** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée, yay!!! Merci A-A! **
14 FE, que c'était écrit sur le carton de lait sans lactose qui, déjà, avait connu des jours meilleurs. Avant. C'est pour 14 février ou pour février 2014? Si c'est février 2014, ça veut-tu dire qu'il est "moins meilleur" à partir du 1er ou bien il empire (ou expire) seulement le 28? Ou le 29?
C'est-tu une année bissextile?
Un autre carton vous confirme que le chiffre ne représente pas l'année. 14 FE 14, jour fatidique où le lait n'est plus meilleur. Il vous semble avoir noté un rendez-vous ce jour-là... coiffeuse, dentiste, garage?
Vous cherchez le calendrier des yeux, mais il y a longtemps que vous n'en accrochez plus au mur. Le temps passe trop vite de toute façon, vous étiez encore à la page février rendu en juillet. C'est là qu'elles vous sautent aux yeux.
Les cannes rouge et blanc.
Elles traînent au bout du comptoir. Personne ne s'en sert depuis des mois. Pourtant, elles sont toujours là, si près de la poubelle que vous auriez pu les garrocher dedans d'un geste décidé et passer à autre chose. Vous avez même une petite pensée que si vous étiez parent, vous pourriez toujours vous justifier que les enfants les ont laissées là au cas où un lutin aveugle en aurait besoin... mais vous n'êtes pas parent.
Si vous l'étiez, vous vous imaginez que plus aucun vestige de Noël ne traînerait chez vous depuis longtemps.
Vous êtes en retard tout le temps, alors vaut mieux l'être pour une bonne cause cette fois. Celle d'étirer Noël pendant encore deux mois après la date Meilleur Avant. Parce que oui, ça aurait été meilleur avant, mais vous n'aviez pas une minute, vous aviez un horaire de travail inversement proportionnel aux vacances des autres. Alors, avec févrilité, vous savourez Noël jusqu'à sa date d'échéance, ou avant que le prochain hit commercial au calendrier vienne vous donner une nouvelle bonne raison d'ingurgiter du chocolat et du vin en abondance...
Curieux à quel point les ingrédients sont les mêmes pour célébrer ou pour oublier la Satin-Valentin.
Alors vous sortez la recette de biscuits au chocolat blanc et aux cannes en bonbon de Ricardo.
Pis comme les biscuits, c'est bon avec du lait...
Pis comme le rouge et le blanc mélangés, ça fait rose...
Bin ça met du satin sur les aspérités de février.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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2 février 2014
8 juin 2012
Le problème avec moi, c'est moi
Mais est-ce que tu le sais, ce qui te rendrait heureuse?
Non
Je ne sais pas
Du temps
De l'argent
De l'amour
La santé
Est-ce qu'on peut vraiment vouloir autre chose, dans la vie?
Un projet artistique
Des voyages
Du temps
De l'argent
Un chat
Non, juste de l'amour
Des pacotilles
Quelques livres en moins
Un grand piano
Ma sœur à deux coins de rue
Une carte postale inattendue
Un film qui fait rêver, un repas délicieux
Le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand
Cet air nostalgique, en boucle, le film de sa propre vie
Un narrateur impromptu qui nous comprend
Le chant des vagues
L'odeur du sel
Le goût de ta peau
De l'amour
De l'argent
Du temps pour en profiter
La santé, nommée uniquement pour ne pas porter malheur
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Non
Je ne sais pas
Du temps
De l'argent
De l'amour
La santé
Est-ce qu'on peut vraiment vouloir autre chose, dans la vie?
Un projet artistique
Des voyages
Du temps
De l'argent
Un chat
Non, juste de l'amour
Des pacotilles
Quelques livres en moins
Un grand piano
Ma sœur à deux coins de rue
Une carte postale inattendue
Un film qui fait rêver, un repas délicieux
Le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand
Cet air nostalgique, en boucle, le film de sa propre vie
Un narrateur impromptu qui nous comprend
Le chant des vagues
L'odeur du sel
Le goût de ta peau
De l'amour
De l'argent
Du temps pour en profiter
La santé, nommée uniquement pour ne pas porter malheur
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3 août 2011
El tiempo
Vous le prenez où, votre temps?
Comment vous faites pour travailler TOUT LE TEMPS 40 heures par semaine pis vous taper le commute pis vous faire des lunchs (attention, santé en plus) pis faire votre lavage et le ménage de l'appart et arroser les plantes, tsé genre, vous faites comment pour ne pas trouver que votre vie c'est juste une suite d'actions obligatoires semi-désagréables, vous les voyez quand vos amis, vous les pratiquez quand vos loisirs, vous le titiller quand votre cerveau, vous le faites quand l'amour toute la nuit, vous le buvez quand le vin?
