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2 juin 2014

Juin (ou les bonnes résolutions qui finissent dans un cocktail, entre deux tranches de citron)

**Cet article vous est gracieusement offert par une blogueuse invitée : merci Julie!**


Depuis mars que tu te dis : l’été s’en vient, faudrait que je recommence à m’entraîner. Ça fait deux ans que tu te dis ça – si c’est pas trois. Faudrait que je recommence. Quelques fois, ben motivée, tu te mets à faire des redressements assis comme une malade en écoutant du coin de l’œil un vieil épisode de La vie, la vie – parce que c’est encore bon, même si t’es rendue plus vieille que les personnages.


Trois mois après, t’as toujours ta cellulite, ton tit bourrelet de ventre pis les genoux qui commencent à tirer vers le bas. Mais c’est pas grave parce que tu t’es souvenue juste à temps que les pantalons ¾, ça existe pour les filles fitness comme toi. Facque t’as crissé tes poids de femme – les deux-livres, roses, qui font très sérieux – dans l’fond de ta garde-robe, avec ton papier d’emballage de Noël pis les vieilles sacoches que tu gardes, au cas où, même si tu sais pertinemment qu’elles ne ressortiront jamais de là.

Pis t’es allée t’écraser le cul mou sur une terrasse, avec tes chums de filles, un cocktail orange et rose dans une main pis une clope dans l’autre. Sans aucun remords. Parce que c’est ça, la vie.


Oui.


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10 mai 2014

Mai-nage (poussière et fausse motivation)

** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée : merci Marilou! **

Mai, c’est la ligne du thermomètre qui remonte tranquillement au-dessus du zéro, jamais assez vite à notre goût. C’est la supposée saison de l’amour qui commence (pourquoi on ne fête pas la Saint-Valentin en mai, alors?). C’est le temps où on se réveille et qu’on se rend compte qu’on a été trop lâche pendant la saison froide pour s’occuper de notre chez-soi encrassé.

On tombe sur la circulaire de Wal-Mart-Target-Jean-Coutu qui annonce une « méga vente » de produits ménagers et on se dit « Ouin ». On décide de simplement passer le balai ou de passer au crible chaque petit recoin.

Pour ma part, ça se limite à la garde-robe. Tsé, il faut bien faire de la place pour les nouveaux morceaux qui nous narguent depuis déjà quelques semaines dans les centres commerciaux, alors même qu’on portait encore nos manteaux North Face, nos bottes Sorel et la énième paire de mitaines achetée cet hiver (parce que tout le monde le sait bien, des mitaines, c’est juste fait pour les perdre). Mais se départir de ses vêtements, c’est plus difficile qu’on le pense.

Quand on était jeune, c’était simple. Chaque année, on éliminait ce qui était devenu trop petit. Pas besoin de se poser la question. Avant, c’était simple. Avant, c’était mieux.

Un coup adultes, à moins d’avoir négligé le sport dans les derniers mois, nos vêtements nous font toujours. Toujours. Alors, comment jeter le chandail tout motonné qui nous a suivi en Europe? Ou pourquoi se débarrasser de cette blouse? Parce qu’elle n’a pas été portée depuis trois ans? Quatre? …pis?

QUI SAIT QUAND J’AURAI BESOIN D’UNE BLOUSE FUCHSIA!

Bref, après avoir trié méticuleusement chaque morceau pendant des heures, j’ai tout remis dans le placard.

Mai, c’est le temps où on se réveille pas tant que ça.


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5 mai 2014

May Day

** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée : merci du fond du coeur, Véronique **


Mai s’amène et comme chaque année je l’aime. Le soleil grésille sur ma peau froide, les sons printaniers transpercent mes tympans insensibles. Mais j’attends plus de mai cette année.

Mai doit me consoler d’avril, qui m’a fait couler de la gadoue sur les joues. De mars, qui a arraché sans anesthésie mes qualités à mon CV. De janvier, qui m’a fait douter et de février, où ça s’est empiré. Quatre mois d’ordures à débarrasser.

Le ménage du printemps est commencé, l’aspirateur a fait son travail dans mon corps et m’a vidée de toute envie. Mes envies de mai évaporées.

Trente-et-un jour pour essayer de faire germer une émotion, une envie, un désir. Calmer les angoisses existentielles, redonner un sens à tout ça.

Et quand le soleil me rallumera, quand la chaleur me réveillera et quand l’air frais m’aura déviciée, mai m’aura aidée.


Et il n’y a que mai qui saura m’aider.


