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1 avril 2014

Avril (ou quand Chewbacca s'est tapé 10 livres de thon rouge, en mauvaise blague, pendant que Jésus cherchait des cocos de Pâques en écoutant du Ingrid St-Pierre qui écoute du Angus and Julia Stone)

** Cet article a été rédigé par une blogueuse invitée : merci, M̶a̶r̶i̶e̶-̶C̶l̶a̶u̶d̶e̶ Marie-Claire! **


Un homme m'a dit, il y a longtemps, qu'avril était le pire mois de l'année; qu’il était inutile. Moi, je ne comprenais pas trop son raisonnement, je n'étais pas vraiment en accord. Mais je l'écoutais, fascinée par ses idées, et buvais ses paroles comme une pauvre adolescente de 16 ans trop émerveillée par le vocabulaire de plus de 3 syllabes qu'il utilisait dans une si parfaite syntaxe. C'est comme s'il était tombé dans la potion magique du dictionnaire des cooccurrences quand il était petit. Faut voir ça comme on veut, mais moi, c'était assez pour me faire ovuler. Presque autant que les chansons de Louis-Jean Cormier. Parce qu'il était d'une étrange beauté, qu'il avait des yeux verts perçants et qu'il faisait bien l'amour. Le presque vrai. Celui qu'on fait avec ses mains, avec sa bouche, avec sa langue, avec tout son corps. Tsé, pas juste y'inque avec sa queue… mais pas toujours avec ses yeux.

Reste que j'étais quand même pas d'accord avec lui! Avril, c'est le début du printemps. Le printemps, c'est la saison des amours. C'est quand tout se réveille autour de nous. Par déduction mathématique primaire et mal organisée, avril, C'EST l'amour!

Avril, ça sent le soleil qui chauffe, la neige qui fond. Ça sent le spectacle de danse qui arrivait à grands pas. Ça sent la tonne de spray net sur les dizaines de bigoudis qui trônait sur ma tête pendant 12 heures, pour que je sois la plus belle. C'est le sentiment d'accomplissement, debout, au devant de la scène. Pendant que tout le monde me suivait, parce que c'était moi la meilleure.

Avril, c'est des poissons en papier collés dans le dos, des rires d’enfants et du plaisir avec pas grand chose. Nous, on était wise, on cachait des cannes de thon dans les chaussures de mon père. Pis c’était hilarant!

Avril, c'est le traditionnel brunch de Pâques avec toute la famille. C'est la chasse au trésor qui menait à notre lapin en chocolat qu'on avait le droit de bouffer au déjeuner. C’est les courses dans la maison, en pieds de bas, pour rattraper mon frère qui m’avait volé un œil en bonbon. C'est les matins d'excursion, avec la gang de l'université, à aller cueillir l'eau de Pâques dans le petit ruisseau à côté du chalet.

Avril, c’est une journée un peu dernière minute à la cabane à sucre, avec les amis et leurs kids. Parce qu’on est rendus là.

Avril, c'est profiter des premiers rayons du soleil sur une terrasse dans le Vieux-Terrebonne, avec nos manteaux de printemps, nos lunettes de soleil, une bière et un nachos. C'est regarder les gens passer, sourire et être heureux!

Avril, c'est l'anniversaire de ma cousine, de mon cousin, de ma tante, de 35 de mes amis Facebook et de cinq de mes vrais amis.


Avril…
Avril.
Avril, c'est aussi ton anniversaire.


C'est le coupe-vent Point Zéro bleu marine et jaune moutarde laitte trop grand que je portais à 10 ans. C'est les bottes de pluie qui restaient coincées dans la boue, à côté d'un crottin de bébé chèvre et d'un petit vomi, vestige de la cinquième tire d'érable qu'on avait d'englouti. C'est la fois où j'suis tombée dans le ravin d'eau de Pâques et que j’ai chopé une bronchite pendant un mois. C'est grand-maman qui a encore oublié mon nom pendant le brunch. C'est matante Lucie qui a encore cassé une coupe de vin, parce qu'elle avait trop bu. C'est mononc’ Louis qui en a profité pour faire des jokes déplacées. C'est les nouvelles familles pleines de bonheur qui utilisent 87% du trottoir sur la rue Cartier avec leur poussettes doubles et qui m’empêchent d’avancer à mon rythme!

Avril, c’est le dernier mois socialement acceptable pour se laisser pousser le poil sur les jambes sans avoir à se raser tous les jours. Parce qu’après il faudra « être une fille », au « complet », en permanence (d’un coup qu’on croise le prince charmant dans la rue). Jusqu’à l’automne, où l’on pourra redevenir la version pin up de Chewbacca.

Avril, analogiquement parlant, c'est baiser avec le poissonnier du quartier. C'est se gaver de petits chocolats en remerciant Jésus d'avoir souffert comme le st-ciboire pour nous.