Sérieusement, vous les élevez quand, vos enfants? Pis vous l'avez quand, le fun?
Pis pourquoi?
J'ai vraiment besoin que quelqu'un m'explique la vraie vie, j'me sens martienne pis mésadaptée sociale avec mes angoisses de fin d'études.
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Comment vous faites pour travailler TOUT LE TEMPS 40 heures par semaine pis vous taper le commute pis vous faire des lunchs (attention, santé en plus) pis faire votre lavage et le ménage de l'appart et arroser les plantes, tsé genre, vous faites comment pour ne pas trouver que votre vie c'est juste une suite d'actions obligatoires semi-désagréables, vous les voyez quand vos amis, vous les pratiquez quand vos loisirs, vous le titiller quand votre cerveau, vous le faites quand l'amour toute la nuit, vous le buvez quand le vin?
Sérieusement, vous les élevez quand, vos enfants? Pis vous l'avez quand, le fun?
Pis pourquoi?
J'ai vraiment besoin que quelqu'un m'explique la vraie vie, j'me sens martienne pis mésadaptée sociale avec mes angoisses de fin d'études.
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30 mars 2011
Vite
T'as pas regardé la météo, t'es pas du style prévoyante, alors tu sors de chez toi et réalises après cinq minutes de marche que t'es pas assez habillée pour la température qu'il fait. Sauf que tu marches depuis déjà cinq minutes, et que t'as pas dix minutes à perdre, alors tu ne reviens pas sur tes pas mettre un manteau plus chaud, tu te dis que tu vas endurer : t'es trop pressée. Au bout de cinq autres minutes, tu grelottes en sacrant que tu aurais dû revirer de bord cinq minutes plus tôt, mais que là il est vraiment dix minutes trop tard. Et puis cinq minutes plus tard, la pluie verglaçante s'en mêle. Tu te dis que tu aurais dû passer par le chemin avec moins de traffic pour ne pas te faire asperger par les voitures, mais c'était au carrefour croisé il y a deux minutes, et tu n'as pas quatre minutes à perdre. Grelottante, tu regrettes vraiment de ne pas avoir rebroussé chemin il y a sept minutes, pendant qu'il était encore temps de le faire, ou encore plus lorsque tu venais à peine de sortir de chez toi, quoi genre cinq minutes, et que tu as été trop pressée, mais bon, tu continues de marcher en sacrant.
Si tu avais oublié de barrer la porte, tu aurais rebroussé chemin. Si tu avais oublié le rond du poêle allumé, même affaire. Si le téléphone avait sonné pendant que tu barrais la porte, tu aurais retardé ton départ (hey, ça pourrait être important). T'es si flexible quand il ne s'agit pas de toi. Mais ton confort? Pour 25 petites minutes, tu te dis que bof...
Et c'est comme ça que tu deviens un peu plus la somme de tes choix et un peu moins un esprit libre de choisir.
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Si tu avais oublié de barrer la porte, tu aurais rebroussé chemin. Si tu avais oublié le rond du poêle allumé, même affaire. Si le téléphone avait sonné pendant que tu barrais la porte, tu aurais retardé ton départ (hey, ça pourrait être important). T'es si flexible quand il ne s'agit pas de toi. Mais ton confort? Pour 25 petites minutes, tu te dis que bof...
Et c'est comme ça que tu deviens un peu plus la somme de tes choix et un peu moins un esprit libre de choisir.
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6 mars 2011
Cyberentendu
Je - Crime, y'est déjà minuit!
Celui-qui-lolle-pour-ne-pas-pleurer - Ah, moi y'est minuit trois sur mon Mac.
Je - Bin moi y'est minuit une sur mon PC.
Celui-qui-lolle-pour-ne-pas-pleurer - Qu'est-ce que tu veux, nous autres, les Mac, on est tellement en avance sur notre temps...
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Celui-qui-lolle-pour-ne-pas-pleurer - Ah, moi y'est minuit trois sur mon Mac.
Je - Bin moi y'est minuit une sur mon PC.
Celui-qui-lolle-pour-ne-pas-pleurer - Qu'est-ce que tu veux, nous autres, les Mac, on est tellement en avance sur notre temps...
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18 décembre 2010
À l'infini(tif)
Sortir en pyjama.
Rentrer.
Mettre un manteau et une tuque.
Ressortir.
Marcher des heures.
Briser ses tympans.
Espionner les gens.
Croiser un ami.
Engourdir son foie.
Juste une fois.
Brûler ses cellules.
Marcher un peu plus.
Multiplier les amis.
Rire.
Parler aux gens sans le faire.
Être avec eux sans les écouter.
