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10 mars 2012

De la lecture des gences

Hier, dans l'autobus, j'étais assise devant un vrai hipster pour le vrai qui veut qu'on le sache beaucoup qu'il est cool.

Le flagrant de la chose ne venait pas de ses 18 ans ou de ses cheveux en petite motte près du front, ni de ses lunettes motif presque léopard brun sur noir, ni de ses pantalons jaune serin très serrés, ni de ses converses de deux couleurs différentes, ni de son long manteau d'apprenti poète, ni de son sac en bandoulière avec un motif un peu kitsch.

Non. Tout ça, ça va, ça m'est sympathique.

L'élément de comique, c'était la façon dont il tenait son roman pour que tout le monde voie bien la couverture et le titre et sache qu'il lit de l'auto-fiction trash contemporaine quasi mythique même si c'était évident qu'il le commençait à peine et qu'il levait les yeux du texte chaque 2 secondes pour regarder si quelqu'un le regarde et remarque.

Lire Putain dans la 28 qui file vers St-Roch (qui n'a plus rien de nouv0).

Réjouis-toi, je t'ai vu.


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19 mai 2011

Mauvais présage

J'entre avec 15 000 sacs lourds dans les mains, alors je me précipite (vraiment, aidée par la gravité et l'autobus qui démarre un peu trop vite) vers le fond, apercevant du coin de l'oeil Laurent.

Assise, stabilisée, heureuse de ne pas avoir raté l'autobus, je me dis enfin ô combien c'est chouette que les pingouins soient dans l'autobus ce matin-là et me retourne pour les regarder.

Eum, le regarder. Lui. Juste lui?

Tout seul, le teint terne, les barniques plongées dans un roman de scifi, pas de pingouine à ses côtés. Pas de course en sortant de l'autobus et pas de tatas. Tout seul à porter ses cache-oreilles en feutre noir.

En proie à une crise de panique (les gens à la santé mentale fragile n'aiment pas être ébranlés dans leurs habitudes), j'essaie de me calmer un peu, je me dis qu'au fond, elle ne doit pas habiter avec lui et que c'est un hasard que je les aie vus les deux ensemble tout le temps les autres matins. Ou alors, elle a un vilain rhume et va passer la journée au lit à jouer au Nintendo. Ou alors, elle a changé d'emploi et ne prend plus le même autobus que lui.

Mais tout d'un coup qu'ils se sont... séparés?




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9 mai 2011

Le Amish anachronique

Il se tenait debout dans l'autobus pratiquement vide, une cérémonie un peu inutile qui servait probablement juste à ce qu'on le regarde un peu plus, petit con au centre de l'accordéon avec son chapeau de pâle paille et sa chemise de coton bleu, comme si le printemps le justifiait, la barbichette pas trop certaine de vouloir pousser, des joues de garçonnet avec des yeux de vieillard, pis une bouche qui donne le goût de fesser dessus.

Je suis toujours surprise de voir à quel point certaines personnes, sans rien faire, m'inspirent de la violence gratuite.


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1 avril 2011

L'approche de la trentaine?

Je pense que je suis heureuse.

Même quand je chiale, quand je déprime, quand je suis amoureuse d'une histoire pas possible, quand je suis trop fatiguée, quand je suis SPM, quand je suis saoule ou à jeun, quand je travaille, quand je me remets en question, quand je glande, quand je sacre, quand je suis découragée par mes dettes, je sais que je suis heureuse quand même.

J'avais les idées noires dans l'autobus après le travail; j'écoutais du Radiohead en me trouvant tellement emo, pis en même temps, je regardais mon corps de 5 pieds assis sur un banc au fond, les pieds qui touchent pas à terre, la sacoche trop pleine, le toupet gras séparé en couettes laides sur mon front, quinze épaisseurs de chandails, la musique dépressive, pis j'étais contente d'être moi. J'aime qui je suis.

J'aurais pas voulu être personne d'autre dans ce fond d'autobus.

Je pense que je suis profondément heureuse.


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23 mars 2011

Les douceurs de banlieue

À l'heure où maman se couche, tard, les rues enneigées de la banlieue tranquille accueillent mes pas de travailleuse du soir, les cuisses qui s'activent rapidement pour contrer le froid et attraper le prochain autobus. Si mon iPod crache aussi fort sa musique, c'est plus pour couvrir l'arythmie de mon coeur fatigué que pour m'imbiber de jolies mélodies. Étourdissant, baisse le son, ah pis pause.

