour. Yet, Florence coule dans ses veines quand même, et il doit être fou parce qu'il se délecte de ce supplice.
La plupart du temps.
Christine arrive vers deux heures. Il y a un mois, c'était une nouvelle cliente, des cheveux platines mais c'est une teinture, avec des lunettes de hipster sans force dedans, de belles lèvres humides qui appellent à elles tous les hommes de la planète. Un tatou de signes chinois dont tout le monde se fout près de la cheville. Ça veut sûrement dire liberté, ou peut-être amour, voyage, abandon, qui sait.
Parfaite et oubliable. Parfaite.
Son petit problème de genou ne demandait pas une grosse réadaptation, mais Julian l'a massée jusqu'au creux des cuisses dès la première rencontre et lui a donné deux rendez-vous par semaine pendant un mois. La voici donc pour clore sa journée de travail, un ''oui'' sur la liste des présences pour ce septième rendez-vous parfaitement inutile, sa silhouette menue qui se découpe sur la table de massage. Les assurances qui couvrent tout. Amen.
Le genou. Julian s'exécute, doucement. Comme d'habitude, il s'éloigne du problème, il laisse son propre souffle s'emballer parce qu'il sait qu'elle le remarquera, il sent s'enclencher en lui le mode sexe, l'envie chaude qui fait débattre son coeur, l'érection qui ne tarde pas. Il laisse sa tête lourde de fatigue et de lassitude traîner de plus en plus près de son corps à elle, si vivant.
Et lève les yeux.
Il voit la façon qu'elle a de replacer sa frange derrière son oreille. Il sait. Julian sait. Et Christine presse son gloss doucement en une moue d'enfant puis jette un regard furtif vers la porte du bureau.
''Est-ce que je suis ta dernière cliente?''
Oh la coquine.
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Une belle enseigne de bois : Julian McCaddie, physiothérapeute. Il sait qu'il est un anglo riche à craquer de plus dans Régisland, l'ennemi quoi, un catalyseur de haine probablement, et il s'en moque éperdument. Il se moque de tout depuis mai. Presque.
Peu de temps (évidemment) après la rupture , il a rencontré une fille, une belle fille, brillante, sensible, drôle, charnelle, cynique, sublime. Une pure laine qui finit sa maîtrise en littérature française. Elle l'a envoûté. Il s'y est attaché. Mais elle a d'autres chats à fouetter, trop de blessures à soigner et un fantôme plein le coeur. Pire : elle a vu clair en lui. Elle ne lui répond plus depuis deux semaines même s'il la texte cinquante fois par jour. Yet, Florence coule dans ses veines quand même, et il doit être fou parce qu'il se délecte de ce supplice.
La plupart du temps.
Christine arrive vers deux heures. Il y a un mois, c'était une nouvelle cliente, des cheveux platines mais c'est une teinture, avec des lunettes de hipster sans force dedans, de belles lèvres humides qui appellent à elles tous les hommes de la planète. Un tatou de signes chinois dont tout le monde se fout près de la cheville. Ça veut sûrement dire liberté, ou peut-être amour, voyage, abandon, qui sait.
Parfaite et oubliable. Parfaite.
Son petit problème de genou ne demandait pas une grosse réadaptation, mais Julian l'a massée jusqu'au creux des cuisses dès la première rencontre et lui a donné deux rendez-vous par semaine pendant un mois. La voici donc pour clore sa journée de travail, un ''oui'' sur la liste des présences pour ce septième rendez-vous parfaitement inutile, sa silhouette menue qui se découpe sur la table de massage. Les assurances qui couvrent tout. Amen.
Le genou. Julian s'exécute, doucement. Comme d'habitude, il s'éloigne du problème, il laisse son propre souffle s'emballer parce qu'il sait qu'elle le remarquera, il sent s'enclencher en lui le mode sexe, l'envie chaude qui fait débattre son coeur, l'érection qui ne tarde pas. Il laisse sa tête lourde de fatigue et de lassitude traîner de plus en plus près de son corps à elle, si vivant.
Et lève les yeux.
Il voit la façon qu'elle a de replacer sa frange derrière son oreille. Il sait. Julian sait. Et Christine presse son gloss doucement en une moue d'enfant puis jette un regard furtif vers la porte du bureau.
''Est-ce que je suis ta dernière cliente?''
Oh la coquine.
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