Heureusement, je ne suis pas encore assez connue pour être détestée à grande échelle.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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2 novembre 2011
13 septembre 2011
Parlons franchement
Je vais peut-être avoir l'air de faire la morale psychopop moche et cliché au genre humain, mais j'écris en fait ce billet un peu comme un aide-mémoire en tant que Val-du-présent assez heureuse pour la Val-du-futur qui vivra certainement encore des moments plus difficiles (parce que c'est la vie, dah).
Alors voilà, chère Val-du-futur, je vais te raconter ton histoire, une histoire des plus banales mais qui, présentement du futur, te fait probablement paniquer au carré.
Tu as eu une insatisfaction, une envie, un coup dur.
Tu as pris une décision difficile, ou subit celle de quelqu'un d'autre, ou même celle de la vie.
Tu pleures depuis deux jours, les pieds dans le vide, la peur au ventre, les idées sur repeat dans ta tête.
Pourquoi ça m'arrive? J'aurais tellement pas dû... Qu'est-ce que je viens de faire? Mais d'in coup que ça marche pas? Ah j'voulais pas que ça se passe comme ça... Qu'est-ce que les gens vont penser de moi? Qu'est-ce que je suis supposée faire? Pis de quoi je vais avoir l'air si j'échoue? Qu'est-ce que les gens vont penser de moi? Qu'est-ce que les gens vont bien pouvoir penser de moi??
Voici les réponses : ce que tu vis est normal et commun, c'est arrivé à des milliers avant toi et ça va arriver encore. Ça rend pas les choses plus faciles à vivre, mais ça aide un peu à moins te juger et à envisager que quelqu'un quelque part puisse comprendre ce que tu vis; parce que quelqu'un quelque part peut comprendre ce que tu vis.
Avoir l'impression de tomber dans le vide, c'est évident que c'est paniquant, mais ça ne veut pas dire que c'est insurmontable : tu dois t'accrocher à ce qui n'a pas changé. Oui mais tout chie en même temps! Ah oui, tout, vraiment? La totalité de tes amitiés, ton couple, ta famille, ta job, ta santé, ta maison, tes loisirs, l'argent, tes études, tes rêves, tes beaux souvenirs, tout? Prends la liste, biffe ce qui a foutu le camp et concentre-toi sur le reste : c'est ta bouée (elle a nagé jusqu'à mon lit / j'ai cru qu'elle allait se noyer).
Même si bien des gens ne sont pas d'accord avec tes choix ou avec tes réactions, ceux qui doivent compter pour toi sont ceux qui sont quand même là pour t'aider quand ça chie, peu importe si tu a provoqué ce qui t'arrive ou non. On s'en fout du coupable, sérieux. On a tous été coupable un jour ou l'autre. Jésus avait tellement tout catché avec sa patente de jetage de pierre! Pense à Jésus, Val-du-futur, pense à Jésus.
Tu ne peux pas te faire avoir par ta propre vie : tu ne peux que la vivre à ta façon. Tu vis une histoire qui va se terminer à un moment donné, peu importe la raison, ne serait-ce que par ton éventuelle mort.
Tes peurs n'y changeront rien.
Alors vis cette histoire qui t'arrive là maintenant, c'est tout. Pas besoin que ce soit utile, ni prometteur, ni rentable, ni justicieux, ni logique pour être intéressant et pour te faire grandir : on vit pour l'expérience. On ne vit pas pour un résultat, puisqu'il sera toujours le même.
Faque j'ai fini mon speech, t'as le droit de retourner pleurer un peu maintenant, tant que tu te souviens de ce que je viens de t'écrire.
Pendant que moi j'me tape un marathon de What Not to Wear en ayant le goût de renouveler toute ma garde-robe.
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Alors voilà, chère Val-du-futur, je vais te raconter ton histoire, une histoire des plus banales mais qui, présentement du futur, te fait probablement paniquer au carré.
Tu as eu une insatisfaction, une envie, un coup dur.
Tu as pris une décision difficile, ou subit celle de quelqu'un d'autre, ou même celle de la vie.
Tu pleures depuis deux jours, les pieds dans le vide, la peur au ventre, les idées sur repeat dans ta tête.
Pourquoi ça m'arrive? J'aurais tellement pas dû... Qu'est-ce que je viens de faire? Mais d'in coup que ça marche pas? Ah j'voulais pas que ça se passe comme ça... Qu'est-ce que les gens vont penser de moi? Qu'est-ce que je suis supposée faire? Pis de quoi je vais avoir l'air si j'échoue? Qu'est-ce que les gens vont penser de moi? Qu'est-ce que les gens vont bien pouvoir penser de moi??
Voici les réponses : ce que tu vis est normal et commun, c'est arrivé à des milliers avant toi et ça va arriver encore. Ça rend pas les choses plus faciles à vivre, mais ça aide un peu à moins te juger et à envisager que quelqu'un quelque part puisse comprendre ce que tu vis; parce que quelqu'un quelque part peut comprendre ce que tu vis.