Dix minutes d'attente devant la station d'essence, c'est parfait pour manger un petit sac de chips au ketchup.

Puis, l'autobus arrive, vide, banlieusarde, avec son chauffeur qui me bonsoit (du verbe bonsoir) d'un ton jovial, la radio détente en trame de fond. Je prends place un peu plus loin, contente d'avoir tout l'espace pour moi. Gaetan (le chauffeur avait trop une face de Gaetan pour que j'l'appelle pas Gaetan) conduit rapidement pour arriver d'avance au terminus Les Saules pour se prendre un café : ça paraît quand il tourne les coins, floc-a-floc les bidules dans ma sacoche qui se font barouetter, et là ça attire mon regard.

Ça.

La moustache de Gaetan bouge. Bin, elle bouge parce que sa lèvre en dessous bouge.

Gaetan chante en chœur avec la radio. Oh que oui. Et il doit penser que la musique joue encore dans mes écouteurs parce qu'il chante haut et clair, il sort sa voix de servant de messe pour entonner cette chanson :



''J'ai au moins le droit de choisir! Entre votre planète et ses étoiles filantes... d'adolescente.''


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19 mars 2011

Nids de poule

Je regarde la fin d'après-midi se poser sur tes paupières lourdes et les faire descendre lentement... Zoum, yeux ouverts! Tu regardes les bancs voisins : presque personne pour te voir dormir, tes yeux se referment encore lentement, en hésitant presque... Zoum, yeux ouverts!

Tes yeux dans mes yeux : je regarde ailleurs (parce que ça ne se fait pas de regarder un inconnu dans les yeux, voyons).

Ton manège recommence. Avec la pile de mon iPod trop faible, disons que je suis contente d'avoir quelque chose à faire pendant mon long trajet. Zoum, yeux ouverts! Ça ferme, ça ferme...

Zoum, yeux ouverts!

Pour la première fois de ma vie, j'ai regardé la Guerre des Clans version sans-Luc-Senay-pis-sa-split l'autre soir avec ma sœur. La question déroutante de la soirée : qu'utilisez-vous pour vous réveiller en dehors d'un réveil-matin?

Il manquait une réponse : les nids de poule sous les roues de l'autobus.


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11 janvier 2011

Une étoile rose

La bus bondée craque de partout en filant dans l'air glacé. Les mardis matins sont encore plus mornes que leurs collègues lundiens, et chacun en porte le poids, comme une mauvaise fée invisible qui tend les nuques et tire les visages. Nous janvierons deux autres semaines.

J'écoute une berceuse triste qui lisse mes humeurs et embue mes pensées. L'étudiante devant moi se drogue au Damien Rice. Le fonctionnaire trentenaire trop collé sur mon bras gauche bougonne sur du System of a Down démodé. Les deux adolescentes qui se tiennent au milieu de l'accordéon partagent du Justin Bieber. Le dude avec une calotte d'une équipe que j'connais pas texte son cousin (''J'ai une question t'as tu encore le logiciel de l'autre fois?''). Le chauffeur conduit raide pis crie d'avancer plus au fond.

La vie est d'un gris-brun impressionnant. Mais plus pour longtemps.

Une étoile rose est entrée.

Papa et elle prennent place de biais avec moi. Elle sur lui, bien sûr. Sous une tuque de polar, ses grands yeux marron scrutent la foule, un regard neuf sur un monde usé. Les petits bras tiennent en croix, maladroitement, immobilisés pas un habit de neige trop épais. Papa prend soin de les ramener vers son ventre lorsque des passagers s'engagent dans le corridor. Dézippe le haut du manteau, enlève son capuchon. Un peu d'air pour la tite puce. Certains la voient et sourient; d'autres n'ont pas cette chance et passent à deux poils d'égratigner sa peau tendre avec une ganse de sac. L'étoile rose ne bronche pas. On voit dans ses yeux qu'elle sourit, même si son cache-cou monte trop haut pour nous le confirmer.

Tranquille dans le bordel du quotidien.