Avril, c'est sortir et se maquiller pour avoir l'impression d'être plus belle (peinture de guerre, princesse armée). Partir à la chasse, ou plutôt, à la pêche. Pour espérer pogner un poisson (sans trop penser qu'on pourrait être le poisson d'un autre). Sortir ses atouts avant de lancer sa ligne à l'eau. S’enrouler dans celle de quelqu'un d'autre, pour essayer encore un peu plus fort d'oublier. Finir sa soirée avec un inconnu, tout juste après avoir frenché dans les toilettes (parce que sur la terrasse, tout le monde fume, pis criss, y fait encore frette).

Baiser un peu trop vite, un peu trop mal, un peu trop pas-assez-comme-j'aurais-voulu. Pis s’endormir en pleurant, en silence. Dans les bras d'un autre. En pensant à toi, qui souffle ta 30e bougie. Dans les bras d'une autre. Pis me dire « Fuck, c'est con! », pendant que mes draps aimeraient se souvenir de toi.

Ouin…
Faque…

Finalement, c'est vrai qu'avril, ça sent un peu la marde.


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2 septembre 2012

Ciao-bye



Bon, après un mois d'absence, faut se rendre à l'évidence : c'est la fin de l'activité cérébrale (... eum, l'incontinente là, j'virerai quand même pas légume en cliquant sur ''publier'' talleur). J'ai pas de raison particulière, je me suis juste lassée de mon propre pas-de-concept. J'ai encore des tonnes de gribouillis dans mon calepin, mais je pense bien livrer ça sous une autre forme dans les prochains mois. Mais pas ici (même si ailleurs c'est trop loin).

Je garde le tout en ligne pour que les nostalgiques (genre moi-même, parce que je suis ma plus grande fan) se sustentent.

Ça me fait drôle, quand même.

Merci pour votre fidélité et votre amour virtuel :)

Je vous laisse sur une chanson qui symbolise pour moi ma passion pour le secrétariat et les différentes polices avec ou sans empattements de Word.

Valérie


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5 juillet 2012

Sur repeat

En pleine nuit, la clé dans la porte, les pas dans l'escalier, le son trop fort, la même chanson en boucle, personne dans la rue, personne dans la ville, les yeux qui prient, ton visage, les jambes qui brûlent, le cerveau qui disjoncte, le cœur qui abdique, ton visage ton visage, la lune pas pleine, les nuages rares, un autre quartier, le vent qui fouette, le vent merci, les heures qui passent, un cul de sac, les chats qui se lavent, les oiseaux qui chantent, s'il vous plaît non, le soleil qui se lève.

Pis moi qui rien.

Pis toi qui quoi?


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8 juin 2012

Le problème avec moi, c'est moi

Mais est-ce que tu le sais, ce qui te rendrait heureuse?

Non
Je ne sais pas

Du temps
De l'argent
De l'amour
La santé

Est-ce qu'on peut vraiment vouloir autre chose, dans la vie?
Un projet artistique
Des voyages
Du temps
De l'argent

Un chat
Non, juste de l'amour

Des pacotilles
Quelques livres en moins
Un grand piano
Ma sœur à deux coins de rue
Une carte postale inattendue
Un film qui fait rêver, un repas délicieux
Le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand
Cet air nostalgique, en boucle, le film de sa propre vie
Un narrateur impromptu qui nous comprend
Le chant des vagues
L'odeur du sel
Le goût de ta peau

De l'amour
De l'argent
Du temps pour en profiter

La santé, nommée uniquement pour ne pas porter malheur


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27 mai 2012

Bon à savoir

Je raconte les méandres de ma vie amoureuse à un copain en déjeunant au resto ce qui le pousse à commenter :

''Hein, on dirait une toune d'Avril Lavigne!''

Bon. Tu sais que tu es encore une ado quand...


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22 avril 2012

Où aller veiller? Prise 2

On est trois filles, fin-vingtaine, à chercher où est-ce qu'on pourrait bien aller veiller à Québec pour ne pas se sentir comme de vieilles matantes.

Résultat : teste des bars pour trouver LA place où y'a le moins d'irritants (musique, âge moyen, style vestimentaire, compactage). Ça va sûrement donner une série de posts sur ce blog, ou bedon celui-ci est le dernier sur le sujet pis on va abandonner le projet. Suspense.

Je sais que vous vous pouvez pu.

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Bar : Les Voûtes de Napoléon
Quartier : Grande Allée
Journée : vendredi soir
IDs : on ne s'est pas fait carter
Musique : chansonniers, donc toujours les mêmes tounes chaque soir
Âge moyen : 25 ans? J'sais plus trop, j'arrivais pu à estimer, après les shooters
Style vestimentaire : bohème, intello, ''région'', limite rock, limite pitoune
Compactage : j'ai réussi à danser Coeur de loup dans un coin du bar, mais tout juste
Heure d'arrivée : 10 h
Heure de départ : 3 h


On va se dire les vraies affaires tout de suite : je ne viens pas de Québec ni de Montréal, donc pour le commun des citadins je suis une fille ''de région'' et, de surcroît, je suis une plotte à musiciens. Alors on sait tous clairement que j'étais vendue d'avance à aller dans un bar de chansonniers, n'est-ce pas?