Avoir l'impression de tomber dans le vide, c'est évident que c'est paniquant, mais ça ne veut pas dire que c'est insurmontable : tu dois t'accrocher à ce qui n'a pas changé. Oui mais tout chie en même temps! Ah oui, tout, vraiment? La totalité de tes amitiés, ton couple, ta famille, ta job, ta santé, ta maison, tes loisirs, l'argent, tes études, tes rêves, tes beaux souvenirs, tout? Prends la liste, biffe ce qui a foutu le camp et concentre-toi sur le reste : c'est ta bouée (elle a nagé jusqu'à mon lit / j'ai cru qu'elle allait se noyer).
Même si bien des gens ne sont pas d'accord avec tes choix ou avec tes réactions, ceux qui doivent compter pour toi sont ceux qui sont quand même là pour t'aider quand ça chie, peu importe si tu a provoqué ce qui t'arrive ou non. On s'en fout du coupable, sérieux. On a tous été coupable un jour ou l'autre. Jésus avait tellement tout catché avec sa patente de jetage de pierre! Pense à Jésus, Val-du-futur, pense à Jésus.
Tu ne peux pas te faire avoir par ta propre vie : tu ne peux que la vivre à ta façon. Tu vis une histoire qui va se terminer à un moment donné, peu importe la raison, ne serait-ce que par ton éventuelle mort.
Tes peurs n'y changeront rien.
Alors vis cette histoire qui t'arrive là maintenant, c'est tout. Pas besoin que ce soit utile, ni prometteur, ni rentable, ni justicieux, ni logique pour être intéressant et pour te faire grandir : on vit pour l'expérience. On ne vit pas pour un résultat, puisqu'il sera toujours le même.
Faque j'ai fini mon speech, t'as le droit de retourner pleurer un peu maintenant, tant que tu te souviens de ce que je viens de t'écrire.
Pendant que moi j'me tape un marathon de What Not to Wear en ayant le goût de renouveler toute ma garde-robe.
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26 avril 2011
Le suicide
La session étant enfin terminée, j'ai pu rattraper le retard que j'avais dans ma lecture de magazines dits ''féminins'', et c'est comme ça que je suis tombée sur la chronique du mois d'avril d'Anne-Marie Lecomte, que je lis depuis presque toujours dans le Châtelaine, où elle se confie sur le suicide de son fils de 16 ans en novembre dernier.
Ouch. Premièrement, j'ai vraiment pleuré tout le long, quel texte d'une tristesse indéfinissable! Mais au-delà du message d'encouragement (vain) que je pourrais vouloir envoyer à Mme Lecomte, j'aimerais plutôt me (vous) poser certaines questions sur la vie, la mort, et ceux qui choisissent la mort.
Elle écrit que ''la mort d'un enfant par suicide n'est la faute de personne. Mais [qu'elle] est, du même souffle, la faute de tout le monde''. Ce à quoi j'ai envie de répondre METS-EN.
C'est évident qu'à force de courir après quelque chose qui nous échappe constamment, on peut peut-être appeler ça le bonheur, on finit par trébucher une fois de trop et abandonner. D'un côté, on se le fait vendre à coups de publicités nous vantant les mérites d'un produit, d'un chandail, d'une chaussure, d'une crème, d'un voyage, d'un film, d'un restaurant, d'un vin, d'un bar, d'une destination tendance, d'une compagnie de cellulaire. Acheter son bonheur, tant mieux pour ceux qui ont l'ascension sociale facile, tant pis pour les pauvres.
Mais encore mieux : les autres ripostent en encensant des ''produits'' bien plus difficiles à se procurer, du genre la famille, les enfants, les soirées entre amis, l'amour. L'a-fucking-mour. Même les Beatles y vont d'un ''all you need is love''!
Alors on fait quoi quand ça marche pas? On fait quoi quand on est seul, malgré tous les efforts qu'on puisse faire, on fait quoi quand on n'a pas été gâté par la nature, on fait quoi quand on échoue à obtenir toutes ces choses qui nous paraissent si nécessaires, on fait quoi pour trouver un sens à notre vie? On fait quoi quand la drogue est pu assez forte pour nous donner le goût de recommencer le lendemain? On fait quoi quand la religion et la spiritualité sont deux tabous réservés aux vieilles granoles qui ont un capteur de rêves dans leur chambre?
Petite, on m'a toujours dit que je pouvais faire ce que je veux dans la vie, que j'avais juste à travailler fort et que tout était possible. Bin j'ai envie de vous dire une chose : non, vous ne ferez pas tout ce que vous voulez dans la vie, vous allez vous planter un jour ou l'autre, vous allez bûcher, vous allez pleurer, vous allez vous sentir seul ou inadéquat, vous allez avoir envie d'envoyer chier la planète au complet, vous allez sûrement aimer, et peut-être être trahi, vous allez même trahir, vous allez perdre, vous gagnerez aussi, et tout ça fera justement partie de vivre. Parce que vivre, c'est ça. Et qu'il faut quand même apprendre à cultiver l'espoir, et à provoquer de meilleures choses. En s'ouvrant aux autres; en s'ouvrant à nous-mêmes.