Et moi je la regarde inconsciemment faire son chemin dans mon coeur, dans mon esprit, dans mon corps, la petite étoile rose qui se promène et se loge finalement dans mon ventre, pour me faire du mauvais sang ou tordre mes boyaux, et proteste, chiale, crie, hurle. Gueule fort.

Ouch. Moi aussi je veux mettre au monde une étoile.


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4 janvier 2011

Objets perdus (prologue)

Une dame devant moi, pas contente, fait radoter Employée RTC #2.

Employée RTC #2 - Oui, pas de problème, il faut seulement que monsieur se déplace pour venir faire prendre sa photo parce qu'on garde pas les photos dans le système.

Dame âgée - Ouin mais là y peut pas se déplacer tsé, y'est pas mal âgé là vous savez.

Employée RTC #2 - Oui Madame, j'comprends, mais on a besoin d'une photo pour sa carte sinon y pourra pas profiter du tarif réduit.

Dame âgée - Ouin mais y'avait pris sa photo cet été, vous l'avez pu sa photo?

Employée RTC #2 - Non Madame, on garde aucune photo dans le système, ça se fait supprimer dans les jours qui suivent. Va falloir qu'il revienne faire prendre sa photo. Je sais pas où vous demeurez, mais je peux vous donner la liste des...

Dame âgée - Non mais vous comprenez pas, y'a de la misère à se déplacer!

Je, dans mon for intérieur - Voyons cibole, si y'est capable d'avoir besoin d'une passe de bus pour prendre la bus, y'est sûrement capable de la prendre pour venir se faire poser...

Employée RTC #2 - Bin Madame, si y peut prendre l'autobus, j'imagine qu'y peut se déplacer pour la photo aussi...

Oh! Oh! Elle l'a dit, elle l'a dit! ELLE L'A DIT!!

Employée RTC #2: 1, Dame âgée: 0!


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3 janvier 2011

Objets perdus

Dring dring. Dring dring drelingling.

Employée RTC - Réseaudetransportdelacapitalebonjour?

Je - Bonjour! J'ai perdu ma passe de bus et je suis avec l'abonne-bus, comment je dois procéder?

Employée RTC - Euh... Ah, bin c'est la passe fournie par votre employeur? Pas celle d'une école là hein...

Je - Bin, non, celle de l'université.

Employée RTC - Oh...

Je - (retenant un bâtard...)

Employée RTC - Bin au fond, c'est une nouvelle carte?

Je - Nenon, j'avais ma carte à l'automne, les paiements sont settés jusqu'en avril, mais là j'ai perdu la carte alors ça m'en prendrait une nouvelle.

Employée RTC - Ah! Ok! Bin faudrait passer au centre de service en haute ville, mais ça ouvre juste à midi vu que c'est férié.

Je - Cool. Est-ce que je dois apporter quelque chose?

Employée RTC - Si vous avez votre lettre du registraire, ça serait bien. Et votre confirmation de paiement pour janvier.

Je - Parfait, autre chose?

Employée RTC - Non!

Je marche marche marche marche. Je reprends à peu près exactement la même conversation directement au comptoir de service.

Employée RTC #2 - C'est argent comptant seulement.

Je - Gnak.

Employée RTC #2 - C'est toujours le cas, Madame.

Rien d'autre à apporter mon cul. J'exécute un sourire poli, quand même. Je marche marche marche marche. Je retire. Je reviens.

Employée RTC #2 qui vient JUSTE de me servir - Je peux vous aider?

Yo, dis-moi pas que t'as eu 150 clients aujourd'hui, tu dois bin te rappeler que j'étais là il y a 15 fucking secondes!!

Je - Oui, euh, je voudrais le formulaire, euh, A-38.

Employée RTC #2 - JE VOUS AI DÉJÀ DIT QUE LE PORT EST AU BORD DE LA MER!


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2 janvier 2011

Les endroits cons

Ça commence par de l'anodin. Genre la bus qui arrive, fouiller dans ses poches, ne pas trouver sa passe, sacrer, payer cash son passage.

Et là.

Chercher dans les autres poches, celles de toutes les couches de vêtements, chercher dans la sacoche, une fois, deux fois, trois fois, rien trouver, refaire le tour des poches. Prier pour que la passe soit sur la table de la cuisine ou sur le plancher près de la porte. Savoir d'avance que non. Arriver à l'appartement. Voir ses craintes confirmées.