S'en sortir.
Regarder sa montre.
En prendre une autre.
Oublier le temps.
Être dans une place inconnue.
Ne pas se poser de questions.
Espionner les gens.
Disparaître.
Oublier de dormir.
Prendre une douche.
Recommencer.
S'étourdir.
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Rentrer.
Mettre un manteau et une tuque.
Ressortir.
Marcher des heures.
Briser ses tympans.
Espionner les gens.
Croiser un ami.
Engourdir son foie.
Juste une fois.
Brûler ses cellules.
Marcher un peu plus.
Multiplier les amis.
Rire.
Parler aux gens sans le faire.
Être avec eux sans les écouter.
S'en sortir.
Regarder sa montre.
En prendre une autre.
Oublier le temps.
Être dans une place inconnue.
Ne pas se poser de questions.
Espionner les gens.
Disparaître.
Oublier de dormir.
Prendre une douche.
Recommencer.
S'étourdir.
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11 décembre 2010
Le temps (des Fêtes)
Y'est quelle heure là? Presque 8 heures. Ça commence à être plein pas mal dans le salon, y fait chaud pis ça pue l'eau de cologne cheap.
Tu regardes ton verre d'un air méfiant. C'est rose orangé. Une petite gorgée... Yark, ça goûte la marde, comme à chaque année. Tu fais un petit sourire appréciatif à ta tante Louise, qui n'a vraisemblablement pas compris que de mélanger trop de sortes différentes de jus ne crée pas, comme elle le souhaiterait, un nectar exotique, mais plutôt une mixture digne d'un défi alimentaire dans une initiation universitaire.
Tu te retournes un peu, tu sors ta flasque et rajoutes du rhum. Tant qu'à goûter mauvais, aussi bien que ça saoule, au moins. Comme ça, tu vas peut-être réussir à oublier.
Y'est quelle heure là? À peine 8 heures. Vous avez même pas encore mangé.
Tu hais Noël.
- Kin! Bin si c'est pas le beau Hugo! T'es pas venu avec Mélissa?
- Chut Pierre! Y sont pu ensemble là... C'est pas grave hein, tu le sais que nous autres on t'aime, la famille! La mère des filles est pas morte!
Tu ne réponds pas. Tes joues tirent doucement sur le coin de tes lèvres, et ça doit avoir l'air d'un sourire convaincant parce qu'ils te laissent tranquille.
Étant donné que les flos monopolisent la télévision du sous-sol, tu fais ton deuil de te plugger sur le Nintendo tout le réveillon et tu te trouves plutôt une chaise relativement confortable dans la cuisine vide pour y laisser choir ton mal. Y'est quelle heure là? Encore 8 heures. Tu soupires.
- Ouin, j'te comprends.
Tu sursautes et te retournes : tu n'avais pas remarqué que ta cousine avait adopté la même tactique que toi. Elle est belle, ta cousine. Un peu plus jeune que toi, juste assez, brunette, les pommettes saillantes, les yeux rieurs, la bouche moqueuse. Elle est belle, pour une cousine. Tu la regardes en te demandant pourquoi elle sort systématiquement avec des imbéciles.
Elle change de chaise pour se rapprocher.
- Max m'a laissée la semaine passée.
Tu t'y attendais. Tu ne réponds rien. Tu prends une autre gorgée. Elle fait pareil en grimaçant. Tu échange ton verre avec elle : elle en a plus besoin que toi. Ses sourcils semblent d'ailleurs apprécier ton ingrédient secret. Tu regardes ta montre : il est à peine dépassé 8 heures.
- Tsé Hugo, personnellement, j'l'ai toujours trouvée conne, Mélissa. Sans vouloir t'insulter là.
Tu le sais. Tu le sais tellement. L'an dernier, Mélissa avait mal à la tête. Elle avait passé la soirée à éviter tout le monde, t'entraînant avec elle ''par solidarité'', refusant tout alcool pour ne pas décupler la douleur. Elle t'avait chié dessus parce que tu n'avais pas mis la chemise qu'elle avait choisie, mais avait quand même trouvé le tour de porter un toast à votre amour devant toute ta famille, chose qui t'avait profondément gêné. Le chum d'époque de ta cousine, un joueur de hockey pas mal porté sur la boisson, ne s'était pas gêné pour la reluquer, chaud mort, et lui faire des avances. Le pire : tu avais surpris dans le regard de ta blonde une petite flamme, une fierté, l'effet de la flatterie du sportif. Tu t'étais senti vraiment minable. À la fin de la soirée, tu l'aurais tuée. Mais tu l'aimais. Tu l'aimes encore anyway.
- Mais tsé pourquoi tu sors toujours avec des épaisses?