Je suis un peu tannée d'entendre le discours, pas juste des publicitaires mais bien de nous, de vous et de moi, comme quoi vous serez heureux quand la session sera finie, quand vous serez en vacances, quand vous tomberez enfin enceinte, quand votre SPM sera passé, quand vous aurez une minute à vous pour relaxer, quand vous serez déménagé, quand votre genou sera guéri, quand votre ex vous aura donné votre part du condo, quand vous aurez perdu 10 lbs, quand vous aurez un chum, quand vous l'aurez laissé, quand vous aurez un emploi, quand votre rhume sera fini, quand le soleil se pointera, quand le rush de l'impôt sera fini, quand votre belle-fille quittera la maison paternelle, quand vous allez avoir de l'argent ou une nouvelle voiture...
On peut pas essayer d'apprécier (au moins un peu) ce qu'on a LÀ? Maintenant, au très présent. Est-ce que je peux faire ça, moi? Je vous lance le défi.
Cherchez pas plus loin, profitez-en en vous rappelant tout ce qu'il peut y avoir de bon dans votre vie, dans votre passé, dans vos plans futurs. Souriez en vous réveillant le matin : vous êtes en vie, que vous le vouliez ou non.
Si vous sentez que quelqu'un autour de vous n'en peut plus, aidez-le, ne serait-ce qu'en le dirigeant vers quelqu'un plus doué que vous pour aider. Et à l'inverse, cognez à la porte de quelqu'un si jamais respirer est devenu trop lourd pour vous. S'il vous plaît.
Ok?
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Ouch. Premièrement, j'ai vraiment pleuré tout le long, quel texte d'une tristesse indéfinissable! Mais au-delà du message d'encouragement (vain) que je pourrais vouloir envoyer à Mme Lecomte, j'aimerais plutôt me (vous) poser certaines questions sur la vie, la mort, et ceux qui choisissent la mort.
Elle écrit que ''la mort d'un enfant par suicide n'est la faute de personne. Mais [qu'elle] est, du même souffle, la faute de tout le monde''. Ce à quoi j'ai envie de répondre METS-EN.
C'est évident qu'à force de courir après quelque chose qui nous échappe constamment, on peut peut-être appeler ça le bonheur, on finit par trébucher une fois de trop et abandonner. D'un côté, on se le fait vendre à coups de publicités nous vantant les mérites d'un produit, d'un chandail, d'une chaussure, d'une crème, d'un voyage, d'un film, d'un restaurant, d'un vin, d'un bar, d'une destination tendance, d'une compagnie de cellulaire. Acheter son bonheur, tant mieux pour ceux qui ont l'ascension sociale facile, tant pis pour les pauvres.
Mais encore mieux : les autres ripostent en encensant des ''produits'' bien plus difficiles à se procurer, du genre la famille, les enfants, les soirées entre amis, l'amour. L'a-fucking-mour. Même les Beatles y vont d'un ''all you need is love''!
Alors on fait quoi quand ça marche pas? On fait quoi quand on est seul, malgré tous les efforts qu'on puisse faire, on fait quoi quand on n'a pas été gâté par la nature, on fait quoi quand on échoue à obtenir toutes ces choses qui nous paraissent si nécessaires, on fait quoi pour trouver un sens à notre vie? On fait quoi quand la drogue est pu assez forte pour nous donner le goût de recommencer le lendemain? On fait quoi quand la religion et la spiritualité sont deux tabous réservés aux vieilles granoles qui ont un capteur de rêves dans leur chambre?
Petite, on m'a toujours dit que je pouvais faire ce que je veux dans la vie, que j'avais juste à travailler fort et que tout était possible. Bin j'ai envie de vous dire une chose : non, vous ne ferez pas tout ce que vous voulez dans la vie, vous allez vous planter un jour ou l'autre, vous allez bûcher, vous allez pleurer, vous allez vous sentir seul ou inadéquat, vous allez avoir envie d'envoyer chier la planète au complet, vous allez sûrement aimer, et peut-être être trahi, vous allez même trahir, vous allez perdre, vous gagnerez aussi, et tout ça fera justement partie de vivre. Parce que vivre, c'est ça. Et qu'il faut quand même apprendre à cultiver l'espoir, et à provoquer de meilleures choses. En s'ouvrant aux autres; en s'ouvrant à nous-mêmes.