Et là.

Soudainement, devant l'inavouable, c'est comme si mon cerveau se mettait en mode méga imbécile. Et commence la tournée des endroits cons. Je suis certaine que ça vous est déjà arrivé, avec vos clés, peut-être, ou votre passe du festival d'été, ou ce papier où vous aviez noté un numéro de téléphone important, ou bref vous me suivez, on en vient systématiquement à faire la tournée des endroits cons.

Pourquoi? Je veux dire, c'est bien beau de regarder dans les poches de mon manteau de printemps porté pour la dernière fois en octobre, ou dans mon sac de maquillage, et dans la salle de bain, et dans les craques du divan, pis dans ma bibliothèque, mais je sais bien, si j'y pense froidement deux secondes, que je ne trouverai rien. Qu'elle est perdue, simplement, ma carte opus. Mais je poursuis mes recherches, je fais tous les endroits imaginables.

Du beau déni.

Tout ça pour le deuil d'un objet con. Imaginez les deuils sérieux...


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12 décembre 2010

La fois où j'ai failli mourir

C'était en l'an 2000, janvier 2000.

On était tous un peu déçus qu'il n'y ait pas eu de bug, finalement. Mais aucun lien avec mon histoire.

Non parce que l'histoire, c'est que à Magog, à 16 ans, si t'as pas de permis pis de char, bin tu marches. Les villages ont pas l'habitude d'avoir la bus de ville (sinon, faudrait l'appeler la bus de village, pis ça sonne drôle fak non).

Alors je m'enlignais pour marcher un solide 45 minutes pour revenir de chez une de mes amies, en plein jour, gros soleil, les bancs de neige hauts comme ma tête (je sais, c'est pas SI haut que ça, ma tête), l'air froid froid froid mais genre le fun, mon discman qui saute presque pas parce que j'ai mis des nouvelles batteries pis que j'me permets de mettre l'antichoc à on. La chouette vie.

Bin c'est là que j'ai failli mourir.

Je respirais tout à fait normalement quand soudain, je me suis étouffée avec ma bave. Je sais que c'est vraiment cave, s'étouffer avec sa bave en marchant dans la rue, mais je vous jure que c'est pas agréable! J'arrivais juste pu à reprendre mon souffle, je toussais, mais l'air ne pouvait que sortir de mon corps, plus rien n'entrait. Debout au milieu de la rue, je commençais à voir le paysage s'embrouiller, s'assombrir, ma face rouge, mes yeux embués. J'entendais encore les enfants qui jouaient pas si loin, mais comme flou. Je me disais que j'allais m'effondrer comme ça et qu'un d'entre eux me trouverait, morte raide, et que ça le traumatiserait à vie. J'avais un peu honte de ma mort, ça faisait bin trop faits divers, j'aurais préféré quelque chose de plus glorieux me semble. Je me disais que j'avais étudié mes maths pour rien, pis que j'aurais dû frencher Jo au party. Je me disais plein de trucs, avec mes genoux qui lâchent.

Et pis... Pouf! L'air est entré. De même, comme un imbécile qui arrive 5 minutes en retard.

Hep.

J'ai eu 96 % à l'examen de maths pis j'ai jamais frenché Jo.


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3 décembre 2010

ZZzzzzzZZZZZZzzzzZZZZZZzzzzZZ

Un drôle de grondement trouble ma musique.

J'en lève une oreillette : c'est pas l'autobus. Je regarde autour de moi : un étudiant qui tapotte du pied, une vieille dame dans la lune, une femme dans un gros manteau de poil... Mais personne qui gronde.

Bizarre.

Je remet mon oreillette. Au bout d'un moment, ça gronde encore... J'enlève l'oreillette. Ça gronde plus fort que quand je la met. Je regarde encore autour de moi, et là je le vois.

Un bout d'choux avec du maquillage de fête dans le visage, bien caché dans le poil du gros manteau de sa maman, profondément endormi et qui ronfle comme un ogre!

Je ricane. La maman sourit. Je regarde l'étudiant en face de moi, qui rigole aussi. La vieille dame nous jette un coup d'oeil d'un air nostalgique.

Pis toi mon beau, tu dors bin dur!


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17 novembre 2010

Non

J'écoute ça.