J'y était venue une fois avant, il y a peut-être 5 ou 6 ans, et j'en avais un souvenir très agréable. Vendredi dernier, j'étais donc avec mes deux copines (je pense qu'on peut mentionner ici qu'il s'agit de deux Gaspésiennes) et une autre amie superlative qui nous squattait (j'me trouve drôle) et nous avions commencé la soirée en mangeant au Cosmos Grande Allée.

Au Cosmos, on fittait pas.

Mais rendues aux Voûtes, là on se sentait bien. On se sentait bien parce que 1 - on connaissait toutes les tounes, contrairement à la gang de filles plus jeunes qui étaient devant nous, parce que 2 - le chansonnier venait de la Gaspésie, et comme ils sont tous consanguins même si c'est un grand territoire, c'était forcément l'ex-beau-frère de ma copine pis parce que 3 - on buvait comme des trous.

Y'avait un couple de plus vieux qui se frenchaient dans un coin de façon assez explicite et qui a dû avoir l'idée de se prendre une chambre parce qu'il n'est pas resté très longtemps.

Le musicien avait pas tant un vrai look de musicien, y'était un peu trop à la mode mais on s'est dit que c'était sûrement rendu la norme avec Star Académie.

Y'avait des saouls qui entraient dans notre bulle, y'avait notre amie Maude qui, comme à l'habitude, était un superlatif (un dans une phrase, c'est bien, mais faut jamais en avoir plus que ça des de-même), y'avait la chansonnière qui avait pas exactement le bon beat des paroles de la toune de Lisa Leblanc.

Y'avait une fille dans les toilettes qui a crié par dessus la porte ''Alex, tu me passes-tu ton parfum? J'sens la crotte!'' pis qui s'est ensuite retournée vers moi pour me dire ''Non mais c'est vrai que j'sens la crotte.''.

Y'avait le Feu sauvage qui a joué pendant que j'pissais. Y'avait le fait que j'pissais aux demi-heures parce qu'on buvait trop.

On a jugé les gens, mais beaucoup moins qu'au Shack, mais on a beaucoup jugé la fille qui se dandinait sexy sur I Love Rock N Roll. On a dû se dire 15 fois qu'on reviendrait, c'est certain, on était beaucoup trop bien. À un moment donné, y'a eu un illuminé qui a décidé qu'il chantait la toune sportive ohé-ohé-ohé-ohééééé, pis on a été contentes que ça cesse rapidement parce que HEILLE LE GROS, C'EST RÉSERVÉ AUX ÉVÉNEMENTS SPORTIFS, C'TE TOUNE-LÀ.

Un peu passé minuit, on trouvait que la bière saoulait pas bin bin pis qu'on était encore à jeûn. C'est à ce moment-là que j'me suis dit que c'était une bonne idée d'aller chercher des shooters pour nous repartir. Cette décision prouve probablement que, en fait, la bière saoulait.

La musique était trop forte, alors des fois j'écrivais des messages dans mon calepin pour mes amis. J'ai écrit l'ordre "Bois!'' mais elle a lu ''Bouâ?" et j'ai imaginé le Petit Castor.

Y'a une toune qui a commencé à joué et j'ai demandé qui chantait ça, sûrement la seule toune de la soirée que je ne connaissais pas. ''Tsé là, y'a des cheveux longs blonds pis des lunettes pis y'est pas beau....?''  AH, JIM CORCORAN! J'ai pensé à la fille dans mon cours de littérature à l'UdeS qu'on appelait Jim Corcoran.

On est rentrés avec les bus de saouls, j'ai gueulé des tounes dans la rue. J'avais pu de voix le lendemain. J'en n'ai toujours pu.

Maudite belle soirée, sérieusement. Très décousue dans ma tête et sûrement dans mon texte. J'ai pris des notes dans mon calepin que je n'arrive pas à relire parce que mon écriture est trop croche.

C'est dire.

VERDICT LES VOÛTES:
On a trouvé. On va y retourner c'est sûr.
On va y retourner pour nos fêtes, on va y retourner pour cruiser,
on va y retourner pour boire pis oublier.
On va juste vraiment beaucoup y retourner.
Mais on va se forcer pour aller ailleurs aussi pour l'avancement de la Science.


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10 avril 2012

Mange, prie, like

On savait déjà que j'étais quétaine de par mon amour des choses de fées-filles, mais je suis aussi quétaine par mon intérêt un peu trop appuyé pour les livres/films/conférences de croissance personnelle.