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1 avril 2014

Avril (ou quand Chewbacca s'est tapé 10 livres de thon rouge, en mauvaise blague, pendant que Jésus cherchait des cocos de Pâques en écoutant du Ingrid St-Pierre qui écoute du Angus and Julia Stone)

** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée : merci, M̶a̶r̶i̶e̶-̶C̶l̶a̶u̶d̶e̶ Marie-Claire! **


Un homme m'a dit, il y a longtemps, qu'avril était le pire mois de l'année; qu’il était inutile. Moi, je ne comprenais pas trop son raisonnement, je n'étais pas vraiment en accord. Mais je l'écoutais, fascinée par ses idées, et buvais ses paroles comme une pauvre adolescente de 16 ans trop émerveillée par le vocabulaire de plus de 3 syllabes qu'il utilisait dans une si parfaite syntaxe. C'est comme s'il était tombé dans la potion magique du dictionnaire des cooccurrences quand il était petit. Faut voir ça comme on veut, mais moi, c'était assez pour me faire ovuler. Presque autant que les chansons de Louis-Jean Cormier. Parce qu'il était d'une étrange beauté, qu'il avait des yeux verts perçants et qu'il faisait bien l'amour. Le presque vrai. Celui qu'on fait avec ses mains, avec sa bouche, avec sa langue, avec tout son corps. Tsé, pas juste y'inque avec sa queue… mais pas toujours avec ses yeux.

Reste que j'étais quand même pas d'accord avec lui! Avril, c'est le début du printemps. Le printemps, c'est la saison des amours. C'est quand tout se réveille autour de nous. Par déduction mathématique primaire et mal organisée, avril, C'EST l'amour!

Avril, ça sent le soleil qui chauffe, la neige qui fond. Ça sent le spectacle de danse qui arrivait à grands pas. Ça sent la tonne de spray net sur les dizaines de bigoudis qui trônait sur ma tête pendant 12 heures, pour que je sois la plus belle. C'est le sentiment d'accomplissement, debout, au devant de la scène. Pendant que tout le monde me suivait, parce que c'était moi la meilleure.

Avril, c'est des poissons en papier collés dans le dos, des rires d’enfants et du plaisir avec pas grand chose. Nous, on était wise, on cachait des cannes de thon dans les chaussures de mon père. Pis c’était hilarant!

Avril, c'est le traditionnel brunch de Pâques avec toute la famille. C'est la chasse au trésor qui menait à notre lapin en chocolat qu'on avait le droit de bouffer au déjeuner. C’est les courses dans la maison, en pieds de bas, pour rattraper mon frère qui m’avait volé un œil en bonbon. C'est les matins d'excursion, avec la gang de l'université, à aller cueillir l'eau de Pâques dans le petit ruisseau à côté du chalet.

Avril, c’est une journée un peu dernière minute à la cabane à sucre, avec les amis et leurs kids. Parce qu’on est rendus là.

Avril, c'est profiter des premiers rayons du soleil sur une terrasse dans le Vieux-Terrebonne, avec nos manteaux de printemps, nos lunettes de soleil, une bière et un nachos. C'est regarder les gens passer, sourire et être heureux!

Avril, c'est l'anniversaire de ma cousine, de mon cousin, de ma tante, de 35 de mes amis Facebook et de cinq de mes vrais amis.


Avril…
Avril.
Avril, c'est aussi ton anniversaire.


C'est le coupe-vent Point Zéro bleu marine et jaune moutarde laitte trop grand que je portais à 10 ans. C'est les bottes de pluie qui restaient coincées dans la boue, à côté d'un crottin de bébé chèvre et d'un petit vomi, vestige de la cinquième tire d'érable qu'on avait d'englouti. C'est la fois où j'suis tombée dans le ravin d'eau de Pâques et que j’ai chopé une bronchite pendant un mois. C'est grand-maman qui a encore oublié mon nom pendant le brunch. C'est matante Lucie qui a encore cassé une coupe de vin, parce qu'elle avait trop bu. C'est mononc’ Louis qui en a profité pour faire des jokes déplacées. C'est les nouvelles familles pleines de bonheur qui utilisent 87% du trottoir sur la rue Cartier avec leur poussettes doubles et qui m’empêchent d’avancer à mon rythme!

Avril, c’est le dernier mois socialement acceptable pour se laisser pousser le poil sur les jambes sans avoir à se raser tous les jours. Parce qu’après il faudra « être une fille », au « complet », en permanence (d’un coup qu’on croise le prince charmant dans la rue). Jusqu’à l’automne, où l’on pourra redevenir la version pin up de Chewbacca.

Avril, analogiquement parlant, c'est baiser avec le poissonnier du quartier. C'est se gaver de petits chocolats en remerciant Jésus d'avoir souffert comme le st-ciboire pour nous.

Avril, c'est sortir et se maquiller pour avoir l'impression d'être plus belle (peinture de guerre, princesse armée). Partir à la chasse, ou plutôt, à la pêche. Pour espérer pogner un poisson (sans trop penser qu'on pourrait être le poisson d'un autre). Sortir ses atouts avant de lancer sa ligne à l'eau. S’enrouler dans celle de quelqu'un d'autre, pour essayer encore un peu plus fort d'oublier. Finir sa soirée avec un inconnu, tout juste après avoir frenché dans les toilettes (parce que sur la terrasse, tout le monde fume, pis criss, y fait encore frette).