Il pleut dégueux, il vente atroce; il novembre des chats et des chiens.

De mon manteau ou de mon parapluie, je pense que c'est ma rage qui me protège le plus de la mouille. La mouille qui frise mes cheveux plats et fait couler mon mascara. La chair de poule sur le seul bout de poignet qui dépasse. La frustration de 30 lbs dans mon sac trop lourd. Ma montre qui rit de ma gueule.

Les sacres abondants.

Pis le chauffeur d'autobus, arrêté à la lumière rouge 2 mètres plus loin que mon arrêt, qui refuse de m'ouvrir la porte. Il fait sa maudite face de ''hep, non, peut pas, lumière, pas arrêt'' comme si la police des transport en commun était cachée derrière lui, prête à le tuer en cas de désobéissance au règlement. Vert. Il repart en passant dans la flaque pour être certain de vraiment me faire chier.


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1 novembre 2010

La vraie histoire

Je t'ai menti.

Tu as lu mon dernier post en soupirant un ''Oooonnnn! Pourquoi ça m'arrive jamais à moi, ça?''? Bin crains pas. Parce que voici la vraie de vraie histoire...

Je suis au IGA (un hot chicken pas de sauce à hot chicken, c'est comme pas pareil). À la sortie, comme d'habitude, j'agite ma main au-dessus de ma tête pour que le lecteur optique qui ordonne à la porte d'ouvrir fasse sa job (c'est nain-proof, ce truc).

Gars dans la fin-quarantaine qui me suit, look de BS pis odeur nauséabonde, visage vicieux écœurant, voix désagréable - Ouin t'es vraiment trop p'tite pour la porte, toué!

Petite moi, bête comme mes pieds - Ça a l'air. (gros cave)

Je sors finalement, j'entreprends de traverser la rue et il me dépasse sur son vélo, chambranlant de l'alcool qui coulait sûrement dans ses veines.

Même gars laid - En-té-ka, toué t'es p'tite, mais t'es assez belle pour moué pareil!

Oui, il a dit ça. Allez. Partage-le avec moi, le frisson d'horreur.

J'imagine que je dois être trop souriante : j'attire tous les laids attardés failles du système vers moi. Encore tout à l'heure, en attendant l'autobus, y'a un weirdo qui est venu me voir pour me parler d'un centre pour femmes blabla pis qu'y voulait nous aider machin et de ne pas hésiter pour l'appeler. Il tendait des cartes où des coordonnées étaient écrites au stylo... On était au moins 20 à l'arrêt, mais c'est quand même moi qui a gaspillé 5 bonnes minutes pour enfin se débarrasser de l'étrange homme. Merci à mon ipod.

Mais franchement là, des fois là...

C'est lourd.

C'est pour ça que j'écris de la fiction : y'a trop de lourd dans la vraie vie.


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15 octobre 2010

Céline

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de très bien entendre la musique qu'écoute votre voisin dans l'autobus parce que le son de son iPod (ou bin de son walkman sony jaune sport) est trop fort?

Personnellement, ça met ma switch ''jugement'' à on. La dernière fois que ça m'est arrivé, disons que j'avais bien rigolé en regardant un mastodonte au look métal écouter une toune des Cranberries. Et le fait d'autant remarquer la chose me rend peut-être un peu parano.

D'abord, sachez que j'ai fait des tests de son chez moi lorsque j'ai eu mes nouveaux écouteurs afin de déterminer le volume maximal auquel je pouvais écouter ma musique sans que la personne à côté de moi l'entende. Je connais donc la limite. Parfois, je pousse la limite un peu plus loin par amour profond pour une chanson, je l'avoue, mais comme ladite limite est assez élevée (et par respect pour mes tympans), je reste normalement en-dessous.

Maintenant, parlons de ce matin.

Ce matin, c'était nuageux et il ventait à tout rompre, un vrai automne méchant qui vide les arbres de leurs dernières feuilles de façon assez efficace merci et qui met au défi tout bon fixatif de tenir mon chignon en place (fail, d'ailleurs). Mon random de iPod, qui a souvent un bon sens de l'humour, m'a cette fois sorti une chanson totalement de circonstance, une chanson qui déplace autant de passions que le vent d'octobre : It's All Coming Back To Me Now de Céline Dion.