- Pis toi, pourquoi tu sors toujours avec des gros caves?
Le fin visage de ta cousine se fige alors dans une stupeur magnifique, la bouche un peu ouverte, la langue qui veut sortir, les yeux qui calculent quelle réaction elle doit avoir. Ça vous prenait ça, juste ça pour que monte le rire que tu attendais depuis des semaines, pour que vous pouffiez tous les deux, cogniez vos verres, que tu y rajoutes plus de rhum. Un vrai rire. Les nerfs qui se relâchent, les muscles qui se décrispent.
L'horloge qui recommence à avancer.
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Tu regardes ton verre d'un air méfiant. C'est rose orangé. Une petite gorgée... Yark, ça goûte la marde, comme à chaque année. Tu fais un petit sourire appréciatif à ta tante Louise, qui n'a vraisemblablement pas compris que de mélanger trop de sortes différentes de jus ne crée pas, comme elle le souhaiterait, un nectar exotique, mais plutôt une mixture digne d'un défi alimentaire dans une initiation universitaire.
Tu te retournes un peu, tu sors ta flasque et rajoutes du rhum. Tant qu'à goûter mauvais, aussi bien que ça saoule, au moins. Comme ça, tu vas peut-être réussir à oublier.
Y'est quelle heure là? À peine 8 heures. Vous avez même pas encore mangé.
Tu hais Noël.
- Kin! Bin si c'est pas le beau Hugo! T'es pas venu avec Mélissa?
- Chut Pierre! Y sont pu ensemble là... C'est pas grave hein, tu le sais que nous autres on t'aime, la famille! La mère des filles est pas morte!
Tu ne réponds pas. Tes joues tirent doucement sur le coin de tes lèvres, et ça doit avoir l'air d'un sourire convaincant parce qu'ils te laissent tranquille.
Étant donné que les flos monopolisent la télévision du sous-sol, tu fais ton deuil de te plugger sur le Nintendo tout le réveillon et tu te trouves plutôt une chaise relativement confortable dans la cuisine vide pour y laisser choir ton mal. Y'est quelle heure là? Encore 8 heures. Tu soupires.
- Ouin, j'te comprends.
Tu sursautes et te retournes : tu n'avais pas remarqué que ta cousine avait adopté la même tactique que toi. Elle est belle, ta cousine. Un peu plus jeune que toi, juste assez, brunette, les pommettes saillantes, les yeux rieurs, la bouche moqueuse. Elle est belle, pour une cousine. Tu la regardes en te demandant pourquoi elle sort systématiquement avec des imbéciles.
Elle change de chaise pour se rapprocher.
- Max m'a laissée la semaine passée.
Tu t'y attendais. Tu ne réponds rien. Tu prends une autre gorgée. Elle fait pareil en grimaçant. Tu échange ton verre avec elle : elle en a plus besoin que toi. Ses sourcils semblent d'ailleurs apprécier ton ingrédient secret. Tu regardes ta montre : il est à peine dépassé 8 heures.
- Tsé Hugo, personnellement, j'l'ai toujours trouvée conne, Mélissa. Sans vouloir t'insulter là.
Tu le sais. Tu le sais tellement. L'an dernier, Mélissa avait mal à la tête. Elle avait passé la soirée à éviter tout le monde, t'entraînant avec elle ''par solidarité'', refusant tout alcool pour ne pas décupler la douleur. Elle t'avait chié dessus parce que tu n'avais pas mis la chemise qu'elle avait choisie, mais avait quand même trouvé le tour de porter un toast à votre amour devant toute ta famille, chose qui t'avait profondément gêné. Le chum d'époque de ta cousine, un joueur de hockey pas mal porté sur la boisson, ne s'était pas gêné pour la reluquer, chaud mort, et lui faire des avances. Le pire : tu avais surpris dans le regard de ta blonde une petite flamme, une fierté, l'effet de la flatterie du sportif. Tu t'étais senti vraiment minable. À la fin de la soirée, tu l'aurais tuée. Mais tu l'aimais. Tu l'aimes encore anyway.
- Mais tsé pourquoi tu sors toujours avec des épaisses?
- Pis toi, pourquoi tu sors toujours avec des gros caves?
Le fin visage de ta cousine se fige alors dans une stupeur magnifique, la bouche un peu ouverte, la langue qui veut sortir, les yeux qui calculent quelle réaction elle doit avoir. Ça vous prenait ça, juste ça pour que monte le rire que tu attendais depuis des semaines, pour que vous pouffiez tous les deux, cogniez vos verres, que tu y rajoutes plus de rhum. Un vrai rire. Les nerfs qui se relâchent, les muscles qui se décrispent.
L'horloge qui recommence à avancer.
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