Bon, on s'entend que j'ai jamais payé pour, mais tout ce qui est gratuit pis qui va dans ces eaux-là, même les conversations avec mon amie sage-femme (ça compte), ça m'attire.

Ça m'attire surtout quand je pogne des passes emo où je trouve que plus rien n'a de sens (... SPM, ou fin d'année scolaire) et qu'on vit dans un monde qui va trop vite, et qu'on se gave de médicaments pour oublier le mal qu'on a nous-mêmes créé, irritée par la ville entière, trois granules sous la langue contre le stress, 4 gouttes de Rescue pour oublier les palpitations, et là franchement je cherche un sens.

LE sens.

J'ai le goût moi aussi de partir comme Julia Roberts pour manger, prier pis aimer, mais surtout le premier pis le dernier, me semble que j'aurais du talent pour ça, l'élévation spirituelle. J'le sens dans mes gênes. Parce que là, je trouve la brique trop rouge, je voudrais juste m'exiler un peu pour oublier ma langue maternelle, oublier l'odeur de mon Fleecy, l'humidité de mon appartement.

Je cherche le Sens comme d'autres cherchent le Graal. La route, la mer, les cieux m'appellent.

Sauf que, comme d'habitude, je vais surtout cliquer sur l'icône de Desjardins, oublier le projet pis écrire ce billet.


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29 septembre 2011

Au ketchup

Vous en souvenez-vous? Je sais plus exactement c'était en quelle année, mais ça doit bien faire 10 ans... Les Lays au ketchup ont soudainement eu une ''nouvelle saveur améliorée''. Le genre de saveur qui ne me plaisait pas. Bin, ok, mais moins bonne que les anciennes Lays au ketcup. J'pense que j'le pense encore aujourd'hui, même si j'arrive plus trop à retracer le goût des anciennes : anyway j'en bouffe autant quand même. Ils ont gagé que je ne pourrais plus m'arrêter et ils ont gagné.

Il faut ici préciser que je suis une maniaque de chips, surtout des Lays. Tsé quand tu dis que la mère de ta meilleure amie au secondaire te demande quelle sorte tu veux pour la semaine prochaine dans son épicerie là... Tu sais que ta réputation te précède, hein? Même que dans le texte sur moi dans mon journal des finissants, ça jase de miettes de Lays sur le lit. Wild de même!

Tout cela pour dire qu'à l'époque, accro et déçue, je m'étais mise à chercher tous les dépanneurs à faible clientèle du centro pour trouver LA place où le stock s'écoule tellement lentement qu'ils n'auraient pas de nouvelles Lays.

Ça m'avait naturellement permis de découvrir plein d'endroits très trous et peu inspirants, mais aussi de marcher un peu plus pour compenser mon engouffrage de chips. C'est peut-être à cette époque aussi où je me suis mise à tripper un peu plus sur les Ruffle all-dressed.

Mes premières infidélités.

Avez-vous ça, vous, une vieille histoire d'amour avec une sorte de chips?




Finalement, c'est en plein milieu de la côte de la rue Montréal qu'ils ont eu des Lays au vieux ketchup le plus longtemps. Proche du Eckankar (le son de Dieu, manne).


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13 septembre 2011

Parlons franchement

Je vais peut-être avoir l'air de faire la morale psychopop moche et cliché au genre humain, mais j'écris en fait ce billet un peu comme un aide-mémoire en tant que Val-du-présent assez heureuse pour la Val-du-futur qui vivra certainement encore des moments plus difficiles (parce que c'est la vie, dah).

Alors voilà, chère Val-du-futur, je vais te raconter ton histoire, une histoire des plus banales mais qui, présentement du futur, te fait probablement paniquer au carré.

Tu as eu une insatisfaction, une envie, un coup dur.

Tu as pris une décision difficile, ou subit celle de quelqu'un d'autre, ou même celle de la vie.

Tu pleures depuis deux jours, les pieds dans le vide, la peur au ventre, les idées sur repeat dans ta tête.

Pourquoi ça m'arrive? J'aurais tellement pas dû... Qu'est-ce que je viens de faire? Mais d'in coup que ça marche pas? Ah j'voulais pas que ça se passe comme ça... Qu'est-ce que les gens vont penser de moi? Qu'est-ce que je suis supposée faire? Pis de quoi je vais avoir l'air si j'échoue? Qu'est-ce que les gens vont penser de moi? Qu'est-ce que les gens vont bien pouvoir penser de moi??

Voici les réponses : ce que tu vis est normal et commun, c'est arrivé à des milliers avant toi et ça va arriver encore. Ça rend pas les choses plus faciles à vivre, mais ça aide un peu à moins te juger et à envisager que quelqu'un quelque part puisse comprendre ce que tu vis; parce que quelqu'un quelque part peut comprendre ce que tu vis.

