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5 juillet 2012

Sur repeat

En pleine nuit, la clé dans la porte, les pas dans l'escalier, le son trop fort, la même chanson en boucle, personne dans la rue, personne dans la ville, les yeux qui prient, ton visage, les jambes qui brûlent, le cerveau qui disjoncte, le cœur qui abdique, ton visage ton visage, la lune pas pleine, les nuages rares, un autre quartier, le vent qui fouette, le vent merci, les heures qui passent, un cul de sac, les chats qui se lavent, les oiseaux qui chantent, s'il vous plaît non, le soleil qui se lève.

Pis moi qui rien.

Pis toi qui quoi?


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31 mars 2012

Tôt

C'était mon mariage, mais je ne connaissais pas le marié. En fait, j'étais entourée d'une bande d'inconnus, mais je savais que c'était ma famille et mes amis, sauf que je ne les reconnaissais pas. La seule chose qui me troublait vraiment, c'est que j'avais oublié de me raser les jambes pour mon propre mariage et que je cherchais un rasoir cheap pour remédier à la situation.

J'étais sur le point d'en trouver un quand le téléphone m'a réveillée. 4 h 30.

Je, voix la plus endormie du monde - Euh, allo?

Voix sexy de gars - Oh non! Oh, non... Heille scuse, j'me suis trompé de numéro... Oh, excuse-moi sérieux, c'est vraiment poche...

Je, séduite par la voix sexy - Eum, bin c'est pas grave là, qu'est-ce que tu veux que j'fasse de toute façon.

Voix sexy de gars - Bin tu pourrais m'engueuler, ou sacrer, m'envoyer chier.

Je - Bin trop endormie pour ça.

Voix sexy de gars - Tu pourrais même me demander une compensation pour le réveil brutal.

Je - Une compensation?

Voix sexy de gars - Une compensation, oui.

Je - Qu'est-ce que tu serais prêt à m'offrir?

Voix sexy de gars - J'sais pas moi, une date? (...) As-tu un chum?

Je, me demandant si je rêve encore - Non. T'as une blonde?

Voix sexy de gars - Non. T'es-tu game de me rencontrer samedi?


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20 janvier 2012

Pensées d'une insomniaque

Nouveau truc pour gérer son temps : si ton portable est vieux comme le mien (donc pas tant) et que tu te dis mettons ''Je vais lire une petite heure...'', bin pars de la musique en background sur ton ordi dépluggé, en prenant bien soin de le mettre à Performances élevées (et non économie d'énergie, mais tsé à la limite Recommandé par HP fait la job), pis quand ça va être fini, t'arrêtes de lire. C'est comme un timer ou un sablier.

...

Ok ce paragraphe-là est nul, pourquoi je blogue à 3 a.m. moi au lieu de dormir?

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J'ai cherché ''le mien'' pour écrire le paragraphe précédent. Je sais pas pourquoi, mais dans ma tête, ''miens'' prend toujours un s, c'est sûrement une règle que j'ai inventée, mais quoi qu'il en soit, je dois chercher ce mot-là 15 fois par semaine à peu près, ça me rentre juste pas dans la tête.

Antidote dit que c'est ''le mien'', le Grand Robert & Collins électronique aussi. Google est indéci. Mon Robert papier est trop loin de mon lit.

J'pourrais faire de la copie pour le retenir, tant qu'à pas dormir.
le mien le mien le mien le mien le mien le mien le mien (pas de s)

Ah pis tant qu'à étudier les choses que je cherche trop souvent...

pilule pilule pilule pilule pilule pilule pilule pilule (aucun double l là-dedans)
cafétéria cafétéria cafétéria cafétéria cafétéria (pas de t à la fin, c'est pas secrétariat)
c. c. (pas de deux-points) ou bedon Copie conforme : (au long avec deux-points)
Pièce jointe : Disque compact (deux-points après pièce jointe au long + maj. initiale)
Pièces jointes : Patante et bidule (même affaire, ça se met au pluriel)
p. j. 5 (pas de parenthèses autour du nombre, j'ai induit trop d'élèves en erreur)
P.-S. - (suivi d’un tiret + phrase qui suit commence par une majuscule)

Y'en a plein d'autres, c'est sûr. Mais évidemment, ils ne me viennent pas en tête là right now. *Gnak, j'peux même pas être efficace quand j'en ai finalement l'envie.

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Des fois là, Coeur de pirate là, elle donne le goût d'être une célibataire frustrée. Tu dis que I'm the only one; c'est ça, prends-moi pour une conne. J'suis presque déçue d'être en couple.