Je suis un peu tannée d'entendre le discours, pas juste des publicitaires mais bien de nous, de vous et de moi, comme quoi vous serez heureux quand la session sera finie, quand vous serez en vacances, quand vous tomberez enfin enceinte, quand votre SPM sera passé, quand vous aurez une minute à vous pour relaxer, quand vous serez déménagé, quand votre genou sera guéri, quand votre ex vous aura donné votre part du condo, quand vous aurez perdu 10 lbs, quand vous aurez un chum, quand vous l'aurez laissé, quand vous aurez un emploi, quand votre rhume sera fini, quand le soleil se pointera, quand le rush de l'impôt sera fini, quand votre belle-fille quittera la maison paternelle, quand vous allez avoir de l'argent ou une nouvelle voiture...
On peut pas essayer d'apprécier (au moins un peu) ce qu'on a LÀ? Maintenant, au très présent. Est-ce que je peux faire ça, moi? Je vous lance le défi.
Cherchez pas plus loin, profitez-en en vous rappelant tout ce qu'il peut y avoir de bon dans votre vie, dans votre passé, dans vos plans futurs. Souriez en vous réveillant le matin : vous êtes en vie, que vous le vouliez ou non.
Si vous sentez que quelqu'un autour de vous n'en peut plus, aidez-le, ne serait-ce qu'en le dirigeant vers quelqu'un plus doué que vous pour aider. Et à l'inverse, cognez à la porte de quelqu'un si jamais respirer est devenu trop lourd pour vous. S'il vous plaît.
Ok?
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12 janvier 2011
La chienne
C'est à huit ans, à une fête d'amis où tu te tiens dans la piscine près du bord, scotchée au plastique, les lèvres mauves. C'est quand tout le monde saute en même temps en faisant des bombes et que toi tu ne sais pas encore nager, le bouillon que tu avales presque et qui te ressort par le nez.C'est dans la cour d'école, quand tu te tiens debout au milieu du cercle et que tout le monde rit. C'est lire le numéro 2 du Club des Baby-Sitters dans un coin à la récré. C'est l'odeur du ballon que t'enroules autour du poteau à grands coups de poing avec les rejets de ton année pendant toute la troisième étape parce que la chef de ta gang t'a mise dehors.
C'est la veille de la première journée au secondaire, la tension qui te garde réveillée alors que tu veux dormir. C'est la lumière que tu allumes aux cinq minutes pour regarder ton horaire du lendemain et mémoriser les numéros de classe, ton jeans et ton chandail préférés qui t'attendent sur une chaise, un bouton qui te pousse sur le nez.
C'est au début de l'adolescence, quand tu passes la soirée à embrasser ton premier vrai amour et qu'il est trop excité. C'est quand il te pèse sur la tête pour te forcer à le sucer, quand il vient dans ta bouche sans rien demander, le haut-le-cœur que tu réprimes, les deux aspirines que tu avales dans la salle de bain.
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18 décembre 2010
À l'infini(tif)
Sortir en pyjama.
Rentrer.
Mettre un manteau et une tuque.
Ressortir.
Marcher des heures.
Briser ses tympans.
Espionner les gens.
Croiser un ami.
Engourdir son foie.
Juste une fois.
Brûler ses cellules.
Marcher un peu plus.
Multiplier les amis.
Rire.
Parler aux gens sans le faire.
Être avec eux sans les écouter.
S'en sortir.
Regarder sa montre.
En prendre une autre.
Oublier le temps.
Être dans une place inconnue.
Ne pas se poser de questions.
Espionner les gens.
Disparaître.
Oublier de dormir.
Prendre une douche.
Recommencer.
S'étourdir.
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Rentrer.
Mettre un manteau et une tuque.
Ressortir.
Marcher des heures.
Briser ses tympans.
Espionner les gens.
Croiser un ami.
Engourdir son foie.
Juste une fois.
Brûler ses cellules.
Marcher un peu plus.
Multiplier les amis.
Rire.
Parler aux gens sans le faire.
Être avec eux sans les écouter.
S'en sortir.
Regarder sa montre.
En prendre une autre.
Oublier le temps.
Être dans une place inconnue.
Ne pas se poser de questions.
Espionner les gens.
Disparaître.
Oublier de dormir.
Prendre une douche.
Recommencer.
S'étourdir.
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3 octobre 2010
West Edmonton Mall, manne
Je ne sais pas si vous êtes de ma génération.
Je ne sais pas non plus combien de temps il est légal de conserver le même cahier de lecture dans une matière enseignée au secondaire.
Toujours est-il que si vous êtes un cépage des années 80, probablement que vous avez comme moi découvert le West Edmonton Mall dans un cours d'anglais au secondaire.

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaa le West Edmonton Mall...
Foul de boutiques, foul de jeux, un sous-marin, un zoo, une méga piscine, un hotel, des chambres thématiques : le rêve, quoi. Avec mes amies de filles, on s'était dit que plus tard, on ferait un road trip jusqu'au West Edmonton Mall pour enfin voir en vrai ce que c'est pis qu'on dormirait dans la chambre thématique africaine.