Avoir l'impression de tomber dans le vide, c'est évident que c'est paniquant, mais ça ne veut pas dire que c'est insurmontable : tu dois t'accrocher à ce qui n'a pas changé. Oui mais tout chie en même temps! Ah oui, tout, vraiment? La totalité de tes amitiés, ton couple, ta famille, ta job, ta santé, ta maison, tes loisirs, l'argent, tes études, tes rêves, tes beaux souvenirs, tout? Prends la liste, biffe ce qui a foutu le camp et concentre-toi sur le reste : c'est ta bouée (elle a nagé jusqu'à mon lit / j'ai cru qu'elle allait se noyer).

Même si bien des gens ne sont pas d'accord avec tes choix ou avec tes réactions, ceux qui doivent compter pour toi sont ceux qui sont quand même là pour t'aider quand ça chie, peu importe si tu a provoqué ce qui t'arrive ou non. On s'en fout du coupable, sérieux. On a tous été coupable un jour ou l'autre. Jésus avait tellement tout catché avec sa patente de jetage de pierre! Pense à Jésus, Val-du-futur, pense à Jésus.

Tu ne peux pas te faire avoir par ta propre vie : tu ne peux que la vivre à ta façon. Tu vis une histoire qui va se terminer à un moment donné, peu importe la raison, ne serait-ce que par ton éventuelle mort.

Tes peurs n'y changeront rien.

Alors vis cette histoire qui t'arrive là maintenant, c'est tout. Pas besoin que ce soit utile, ni prometteur, ni rentable, ni justicieux, ni logique pour être intéressant et pour te faire grandir : on vit pour l'expérience. On ne vit pas pour un résultat, puisqu'il sera toujours le même.

Faque j'ai fini mon speech, t'as le droit de retourner pleurer un peu maintenant, tant que tu te souviens de ce que je viens de t'écrire.

Pendant que moi j'me tape un marathon de What Not to Wear en ayant le goût de renouveler toute ma garde-robe.


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9 août 2011

Passer à autre chose est anodin

pour A.-A., M. et tous les autres


C'est le coup de tonnerre qui la réveille. Elle se lève d'un bond pour courir fermer toutes les fenêtres de l'appart en prenant soin de ne pas se planter solide en glissant sur l'eau qui s'est déjà infiltrée, elle a les yeux encore à moitié fermés. Frotte frotte les yeux. La coloc a encore découché, on dirait.

De retour dans son lit, machinalement, elle s'étire pour prendre son portable et l'ouvrir. Et c'est là qu'elle le réalise : elle n'a pas pensé à lui depuis au moins deux semaines. Du tout. Six mois à se décider, deux heures à rédiger le courriel qui met fin à tout, cinq jours à pleurer, dix à regretter, et, soudainement, ce deux semaines de vide qui s'invite.

Gratte gratte le cou.

Elle se croit à peine, et pourtant. Pourtant elle ne sent plus son odeur, n'entend plus sa voix. Elle ne s'ennuie plus. Plate de même, sans rien de spécial pour le souligner. Elle pourrait réécouter leur chanson, relire ses courriels, repenser aux bons moments; elle l'a fait mille fois, vivre comme si elle était une chanson de Sylvain Cossette, je ne t'ai jamais dit adieu, reviens quand tu veux, je pense encore à toi, mais pas ce matin, ça lui tente comme pu. Elle n'en voit plus l'intérêt. Il est tellement sans intérêt.

Et puis parce que des fois là, fuck off.

Alors ce matin, elle va se lever et faire son yoga. Seule. Bien. Elle va se dire qu'elle est drôle d'avoir couru aussi longtemps après des intellos alors qu'elle se suffit dans l'intelloïsme; qu'elle pourrait continuer de s'entourer de gens de théâtre au lieu d'en faire mais qu'au fond, elle a envie d'être ces gens de qui elle s'entoure. Autonome. Au lieu de toujours se définir au travers d'un lui aussi immatériel que ses peurs à elle. Elle va faire ça. Du théâtre.

Elle va deleter les vieux courriels d'un doigt. Le petit. En baillant.

Elle va rire de l'ancienne elle et dire à ses copains qu'ils doivent la rejoindre au Siboire à 19 heures parce qu'ils ont quelque chose à fêter : rien.

Flatte flatte l'ego.


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13 juin 2011

Je suis aquatique et chatouille tes velours sonores

Les vrais endeuillés sortent des églises par des journées pluvieuses et sous le son des cloches. Je les regarde de loin, un peu jalouse de leur solennité, avec l'envie moi aussi de m'en remettre à Dieu, à une force supérieure, à quelque chose qui impose le respect.

Le bus est enfin arrivé, et j'ai dessiné comme ça mon amour pour toi dans la fenêtre embuée, en l'entretenant à mesure qu'il s'estompait. Quand j'ai tiré sur le cordon jaune, mon coeur a poursuivi sa route toute tracée, mais je n'étais plus à bord.