(KABOUM! Coming out de fille en couple même si c'est pas écrit sur Facebook, quasi coup sur coup avec le coming out sur le fait que je n'ai pas de voiture - ok, ça date de quelques semaines - et celui que je suis nulle à chier en orthographe même si j'suis prof, gosh que j'me commets intense ici mes amis.)

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commettre commettre commettre commettre commettre (oui Val, 2 m ET 2 t)

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Je chiale toujours quand j'écoute un CD que je ne connaissais pas, c'est rarement un coup de foudre - trop réfractaire au changement tsé - pis j'ai d'ailleurs chialé sur Coeur de pirate l'autre fois en en jasant avec ma coloc. ''Bof, j'aime tellement mieux l'autre CD, j'suis pas certaine que celui-là j'vais l'écouter... C'est trop naïf, trop ptite-fille-qui-chante-genre-yéyé-mais-façon-hipster, ses textes sont moches pas mal itou, les rimes sont comme cheap...''

J'ai travaillé en l'écoutant toute la semaine. J'suis même pas encore certaine d'aimer ça, j'ai les mêmes critiques en tête mais j'suis comme accrochée.

Prise deux de l'autre jour où je disais que j'comprenais pas pourquoi tout le monde capotait sur Foster depuis des mois, pis qu'après j'me suis mise à l'écouter en boucle.

Je suis peut-être juste un brin mouton.

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rime rime rime rime rime rime (pas de h ni de y nulle part, on n'est pas en anglais, même si des fois on naît en anglais)

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Trop d'italique dans ce texte - et de passages entre tirets itou - pour votre bien, n'est-ce pas? Je devrais dormir, mais j'vais aller couleurer des mandalas à la place.

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couleurer couleurer couleurer couleurer couleurer


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5 février 2011

Ce, cette, ces

À ce moment, tout était neuf encore pour toi, presque. La ville. La vie dans cette ville. Cinq mois. Mais cette nuit, même si une énorme guimauve a éclaté au-dessus des rues et cache la gadoue brune, tu réalises que ce chemin, il est usé, comme les chansons de ton iPod que tu laisses maintenant sur random faute de savoir quoi écouter. T'as l'esprit à random de toute façon.

Tu as encore battu Simon à Guitar Hero dans cet appart. Tu as mangé une petite molle à la vanille devant ce commerce. Tu as choisi une bouteille dans cette SAQ, acheté un poulet déjà cuit dans cette épicerie et vomi près de cette poubelle (c'était rose à cause du pepto bismol).

Tu as sué en montant cette côte, rejoint une amie devant cette église, passé ton anniversaire dans ce restaurant et fait l'amour dans cet appartement. Tu as perdu pied dans cet escalier. Il y a deux secondes. Tes pieds, tu les as d'ailleurs trempés dans l'eau de cette fontaine. Avec des amies, tu as arpenté les couloirs de cet établissement d'enseignement, pompettes, à la recherche d'un autre ami. Tu as partagé des chocolats dans cette chocolaterie et tu as vu Inception dans ce cinéma.

Tu as appuyé 85 fois sur le petit bonhomme de cette intersection, mais tu l'as attendu seulement 36 fois pour traverser.

Tu as chanté du Kaïn dans cette rue, tard, en traduisant les paroles en anglais. Tu as dit au revoir à une amie qui partait pour longtemps devant cet arrêt d'autobus : elle revient dans trois jours. Tu as jugé un maître qui traitait son chien comme un chien sur ce pont. Tu as flatté un matou roux devant ce garage et acheté des frites dans cette cantine-dépanneur.

Tu as pelleté ces marches. Pis rencontré un ami sur cette terrasse, joué de la guit dans cette chaise, appris par ce téléphone dans cette cuisine que tu avais la job, dansé Soleil Levant dans ce salon avec cette coloc.

Tu te demandes ce qui t'attend dans les cinq prochains mois.


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4 novembre 2010

Pis oublier de mettre un titre

Des fois, j'aimerais ça te saluer à la deuxième personne comme Marc Labrèche fait. Mais ça serait copier.

Alors je bois du crème soda. Parce que, comme mes amis-facebook l'auront remarqué grâce à ma photo non subtile, j'ai fini par céder à mes envies de gamine et acheter la claire boisson sucrée.

Mmmmmm....