Bon.
Ok, on s'entend qu'on l'a pas fait. Si je peux me permettre de répondre à un blog lu récemment, je dirais que la vie, c'est un peu comme le West Edmonton Mall. Quand on s'en fait parler, plus jeune, on est vraiment impressionné, on se dit que ça doit être quelque chose de drôlement excitant pis on a hâte de grandir pour pouvoir l'expérimenter.
Puis, on grandit. On se rend compte que les chambres thématiques ont en fait une décoration assez cheap-quétaine merci, et que les boutiques restent en majorité les mêmes que dans tout bon centre commercial qui se respecte. On réalise que des glissades d'eau, y'en à Bromont, pis que la Ronde a des manèges pas mal plus excitants que ceux du West Edmonton Mall (et même la Ronde, on s'en lasse).
C'est un peu comme ma sœur qui est entrée dans une maison identique à celle de notre enfance et qui m'a dit : ''Me semble que la cuisine me paraissait vraiment plus grosse quand j'étais petite : en vrai, c'est minuscule!''
On est juste vieux, on connaît plein de trucs, on a un esprit critique. Notre vision des choses n'est plus la même. On pourrait être tenté de chigner qu'on s'est fait vendre du rêve, comme mon livre d'anglais qui faisait de la propagande capitaliste (j'me trouve vraiment drôle, lol lol lol) en nous vantant les mérites d'un simple centre d'achats (je sais, c'est un anglicisme, j'm'en fous). On pourrait faire ça.
Mais le truc, c'est que le West Edmonton Mall, il existe encore. Ce n'est pas un mirage. Il est comme dans mon livre, sûrement même upgradé. Il n'est pas responsable de mon intellect qui s'enorgueillit d'un esprit critique.
Au fond, si j'ai envie de trouver ça hot, encore aujourd'hui, le West Edmonton Mall, bin il n'en tient qu'à moi de le faire. Mon point de vue a changé en 10 ans; il peut encore le faire si j'le provoque un peu.
Y'a personne qui va arriver devant moi par magie pour me dire qu'au fond, le West Edmonton Mall est encore plusss plusss hot que tout ce que j'avais pu imaginer à 14 ans.
Y'a personne qui va vous arrêter dans la rue pour essayer de vous convaincre que la vie est superbe (ah zut, peut-être que oui au fond, peut-être un illuminé d'une secte quelconque, mais écoutez-le pas, y veut votre argent) : c'est à vous de vous en convaincre. C'est votre job. C'est entre vos mains.
Yo gang, ça existe pas, la magie.
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Je ne sais pas non plus combien de temps il est légal de conserver le même cahier de lecture dans une matière enseignée au secondaire.
Toujours est-il que si vous êtes un cépage des années 80, probablement que vous avez comme moi découvert le West Edmonton Mall dans un cours d'anglais au secondaire.

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaa le West Edmonton Mall...
Foul de boutiques, foul de jeux, un sous-marin, un zoo, une méga piscine, un hotel, des chambres thématiques : le rêve, quoi. Avec mes amies de filles, on s'était dit que plus tard, on ferait un road trip jusqu'au West Edmonton Mall pour enfin voir en vrai ce que c'est pis qu'on dormirait dans la chambre thématique africaine.
Bon.
Ok, on s'entend qu'on l'a pas fait. Si je peux me permettre de répondre à un blog lu récemment, je dirais que la vie, c'est un peu comme le West Edmonton Mall. Quand on s'en fait parler, plus jeune, on est vraiment impressionné, on se dit que ça doit être quelque chose de drôlement excitant pis on a hâte de grandir pour pouvoir l'expérimenter.
Puis, on grandit. On se rend compte que les chambres thématiques ont en fait une décoration assez cheap-quétaine merci, et que les boutiques restent en majorité les mêmes que dans tout bon centre commercial qui se respecte. On réalise que des glissades d'eau, y'en à Bromont, pis que la Ronde a des manèges pas mal plus excitants que ceux du West Edmonton Mall (et même la Ronde, on s'en lasse).
C'est un peu comme ma sœur qui est entrée dans une maison identique à celle de notre enfance et qui m'a dit : ''Me semble que la cuisine me paraissait vraiment plus grosse quand j'étais petite : en vrai, c'est minuscule!''
On est juste vieux, on connaît plein de trucs, on a un esprit critique. Notre vision des choses n'est plus la même. On pourrait être tenté de chigner qu'on s'est fait vendre du rêve, comme mon livre d'anglais qui faisait de la propagande capitaliste (j'me trouve vraiment drôle, lol lol lol) en nous vantant les mérites d'un simple centre d'achats (je sais, c'est un anglicisme, j'm'en fous). On pourrait faire ça.