Livré à lui-même, mon amour pour toi a survécu sept minutes.


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10 juin 2011

T'as merdé

Après avoir mille fois imaginé ce que tu lui dirais à cette pétasse, bien sûr que tu l'as revue, même si t'avais juré à tout le monde que tu ne la reverrais plus. C'était plus fort que toi, un appel sauvage du fond de tes viscères qui te poussait vers elle. Un zombie.

Vous avez mangé ensemble, pis en gros c'était sympa, à part peut-être ce moment où tu as eu une envie irrésistible de lui sauter dessus, à la fois pour la tuer et lui faire l'amour.

Et que t'as choisi la première option.


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17 mars 2011

Les oiseaux du printemps

Les pingouins!

Mine de rien, ils entrent dans l'autobus en fin d'après-midi; elle transporte le sac de la SAQ. C'est bondé, alors ils s'accrochent au même poteau. Elle perd l'équilibre, mais il la rattrape en riant et lui pose un bisou sur le front. Laurie et Laurent s'aiment autant à 16 heures qu'à 8 heures.

Je suis béate.

J'ai eu envie de leur parler et de leur dire qu'ils m'impressionnent, que je les jalouse presque, que j'ai écrit un billet sur eux dans mon blog, que j'ai ajouté une image du logo de Linux, que sept personnes ont aimé sur Facebook, que j'ai fait semblant qu'ils avaient presque le même nom. J'ai failli leur demander leur vrai nom, juste pour le savoir, leur dire le mien, les questionner sur les circonstances de leur rencontre (c'était-tu sur WoW?), leur demander ça fait combien de temps, leur demander s'ils sourient toujours autant ou si j'ai pogné les cinq seules fois de leur existence où ils se sentaient joyeux.

J'aurais dû leur dire que juste à se tenir là, sur le même poteau d'autobus, ils me donnent espoir en l'amour, ils me réconcilient avec le concept du couple.


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15 mars 2011

Entendu chez Sa Méére

Sa Méére - Faites pas la moue, faites l'amour! Oh non, j'ai mieux : faites pas LE mou, faites l'amour!


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12 mars 2011

Gr-Mom strikes again

Vous avez déjà eu un aperçu de ce dont elle était capable, ma grand-mère paternelle. Hé bien la voici maintenant qui se prononce sur mon célibat, en suite toute logique de mes tergiversations de l'autre jour.

Quatre-vingt-cinq ans et presque toutes ses dents.

Gr-mom - J'voulais pas me marier, j'aimais ma liberté. Mais bon, l'amour est aveugle, hein? Ça faque... C'est ça! Y'avait tellement de charme dans ce temps-là... Les autres femmes me disaient toujours ''Y'est bin charmant, ton mari!'', pis moi j'leur disais ''Ah, j'le sais! Moi aussi, j'l'ai déjà connu de même!''. Au fond Valérie, tu fais bin de rester toute seule, parce que sinon, tu peux rester pognée avec loooooongtemps. Ça fait 58 ans que j'suis pognée avec le mien! C'est pas pour rien que j'ai appelé mon dernier fils Jean : quand je l'ai eu, j'me suis dit ''Jean, Jean... J'en veux pu, j'en ai eu assez!''.

Et elle enchaîne avec ses meilleures blagues sur le sujet, vrai comme chu là!

C't'une fois une femme qui dit à son mari : - Qu'est-ce que tu ferais si j'gagnais à la loterie pis que j't'en donnais la moitié? - Je crisserais mon camp. - Bon bin v'là 5 piastres : j'ai gagné 10 piastres à la Mini; ast'heure, criss ton camp!

C't'une fois une femme qui voulait se faire un sandwich aux tomates, mais elle avait plus de tomates, alors elle envoie son mari en chercher à l'épicerie. Une demi-heure plus tard, la police vient cogner chez elle pour lui apprendre que son mari était mort. Quelques jours après, la femme voit une de ses amies et lui raconte l'histoire. ''Oh mon Dieu, mais qu'est-ce que t'as fait quand t'as su ça?'' que l'amie lui demande. ''Ah, bin j'me suis fait un sandwich au jambon, à la place!''

***

Et là, je vous entends déjà penser que je peux bien être aussi cynique avec de tels exemples de mariages... Bin non! J'ai aussi des exemples heureux de la chose autour de moi. Et je n'ai rien contre les couples amoureux, qu'ils se connaissent depuis hier ou depuis 60 ans. Je suis juste tannée de la glorification de ces ''réussites'' et du sentiment d'échec qu'elle engendre chez les autres, ceux qui n'y arrivent pas, peu importe pourquoi.

Mais je vous remercie tous de vos commentaires sur le sujet ;)

Blogueusement vôtre,

Valérie Godhue

Ma grand-mère et ses fils. Dans l'ordre : Serge, Jean, Lucille et Mario (mon papa!).
Crédits photo : Véronique Godhue.