But you were history with the slamming of the door! (tonnerre)

Soyons clairs :
1- Oui, j'ai du Céline Dion sur mon iPod.
2- Oui, j'aime quelques chansons de Céline Dion.
3- Je me fous pas mal de ''take a kayak''.

Mais quand même, j'avoue ici que je suis soucieuse de mon image et que je n'ose pas affirmer haut et fort dans une 800 bondée que j'écoute Céline avec passion et dévotion à 8 heures du matin. Parce que si j'ai pu me permettre de juger un gars qui écoutait du Cranberries, imaginez comment tout le monde pourrait se permettre de me juger moi avec mon Céline...

J'attends donc l'autobus dans le vent, le son bien fort. Lorsque j'y entre, je m'assure que le son soit à une force raisonnable et je jette de fréquents coups d'œil à mes voisins pour être certaine de ne déceler aucun sourire ironique sur le bord d'une lèvre. Rien.

Génial.

Une seule écoute, et ensuite je change de chanson.

Ok, une deuxième écoute, et ensuite je change de chanson.

(...)

Bin je l'ai écoutée tout le long. Toute la demi-heure fût Célinisée dans mes oreilles. Et même ma marche dans les couloirs sous-terrains de l'université, oui oui.

But when you touch me like this! (boudoudoum!)
And you hold me like that! (tiketi!)

J'y peux rien, c'est trop bon, cette chanson-là! C'est tellement glorieux là, le piano, le waaamm de la guit électrique qui apparaît par magie au bon moment, le chœur, les percussions pis les castagnettes, même le clip avec le fantôme pis un manoir pis des miroirs douteux qui défilent des souvenirs mal découpés sur les contours : c'est tout simplement la glorification de la gloire, c'te toune-là!! foo-oo-oo-reeeeever

J'AIME CÉLINE DION!

J'ai fini. Vous pouvez me juger. Et si en prime vous me croiser dans l'autobus, vous pourrez esquisser un petit sourire ironique. Je comprendrai que vous savez.


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29 septembre 2010

Alcool à fiction

J'sais pas vous là, mais moi j'suis encore dans un de ces moments de totale improductivité, l'attention qui s'égare un peu partout tout plein les revues les séries les films les zinternètes, l'opposé du Ritalin, la révolte.

Presque.

Ça fait que... Allons-y pour un shooter de randomité.

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De la formation des familles de mots

Une fraiseuse, c'est la machine qui sert à faire des carottes.

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Trop de similitudes dans l'autobus

J'écoute Le parapluie de Bélanger, mon voisin boit le café dans une tasse Chez Daniel, l'autre voisine échappe son parapluie couleur café.

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Sprichst du Deutsch?

Toilettes du De Koninck. Deux blondes devant moi dans la file (oui, jeunes hommes, aller au toilettes publiques pour une fille veut nécessairement dire faire la file) conversent en allemand. Ça parle fort. Ça rigole. J'comprends que dalle. Soudainement, elles fixent une fille plus loin dans la pièce. Petit silence. Puis, elles se mettent à parler plus bas, toujours en allemand... De l'allemand à voix basse. Wow.

Comme si on pouvait savoir quelles bitcheries elles disent!

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Par coeur

La prof propose un test de par cœur, mais elle ose pas le dire comme ça. Alors elle est floue. Alors les gens s'obstinent.

J'aimerais que la prof décide sans nous consulter : assume ton poste, la grande.

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Entendu à la presque collation

Virg - Dans mon cours d'anglais, on faisait une activité orale avec une fille, fallait se faire un scénario.

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Lu à Matane

Poissonnerie du Phare Ouest

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Entendu à la Barberie

Val - J'aime son chandail à la fille en bleu.
Simon-mon-ami-de-traduction - Ah.

À peine deux minutes plus tard...

Val - Je suis amouuuuureuuuuxx... De la dame en bleu! (...) Voyons, pourquoi j'ai c'te toune-là dans la tête?
Simon-mon-ami-de-traduction - D'après toi?

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Entendu au Ashton

Val - J'me demande combien d'heures dans la vie ont été passées à comparer les différentes poutines...

Dit-elle en s'ennuyant du Charlie.

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Vu dans l'autobus

Deux hommes fin-trentaine entrent dans la bus. Dans leurs mains, deux énormes boîtes de Pampers. Dans leur face, le sourire fendu jusqu'aux oreilles.