Baiser un peu trop vite, un peu trop mal, un peu trop pas-assez-comme-j'aurais-voulu. Pis s’endormir en pleurant, en silence. Dans les bras d'un autre. En pensant à toi, qui souffle ta 30e bougie. Dans les bras d'une autre. Pis me dire « Fuck, c'est con! », pendant que mes draps aimeraient se souvenir de toi.

Ouin…
Faque…

Finalement, c'est vrai qu'avril, ça sent un peu la marde.


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2 mars 2014

Mars, cette garce (ou faire un titre qui rime parce que ça sonne beau)

** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée : merci, Lapine! **

J’ai une relation amour-haine avec mars.

Des fois, mars, c’est vraiment hot. Tes voisins yolo ouvrent leur piscine pour deux semaines (pour vrai), tu mets tes Converse et tu marches jusqu’au Dairy Queen pour ton premier Blizzard de l’année, en changeant de trottoir pour éviter les quelques plaques de glace qui ont survécu au soleil. (Mais vu que t'es pas super originale, tu te décourages vite du line-up de 2 h et tu te rabats sur un Drumstick au dépanneur.)

Des  fois, mars, c’est vraiment poche. Des fois (souvent), mars, c’est ça :

Tes mini-shorts achetés en février te dévisagent, l’air de dire « c’est quoi là, tu nous voulais super gros pis maintenant que tu nous as, tu nous tiens pour acquises et tu nous touches plus? »  Tu scrappes de sel tes nouveaux souliers portés prématurément parce que t’en pouvais juste plus de tes bottes trop lourdes.

(Ma vie tourne beaucoup autour de mon garde-robe; c’est totalement assumé.)

Bref, mars, c’est juste une petite garce qui nous fait croire que parce que le soleil se couche plus tard, il va être plus chaud.

C’est faux.

Mars, c’est 2/3 d’hiver, 1/3 de printemps. 

Dans un autre ordre d’idées, totalement : parlant de mars, quelqu’un peut me dire à quel moment les barres Mars au chocolat blanc ont disparu, pourquoi, et surtout, pour quelle raison personne ne m’a avisée à l’avance?


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2 février 2014

Arrêter d'être aveugle (ou comment bien utiliser la canne rouge et blanc)

** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée, yay!!! Merci A-A! **

14 FE, que c'était écrit sur le carton de lait sans lactose qui, déjà, avait connu des jours meilleurs. Avant. C'est pour 14 février ou pour février 2014? Si c'est février 2014, ça veut-tu dire qu'il est "moins meilleur" à partir du 1er ou bien il empire (ou expire) seulement le 28? Ou le 29?

C'est-tu une année bissextile?

Un autre carton vous confirme que le chiffre ne représente pas l'année. 14 FE 14, jour fatidique où le lait n'est plus meilleur. Il vous semble avoir noté un rendez-vous ce jour-là... coiffeuse, dentiste, garage?

Vous cherchez le calendrier des yeux, mais il y a longtemps que vous n'en accrochez plus au mur. Le temps passe trop vite de toute façon, vous étiez encore à la page février rendu en juillet. C'est là qu'elles vous sautent aux yeux.

Les cannes rouge et blanc.

Elles traînent au bout du comptoir. Personne ne s'en sert depuis des mois. Pourtant, elles sont toujours là, si près de la poubelle que vous auriez pu les garrocher dedans d'un geste décidé et passer à autre chose. Vous avez même une petite pensée que si vous étiez parent, vous pourriez toujours vous justifier que les enfants les ont laissées là au cas où un lutin aveugle en aurait besoin... mais vous n'êtes pas parent.

Si vous l'étiez, vous vous imaginez que plus aucun vestige de Noël ne traînerait chez vous depuis longtemps.

Vous êtes en retard tout le temps, alors vaut mieux l'être pour une bonne cause cette fois. Celle d'étirer Noël pendant encore deux mois après la date Meilleur Avant. Parce que oui, ça aurait été meilleur avant, mais vous n'aviez pas une minute, vous aviez un horaire de travail inversement proportionnel aux vacances des autres. Alors, avec févrilité, vous savourez Noël jusqu'à sa date d'échéance, ou avant que le prochain hit commercial au calendrier vienne vous donner une nouvelle bonne raison d'ingurgiter du chocolat et du vin en abondance...

Curieux à quel point les ingrédients sont les mêmes pour célébrer ou pour oublier la Satin-Valentin.

Alors vous sortez la recette de biscuits au chocolat blanc et aux cannes en bonbon de Ricardo.

Pis comme les biscuits, c'est bon avec du lait...
Pis comme le rouge et le blanc mélangés, ça fait rose...

Bin ça met du satin sur les aspérités de février.


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