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10 mars 2011

Anti-ode au couple

Je hais l'arrogance (la fierté?) des gens dont les parents sont encore ensemble. Le symbole ultime de la réussite, les matériaux de noces, papier, argent, or, les noces de merde.

En fait, ça doit être une frustration typique de célibataire : je hais l'omniprésence du couple et la survalorisation dont il fait l'objet en général. La face de la serveuse si tu lui dis que tu vas manger seule. La taille du popcorn au cinéma qui suggère forcément que tu le bouffes à deux pour que vos mains se touchent. Les sites Internet qui veulent en créer. Et la peur de briser ce rêve, le couple sanctifié, le refus de le détruire même si l'unité ne fonctionne pas, ou plus. Quand c'est fini, me semble que c'est fini.

''Oui mais les enfants?''

Rester en couple avec quelqu'un parce qu'il y a des enfants en jeu me semble tout sauf une décision logique. Les enfants ont besoin de parents qui se respectent (entre eux et pour eux-mêmes) et qui les aiment. Se respecter soi-même, c'est savoir admettre que les choses n'ont pas fonctionné et qu'on doit s'en délier pour être heureux. Respecter l'autre, c'est de comprendre qu'il est temps de le laisser aller pour qu'il puisse vraiment se réaliser et vivre, tsé vivre?, ailleurs. Votre progéniture n'a pas besoin de parents qui restent ensemble sans s'entendre ou s'aimer, sans être épanouis, et que pour les enfants. Ça leur enseigne quoi au juste comme modèle?

Même si t'es pas bien dans une situation, bouge pas, change rien. Parce que le changement, c'est bin épeurant, donc c'est une mauvaise chose.

Et après, on s'étonne d'être dans une société où règne l'immobilisme!

''Oui mais Val, c'est si beau l'amour, l'intimité partagée avec quelqu'un, les souvenirs, les projets, bâtir des trucs... Tu ne crois plus en l'amour?''

Bin oui je crois encore en l'amour, c'est bin ça mon problème! Si je n'y croyais plus, je ne serais pas une célibataire frustrée qui se défoule sur son blog en attendant de rencontrer ''le bon''.


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8 février 2011

Entendu à l'aide aux devoirs

Pendant que La-Reine-des-Mots fait sa lecture, Téteuse arrive derrière Curieux et le serre fort fort pendant deux bonnes grosses minutes en rigolant. Curieux, trop content de toute cette attention, se débat pour la forme, mais se laisse surtout faire.

Lorsqu'elle le relâche enfin (''Bon, j'ai fini de t'aimer, là! C'est assez pour aujourd'hui!''), il me regarde, échevelé et les joues rouges :

- Une chance qu'à m'aime pas encore plus fort, hein? J'serais tout dépeigné sinon!


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7 février 2011

Hot Paws

Quand ils étaient petits, c'est clair qu'ils se sont fait écœurer dans la cour d'école.

- Heille, les lunettes, j'te gage que t'aimes ça, toi, manger des verres de terre!

Ils sont de ce genre.

Laurie et Laurent portent le même cache-oreilles en feutre noir. Laurent a un manteau vert forêt avec une fermeture bleu marine; Laurie a un par-dessus marine avec un foulard vert forêt. De tous les 24-30 ans de l'autobus, ils sont probablement les moins à la mode. Les dents de Laurie trahissent son orthodontiste malhabile et Laurent a un œil qui se crisse drôlement de l'autre; il attache sa tuque sous son cou et elle traîne son lunch dans un sac EB Games.

Je suis totalement jalouse de Laurie et Laurent.

Hot paws dans la hot paws, ils se chuchotent des mots doux, tous les matins, sans exception. Il la regarde comme si c'était la première fois qu'il la voyait, et elle en rougit presque encore. Ils ownent royalement l'autobus. Quatre arrêts avant qu'il débarque, quatre, il commence à lui donner des bisous d'au-revoir. Et au milieu de l'allée, avant d'appuyer doucement sur les poignées de la porte, il se retourne pour lui faire un tata.

Et pis encore, alors que le trottoir est plein de ces gens sérieux qui s'en vont gagner leur vie, Laurent court, tous les matins, pour suivre l'autobus le plus longtemps possible et saluer encore Laurie, dont les yeux déjà petits disparaissent alors totalement sous les plis du trop grand sourire.

Laurent et Laurie s'aiment comme j'ai rarement vu quelqu'un aimer.

J'ai un ami qui a une théorie sur les nerds : ils restent longtemps seuls, prennent du temps avant de s'ouvrir à l'amour, mais lorsque c'est fait, they stick. Une charmante théorie.