Mais le truc, c'est que le West Edmonton Mall, il existe encore. Ce n'est pas un mirage. Il est comme dans mon livre, sûrement même upgradé. Il n'est pas responsable de mon intellect qui s'enorgueillit d'un esprit critique.
Au fond, si j'ai envie de trouver ça hot, encore aujourd'hui, le West Edmonton Mall, bin il n'en tient qu'à moi de le faire. Mon point de vue a changé en 10 ans; il peut encore le faire si j'le provoque un peu.
Y'a personne qui va arriver devant moi par magie pour me dire qu'au fond, le West Edmonton Mall est encore plusss plusss hot que tout ce que j'avais pu imaginer à 14 ans.
Y'a personne qui va vous arrêter dans la rue pour essayer de vous convaincre que la vie est superbe (ah zut, peut-être que oui au fond, peut-être un illuminé d'une secte quelconque, mais écoutez-le pas, y veut votre argent) : c'est à vous de vous en convaincre. C'est votre job. C'est entre vos mains.
Yo gang, ça existe pas, la magie.
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6 septembre 2010
John Cusack
Puisque ça prend un gars pour l'histoire, aussi bien que ce soit John Cusack qui se tient debout avec une boombox au bout des bras pis une toune quétaine des années 1980 qui en crie. Il est brun, il est grand, il est déterminé, il est rassurant, et pourtant il a la moue d'un gamin, ses petites lèvres pas tant charnues mais trop invitantes, on en a l'eau à la bouche rien que de les regarder parler, on aimerait que son long monologue décousu et incongru nous soit adressé, sa nervosité, sa maladresse, sa franchise, on voudrait que ce soit pour nous tout ça parce que c'est beaucoup trop attendrissant.Je vais changer de sujet maintenant parce que je suis en tachycardie.
Tout part d'une onde, l'harmonie d'une variation constante et solide qui module la vie, c'est comme les marées qui obéissent à la lune, sauf que tout se fait dans le coeur, dans le corps, et qu'on a le contrôle sur notre propre lune. L'automaréation de sa vie.
J'ai rencontré mon John Cusack à moi quand j'avais 16 ans. J'aimerais pouvoir dire que ça a été le coup de foudre et qu'on ne se lâchait plus d'une semelle, mais la vérité c'est qu'il était simplement l'ami d'un ami, et que son plus grand attrait à mes yeux était le mystère qu'il créait autour de lui en étant silencieux. Pendant deux ans, nous nous sommes côtoyés avec une drôle de tension, mais jamais rien de vécu, sauf peut-être ce soir du réveillon 2001 où nous avions presque fait l'amour, mais non. Y'a de ces longues promenades qui sont effacées par la neige.
On s'est perdus de vue. C'était la fin du secondaire, et donc de bien des choses. Je me suis souvent demandée où il était, s'il était seul, ce qu'il faisait. J'avais de ses nouvelles un peu par le biais de l'ami commun : il fut même un temps où mon John Cusack était tout ce que j'avais en commun avec cet ami commun. Je voyais son visage quand j'entendais du Radiohead. On s'informait l'un l'autre si l'autre était célibataire quand on l'était, on savait qu'on le faisait. On a pensé à ça pendant 7 ans (bon, pas 24 heures sur 24, quand même) puis on s'est retrouvés sur Facebook.
Bien sûr, c'est un peu lame. Mais c'est ça, vivre sa vingtaine au son des années 2000.
Ça fait 407 mots que je parle de lui sans le nommer. Je ne le nommerai pas. C'est comme si j'avais peur que ça porte malheur, c'est comme pour Voldemort. Il est facebookement réapparu dans ma vie, sorti de nulle part, en couple, gnan. L'interdit aidant, nous n'avons pu que nous rappeler à quel point nous revenions parfois dans les pensées de l'autre.
Évidemment, il avait changé de ville, et quand il est revenu, j'avais changé de ville. On s'en fout. C'est comme si je savais qu'on allait se retrouver à un moment donné, va savoir à quel aéroport, mais ça va vraiment avoir l'air d'un film de filles, de l'inattendu tendu, sensuel, assumé, assouvi. On va avoir 35 ans, ou peut-être 40. On va enfin être tous les deux seuls en même temps, pour la première fois. Tsé, quelque chose de glorieux.
Sauf que. Hier.
''Hey, salut Val! J'voulais juste te dire que j'suis single comme du fromage Kraft pis que j'reviens au Québec d'ici la fin de mois! xxx''
C'était pas supposé arriver hier.
_____
** Papa, maman, matante, soeurrette, amis, amies, collègues : je vous rappelle tendrement que je ne fais pas que publier ma vie, ici : j'écris aussi de la fiction, des fois. Comme dans ''pas ma vraie vie, histoire inventée''.**
23 juillet 2010
Le tit boutte de verre
Vous vous rappelez peut-être ce matin de grâce où j'ai échappé un verre par terre dans ma chambre. Et les mille miettes qui ont suivi.