En fait, j'étais tellement excitée que j'ai aussi acheté des chips, des jelly beans et des mûres. Et j'ai mangé mangé mangé toute la soirée au lieu d'étudier. Tellement qu'à seulement 8 heures, j'étais complètement pleine et morte, et je suis allée me coucher avec au ventre cette dangereuse impression d'avoir ingurgité à peu près 10 fois trop de stock pour mon estomac.

Résultat : j'ai fait des rêves avec des hippies, foul psychédélique, les couleurs de l'arc-en-ciel délavé qui se fusionnent avec de la musique joyeuse et troublante à la fois, pis des drogues apaisantes qui rendent tout beau. Quand le téléphone a sonné, j'ai regardé le rastaman devant moi en lui demandant si c'était son cell, je me suis trouvée bizarre, je me suis réveillée en pensant qu'il était 4 heures du matin et que c'était sûrement grave si on m'appelait à cette heure, je me suis précipitée sur le téléphone pour dire non à une fille qui voulait parler à ma coloc absente, puis j'ai réalisé qu'il n'était que 10 h 30. Le soir.

Que faire d'autre que se servir un autre verre de crème soda pour aller glander sur facebook?


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10 septembre 2010

Le jour et la nuit

C'est à l'heure où le fonctionnambule fé dôdô que je ressors (bong) dans la rue. Je marche longtemps seule, puis à contre-courant de ceux qui sont bien habillés : les noctambules irriguent la ville et n'ont que faire de mon petit manteau de pluie qui trottine vers chez lui. Je rigole un peu d'avoir battu mon ami à son jeu, car je l'ai encore battu à son jeu. Et c'était meilleur que du sexe!

Il fait noir et je n'ai plus rien à cacher, alors je garde ce même air qui murmure un nouveau sourire, comme cette chanson que j'écouterai sur repeat pendant toute la demi-heure qu'il me faut pour rentrer à la maison. Le tu est bien loin derrière : j'embrasse ma soirée au je.

En dix jours, le quartier du haut de la côte s'est déguisé; Independance Day est devenu Toussaint, et les feuilles sentent la répétition générale. J'aime mon pays, ce n'est pas un hiver, c'est l'automne. Sous une lumière ocre, mes leggings dansent la lambada contre ma robe lourde, et mon foulard me cajole le nez en faisant des bye-bye aux passants.

Je n'ai plus l'air déphasée : personne ne l'est quand on ferme la lumière et, en fait, tout le monde s'en fout. J'avance en pensant trop parce que je sais que je vais écrire ce texte, le sentiment de déjà-vu est simplement obsédant.

Mes bottes connaissent le chemin; j'arrive vite en haut des marches, c'est vraiment mon moment préféré. Toujours, le vent est au rendez-vous et envoie valser les frileux. Je m'arrête longtemps pour regarder le quartier du bas, le quartier sale qui ne dort plus. Il a des problèmes d'insomnie. La fontaine fait de la broue, complice d'un pré-pubère anonyme, et Esméralda fume une clope avec Quasimodo sur le perron de l'église en attendant son shift.

D'une voie à l'autre, les voitures et les passants ne savent plus où aller. Moi, je me trouve chanceuse d'avoir une destination. Je suis les violons jusqu'au-dessus du pont, la rue du, la rivière puissante et forte, le quartier des escaliers où tous les chats sont gris, mon bout de rue préféré avec ses maisons maintenant toutes assorties. Oui.

Je suis de retour dans mon bourg, à la recherche de mes clés. La chatonne, toujours grise elle, monte les marches en courant pour arriver avant moi. Après une collation, on va faire la sieste ensemble dans les couvertes moelleuses. Je l'ai apprivoisée.


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19th Nervous Breakdown (She's So Heavy)

Maintenant que tu avais décidé de ne pas dormir, tout te semblait un peu plus supportable : la chaleur, le tic-tac de l'horloge, son absence. Surtout son absence. La nuit comme une orange qui traîne depuis trop longtemps dans le panier à fruits.

- J'pense pas que j'peux être avec quelqu'un qui aime pas les Beatles!

Elle avait crié, elle avait claqué la porte, elle t'avait quitté. D'habitude, elle revenait. Après le refus d'aller souper chez sa mère; quand tu lui as dit que c'était enfantin de s'énerver pour un robinet déficient; la fois de la conversation sur les bébés; après être rentré tard et saoul d'une soirée avec une amie; toutes les fois où tu te disais que ça y était, elle revenait. Mais pas là.

C'est si pire que ça, les Stones?


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