Dans la mienne aussi.


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30 août 2010

Tic nerveux, tic nerveux, tic nerveux-veux-veux

Au début, c'était juste la jambe qui bougeait. Un petit spasme rapide de rien qui envoyait valser les lacets aux bouts plastifiés sur le poteau de métal.

Ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting.

Après un moment, j'ai remarqué ses yeux. Ses yeux hyperactifs qui regardaient à gauche, à droite, en face, en arrière dans la fenêtre, de côté le iPod de sa voisine, le iPod de moi, à gauche-droite-gauche, sa montre, l'autre voisin, à droite, en arrière par la fenêtre, revient en avant puis encore en arrière.

Et ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting, toujours.

Ensuite, il s'en est pris à ses mains. Dans la bouche, ses mains. D'abord les ongles, qui étaient déjà pas mal inexistants, puis les jointures à gruger tout plein, puis la paume à frotter vigoureusement, une lichée sur le dessus de la main gauche, et encore les ongles, le poing au complet dans la bouche, presque, les yeux qui continuent à bad tripper, en arrière, à gauche, la sueur qui perle sur son front et coule sur ses tempes, la nervosité qui pue le swing, et les lacets ting-ting-ting-ting-ting.

J'ai mal au coeur et il me reste encore 30 minutes de trajet à faire. Son genou contre le mien.

Ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting-ting.


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14 août 2010

En vrac

Entendu à la Barberie

Tout le monde était super foul à jeûn...

Bidou - Tsé au fond, j'réalise que j'suis chanceux : j'suis en santé, j'ai mes 4 jambes...
La table - 4 jambes!!
Bidou - Non mais j'veux dire que j'ai tous mes membres...
Bière - Donc, t'es satisfait de ta graine.
Bidou - Oui.

***

Gratitude

Je me lève en ce samedi matin, toute heureuse de vivre parce qu'il fait beau soleil et que j'ai dormi des heures et des heures, le genre de journée qui donne le goût de crier ''J'aime la vie, dude!''. Je m'installe à mon ordinateur pour faire ma ronde habituelle (I know, geek), et une de mes applications a un mot de passe qui commence par ''me...'', et moi d'écrire, sans trop m'en rendre compte, ''merci''.

En passant, non, ça n'a pas ouvert l'application, le vrai mot de passe étant évidemment ''merdedansunecouchepleinequipue''.

***

La 800

Assise entre une grosse qui sent le parfum et un tit-cul dont j'entends le beat au travers de mes propres écouteurs, je me laisse aller à mon exercice quotidien de jugement envers mes collègues de transport en commun.

Devant moi existe un gros baraqué avec une veste en cuir qui s'ouvre sur un t-shirt d'aigle, tatoué partout, foulard avec des têtes de mort sur le crâne rasé, air sombre et menaçant, calepin à la main. Dans son calepin, je crois deviner une liste de plusieurs pages dont plusieurs items sont biffés.

D'après vous, ces gens biffés, y sont morts ou y'ont pu de jambes?

***

Le côté sombre de la lune

Je sors finalement de l'autobus, Time se met à jouer dans mon iPod, j'appuie sur le ptit bonhomme et j'attends pour traverser, accompagnée d'un cycliste qui porte un t-shirt de Dark Side Of the Moon.

***

T'es chaud pis t'es frette, t'es en haut pis t'es en bas

Chaque matin de ma vie où je dois sécher mes cheveux, je pense à Katy Perry en voyant le piton Hot/Cold sur mon séchoir.

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Entendu au ministère

Je - Pis, comment va ton muffin?
Il - Bin il va plutôt ''trépassé'', je dirais.
Je - On! Vas-tu lui faire une messe commémorative?
Il - Je peux attendre de récupérer la dépouille, oui.
Je - Si tu le fais pour vrai, j'te paie une bière!
Il - Deal.
Je - Non mais j'veux une preuve que tu le fais!
Il - J't'appellerai quand même pas des toilettes pour te parler de mes selles! C'est sûrement pas la chose la plus intéressante à propos de moi...
Je - Ouin, j'avoue que j'préfère ton humour et ton intelligence, alors ton caca arrive bon troisième. Ce qui est plutôt décevant pour un numéro deux.


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