C'était il y a longtemps.
Depuis ce temps, je n'avais pourtant toujours pas trouvé la motivation de passer un balai dans ma chambre. En fait, c'est encore le cas : je n'ai pas passé le balai depuis. J'ai seulement ramassé les plus gros morceaux de vitre. Lâche de même. Crottée comme ça.
Au pied de mon lit, il y a un tit boutte de verre qui traîne. Mon défi quotidien consiste à me promener nus pieds dans ma chambre sans me l'enfoncer dans la plante. C'est comme rendu mon ami, un compagnon de vie qui m'aide à cheminer et à devenir une meilleure personne, une préoccupation qui me suit en tout temps. Même la nuit, je sais exactement où se trouve la lame sournoise et je l'évite (ou je lévite, qui sait) avec brio.
Toute bonne chose a une fin : je viens de me rendre compte que le tit boutte de verre était pu à sa place.
...
Fan-tan-tan!! (musique de suspense intense)
_____
C'était il y a longtemps.
Depuis ce temps, je n'avais pourtant toujours pas trouvé la motivation de passer un balai dans ma chambre. En fait, c'est encore le cas : je n'ai pas passé le balai depuis. J'ai seulement ramassé les plus gros morceaux de vitre. Lâche de même. Crottée comme ça.
Au pied de mon lit, il y a un tit boutte de verre qui traîne. Mon défi quotidien consiste à me promener nus pieds dans ma chambre sans me l'enfoncer dans la plante. C'est comme rendu mon ami, un compagnon de vie qui m'aide à cheminer et à devenir une meilleure personne, une préoccupation qui me suit en tout temps. Même la nuit, je sais exactement où se trouve la lame sournoise et je l'évite (ou je lévite, qui sait) avec brio.
Toute bonne chose a une fin : je viens de me rendre compte que le tit boutte de verre était pu à sa place.
...
Fan-tan-tan!! (musique de suspense intense)
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15 mai 2010
4 mai 2010
On dormira demain
Lundi
Travailler un gros 8 heures.
À la 4e heure, être fatiguée et déjà avoir mal à la tête.
Se jurer de se coucher tôt le soir venu.
Comme si on savait pas que c'est provoquer l'inverse.
Voir le soir venir.
Faire sa petite routine.
Avoir hâte de dormir.
Ne se douter de rien.
Clavarder un peu avec un ami.
Trouver ça moche de ne pas le voir.
Décider de l'inviter à prendre un café.
Prendre un verre, plutôt.
Parler longtemps.
Continuer à parler à l'appart plutôt qu'au Siboire.
Jaser jusqu'à 1 heure du matin.
Se coucher morte raide en se sentant un peu coupable.
Dormir trop peu.
Mardi
Se réveiller à 6 h 30 et trouver ça pénible.
Entendre le radio-réveil cracher du Kaïn... "On dormira demain."
Sourire dans son lit de cette bonne joke de Dieu.
Écrire un post de blog sur le sujet.
Avant de se jurer de se coucher tôt le soir venu.
_____
Travailler un gros 8 heures.
À la 4e heure, être fatiguée et déjà avoir mal à la tête.
Se jurer de se coucher tôt le soir venu.
Comme si on savait pas que c'est provoquer l'inverse.
Voir le soir venir.
Faire sa petite routine.
Avoir hâte de dormir.
Ne se douter de rien.
Clavarder un peu avec un ami.
Trouver ça moche de ne pas le voir.
Décider de l'inviter à prendre un café.
Prendre un verre, plutôt.
Parler longtemps.
Continuer à parler à l'appart plutôt qu'au Siboire.
Jaser jusqu'à 1 heure du matin.
Se coucher morte raide en se sentant un peu coupable.
Dormir trop peu.
Mardi
Se réveiller à 6 h 30 et trouver ça pénible.
Entendre le radio-réveil cracher du Kaïn... "On dormira demain."
Sourire dans son lit de cette bonne joke de Dieu.
Écrire un post de blog sur le sujet.
Avant de se jurer de se coucher tôt le soir venu.
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17 avril 2010
De la relativité de la vie
Y'a des gens qui sont à l'hôpital, en train de souffrir (quand ça n'est pas mourir).
Y'a des gens qui n'ont pas un rond pour manger, aujourd'hui.
Y'a des parents qui cherchent leur enfant perdu depuis des années.
Y'a des enfants qui enterrent leurs parents, décédés trop jeunes.
Y'a des gens qui cherchent un dernier souvenir dans les décombres de leur maison.
Y'a des gens qui ont tout perdu à cause d'un crosseur financier.
Y'a des gens qui se battent pour avoir le droit de voter.
Y'a des femmes violées qui sont pointées du doigt par leur communauté.
Y'a des hommes qui ne voient leurs enfants qu'une fin de semaine sur deux.
Y'a des gens qui se demandent par quel moyen se suicider.