Bin plus j'y pense, plus j'ai l'impression d'avoir affaire à une race supérieure, quelque chose d'infiniment plus pur que moi. Laurie et Laurent sont exactement comme ces pingouins qui cherchent l'âme sœur en n'acceptant rien de moins et qui, une fois qu'ils l'ont trouvée, s'y dévouent toute leur vie. Et moi, j'envie deux beaux pingouins.

Tous les matins. Des geeks-pingouins.

Le logo de Linux prend soudainement tout son sens.


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23 janvier 2011

Walk of Shame

Le mascara qui a semi-coulé ne ment pas : quand je t'ai croisée dans la rue, j'ai tout de suite reconnu l'absence de fierté, les cheveux encore peignés comme la veille mais en plus lousse, les cernes subtils presque cachés par ton foulard remonté haut haut parce qu'on gèle.

Walk of shame.

On attendait le même autobus et je me suis demandée si c'était chez un inconnu que tu avais dormi, ou chez l'ami d'un ami, ou bref. L'histoire. Si t'avais hâte de prendre une douche. Si ça avait valu la peine. Si t'avais pensé glisser ta brosse à dents dans ta sacoche. On est embarquées au même arrêt, mais toi, alors que je débarquais à mon travail, tu attendais encore 4 arrêts, dans ce quartier résidentiel où tu retournerais chez toi.

Dormir, sûrement. Honteuse, sûrement.

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La pire nuit de ma vie, vraiment. Personne n'aime se faire texter à minuit par un ami ''jcapote viens stp jvas faire une connerie'', surtout quand l'ami s'est fait laisser par sa blonde la semaine d'avant, surtout quand l'ami a les idées noires depuis un bout pis que c'est pour ça que sa blonde l'a laissée.

C'était évident que j'me pointerais, même si j'ai un contrôle demain pour lequel j'ai pas encore étudié, même si j'suis moi-même pas mal à bout de ma vie dull qui n'est rien comparée à la tienne. Tu savais que j'me pointerais parce que tu sais qu'y s'est rien passé dans ma vie depuis toi. Je t'ai acheté des chips au dépanneur, mais tu préférais la bouteille de vodka que t'avais de scotchée à la main. T'étais plutôt confus.

J'ai pas dormi de la nuit, j'étais trop occupée à écouter ta respiration dans la pièce d'à côté, j'avais peur que tu te tues pendant que je squatte sur ton divan, j'avais peur que tu fasses une connerie même si j'étais là. J'ai sûrement des cernes jusqu'aux genoux, je pue, je sens que mes dents sont sales, comme une genre de couche de dégueux collée dessus, les dents sales d'une fille qui n'a pas parlé de la nuit parce que hey, qu'est-ce que tu veux dire à quelqu'un qui est autant à terre. Rien. J'ai fermé ma gueule pis j'suis restée à te flatter les cheveux tard tard. Vers 2 heures, tu as réalisé qui tu avais texté : ''Tu m'as-tu oublié pendant que j'sortais avec Annick? Tu m'aimes-tu encore?'' J'ai pas répondu. T'es allé te coucher en me pitchant un oreiller. Pis j'ai sneaké en dehors de ton appart dès que les bus ont recommencé.

La fille de l'arrêt me regarde croche. Je sais à quoi elle pense : j'ai déjà moi-même jugé bien des filles que je croisais le matin.

Walk of shame.

J'ai le goût de lui crier ''Ouais, j'fourre la moitié de la ville pis ça me fait sentir fucking vivante!'' juste pour être désagréable un peu. Mais j'pense juste à toi pis j'ai peur que tu me textes encore ce soir.

Texte-moi pu, stp.


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21 janvier 2011

Pour le meilleur et pour le pire

Je sors du cours, souriante, et me plug les oreilles.

Je suis vraiment en amour avec mon prof. J'veux dire, c'est pas le premier là, j'ai développé cette manie il y a très longtemps, sûrement une forme girlie d'élitisme, mais gosh que j'aime mes profs, ceux qui ont de la verve, les brillants, les cités, les éminents. *soupir*

L'école pis moi, on est comme un vieux couple. Je passe mon temps à chialer qu'elle me fait chier et me prend tout mon argent, et c'est vrai, pis je l'ai même trompée à quelques reprises avec des emplois ou des cours hors-cursus (encore avant-hier dans la classe de swing), mais pourtant, j'arrive pas à partir.

C'est juste trop dur de tout quitter après tant d'année de vie commune. C'est trop dur!

Elle est une partie de moi, j'peux pas m'empêcher de me sentir un peu vide sans elle dans ma vie. Et quand arrive le moment où je me dis que ça y est, que j'en ai vraiment assez, qu'elle ne peut plus s'amuser à me détruire, bien elle me sort ses armes de séduction et me surprend avec du nouveau. Comme... un prof inspirant. *soupir*

Allons, ma belle, tu sais bien que j'te quitterai jamais, je t'aime trop pour ça...


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