Y'a des gens qui avalent 30 pilules par repas simplement pour vivre normalement.
Y'a des gens qui n'ont pas parlé à personne depuis des jours.
Et moi, et moi...
Je chiale parce qu'il n'y a plus de lait dans le frigo pis que j'peux pas manger de céréales.
(...)
_____
Y'a des gens qui n'ont pas un rond pour manger, aujourd'hui.
Y'a des parents qui cherchent leur enfant perdu depuis des années.
Y'a des enfants qui enterrent leurs parents, décédés trop jeunes.
Y'a des gens qui cherchent un dernier souvenir dans les décombres de leur maison.
Y'a des gens qui ont tout perdu à cause d'un crosseur financier.
Y'a des gens qui se battent pour avoir le droit de voter.
Y'a des femmes violées qui sont pointées du doigt par leur communauté.
Y'a des hommes qui ne voient leurs enfants qu'une fin de semaine sur deux.
Y'a des gens qui se demandent par quel moyen se suicider.
Y'a des gens qui avalent 30 pilules par repas simplement pour vivre normalement.
Y'a des gens qui n'ont pas parlé à personne depuis des jours.
Et moi, et moi...
Je chiale parce qu'il n'y a plus de lait dans le frigo pis que j'peux pas manger de céréales.
(...)
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4 avril 2010
Insomnie
Ça faisait un moment que ça m'était arrivé et là... Vlan! Les petits chiffres rouges sur mon réveil-matin mauve, turquoise et blanc (feat. 1990) indiquent 4:18.
Et moi, mes yeux sont grand ouverts. Je sens mon poul battre contre mon oreiller : je vous jure, je suis certaine qu'on peut voir ma gorge bouger sous les pulsations! Mes pensées roulent à fond la caisse et voguent de l'amour à l'école, de la job au déménagement, de la couleur de ma future chambre au dîner de Pâques demain, que dis-je, tantôt. Et j'ai mal à la tête, et je veux dormir, JE VEUX DORMIR, BORDEL!
Mais non, ça a l'air.
Plus de deux heures plus tard, après avoir fait le tour de la vie sociale facebookienne d'à peu près tous mes "amis", j'ai toujours les yeux aussi ouverts et je vois le soleil se lever dehors. Si j'avais un char, j'irais chercher de l'eau de Pâques. Au lieu de ça, j'ai une illumination.
La vie est belle.
Je pense à tous mes amis que j'aime tant, à la belle journée d'hier où il faisait si beau et si chaud; je pense aux soirées arrosées du passé et à celles à venir, aux anecdotes pas possibles qui y sont rattachées; je me rappelle Nice, Barcelone et le train, j'imagine l'eau frette d'Old Orchard sur mes chevilles; je revois Lou, bébé, minuscule, endormi dans mes bras avec un beau filet de bave qui vient me mouiller l'épaule; je pense à ma petite sœur qui a fini l'école... l'université; j'écoute de la musique et je trouve ça beau, je prends ma guitare et je grattouille un peu... La vie est vraiment belle.
(...)
Mais au bout du compte, je ne dors pas alors que je voudrais dormir.
Alors je vous emmerde avec ça pour me venger de la vie, si belle mais si ingrate!
_____
Et moi, mes yeux sont grand ouverts. Je sens mon poul battre contre mon oreiller : je vous jure, je suis certaine qu'on peut voir ma gorge bouger sous les pulsations! Mes pensées roulent à fond la caisse et voguent de l'amour à l'école, de la job au déménagement, de la couleur de ma future chambre au dîner de Pâques demain, que dis-je, tantôt. Et j'ai mal à la tête, et je veux dormir, JE VEUX DORMIR, BORDEL!
Mais non, ça a l'air.
Plus de deux heures plus tard, après avoir fait le tour de la vie sociale facebookienne d'à peu près tous mes "amis", j'ai toujours les yeux aussi ouverts et je vois le soleil se lever dehors. Si j'avais un char, j'irais chercher de l'eau de Pâques. Au lieu de ça, j'ai une illumination.
La vie est belle.
Je pense à tous mes amis que j'aime tant, à la belle journée d'hier où il faisait si beau et si chaud; je pense aux soirées arrosées du passé et à celles à venir, aux anecdotes pas possibles qui y sont rattachées; je me rappelle Nice, Barcelone et le train, j'imagine l'eau frette d'Old Orchard sur mes chevilles; je revois Lou, bébé, minuscule, endormi dans mes bras avec un beau filet de bave qui vient me mouiller l'épaule; je pense à ma petite sœur qui a fini l'école... l'université; j'écoute de la musique et je trouve ça beau, je prends ma guitare et je grattouille un peu... La vie est vraiment belle.
(...)
Mais au bout du compte, je ne dors pas alors que je voudrais dormir.
Alors je vous emmerde avec ça pour me venger de la vie, si belle mais si ingrate!
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