Elle avait comme une grande grande fatigue, des paupières de ciment, le visage aussi long que la liste de projets, mais la batterie à plat, le ventre trop rond, les jambes si lourdes, la fièvre du sommeil aux joues pis pas assez d'oreillers. De vieux refrains de Karkwa lui passaient en boucle dans la tête même si la pièce était silencieuse, le chat ne miaulait plus, c'était un peu l'hiver malgré la douceur du vent; c'était un peu le crépuscule nautique de sa vie d'antan.
Elle s'était arrêtée à mi-chemin de l'arrosage des plantes, le geste suspendu par le crochet d'un souvenir flou qui n'appartenait plus à personne.
Elle s'est demandé quand l'été allait enfin commencer.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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19 juin 2014
9 avril 2014
Une brioche au four
Avertissement : cet article parle d'une soirée moche dans ma vie de femme enceinte. Si ça vous gosse, les femmes enceintes, ne le lisez pas. Si vous cherchez des réponses à vos maux de femme enceinte, ou si vous venez de taper "dépression grossesse" dans google et que vous pleurez en vous flattant le ventre, sachez que je n'ai absolument aucune compétence en la matière et que vous devriez arrêter de lire tous les forums où les madames enceintes disent à d'autres madames enceintes "oulaaa, t'as pensé à consulter ton toubib?". Anyway, la moitié de vos bobos vont s'évaporer si vous buvez beaucoup d'eau. Pis si vous pensez que mon quotidien se résume à ce texte et que c'est représentatif de mon humeur globale, vous êtes dans le champ : les autres journées de ma vie sont bin plus anodines et inintéressantes. Merci.
Ça fait que j'écoute "Smile" de Lagwagon sur repeat un vendredi soir seule à l'appart en flattant trop fort mon chat qui veut juste se sauver pis en pleurant ma vie.
***
La journée commence pourtant bien : je me réveille et je regarde ma pédagogique, plein de temps devant moi pour m'avancer dans mes trucs, pis, en prime, j'ai un 5@7 en fin de journée avec des amis que je n'ai pas vu depuis longtemps.
Je suis excitée.
Je prends évidemment 40 minutes de plus qu'à l'habitude pour me mettre cute le matin parce que je veux don' tellement-tu impressionner mes amis avec ma face pis mes cheveux resplendissants de "aura de femme enceinte" (il faut entretenir le mythe) pis je change de linge 4 fois parce que j'suis pu tellement habituée d'avoir une vie sociale et que j'veux être belle comme mes élèves quand elles se chixent pour aller veiller.
Mon reflet dans le miroir me convainc.
Je suis surexcitée. Sûrement trop.
Je décide de me faire un latte pour aller travailler parce que fuck les restrictions alimentaires et je pars à l'école au son de "Nine in the Afternoon". Je suis dans le char, alors j'peux pas vraiment le jurer, mais j'suis convaincue qu'un soleil en carton jaune fluo me suit au-dessus de la tête tout au long de la ride. J'ai d'ailleurs sûrement l'air d'une pochette psychédélique d'album des Beatles.
Après, y'a comme vortex de sept heures qui suce toute ma joie de vivre.
À ma sortie de l'école, je m'aperçois qu'il a (encore) neigé (tabarnak). Je déblaie Suzanne en sacrant parce que j'ai toujours de la misère à me rendre sur le toit du haut de mes 5 pieds pis que c'est le moment où mon balai à neige rétractable foul top décide de rendre l'âme. Mes cheveux, qui avaient miraculeusement toffé la journée, sont mouillés pis tapés sur ma tête en même pas deux minutes. Le ventre commence à me tirer parce que je suis trop fatiguée. La neige continue à tomber pour me narguer. L'imbécile derrière moi me colle au cul même si j'arrête pas de lui foutre les breaks dans la face pour lui faire comprendre que c'est glissant pis qu'il me gosse. Je fais des fuck-you dans mes mitaines en sentant monter en moi des pulsions de mort. Ça me prend le double du temps habituel pour revenir chez moi, dont la moitié où j'essaie de retenir les larmes qui montent parce que je me rends compte que je ne peux pas boire MÊME SI LA BIÈRE SERAIT BONNE EN CRISS en majuscules. Une fois parquée devant chez moi, la connasse de neige fait couler mon mascara à peu près jusqu'à mes genoux. Je monte les quatre étages de mon bloc en cherchant mon souffle parce que mon corps pas en forme peine à faire circuler les litres de sang que j'ai en surplus. J'entre chez moi pis mon chum est trop fin pour mon état d'esprit, alors je lui pitche en pleurant qu'être à jeûn, c'est de la marde, que je dois vraiment être alcoolique, que j'aurai pu jamais de vie sociale normale pis que j'y vais pu, au fucking 5@7, mais qu'il peut y aller, lui. À ce moment précis, je me crois. Au bout de deux heures et après avoir constaté l'inefficacité de Bridget Jones et des Revellos sur mon moral, je trouve que ça fait trop longtemps qu'il boit en ayant du plaisir, alors je change d'idée pis je lui téléphone avec un ton de sos-suicide-ma-vie-est-un-enfer-à-perpétuité pour lui dire de revenir à l'appart pis que j'feele pas. Je raccroche trop vite pis trop fort. Je tourne en rond dans l'appart en pleurant pis en faisant des sons de gorge épeurants. Je cherche "dépression grossesse" sur Google pis je me mets à lire des forums de madames enceintes qui se disent entre elles "oulaaa, t'as pensé à consulter ton toubib?" en pleurant de plus belle. Chaton passe par là, alors je l'empoigne et l'oblige à se coucher sur moi pour lui imposer ma peine en le caressant avec trop d'insistance. Chaton regarde par-dessus mon coude vers la Liberté. J'ai l'humeur d'une fille de 15 ans qui a pas dansé un seul slow au dernier party alors que sa best, elle, a même frenché.
Ça fait que j'écoute "Smile" de Lagwagon sur repeat un vendredi soir seule à l'appart en flattant trop fort mon chat qui veut juste se sauver pis en pleurant ma vie.
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Ça fait que j'écoute "Smile" de Lagwagon sur repeat un vendredi soir seule à l'appart en flattant trop fort mon chat qui veut juste se sauver pis en pleurant ma vie.
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La journée commence pourtant bien : je me réveille et je regarde ma pédagogique, plein de temps devant moi pour m'avancer dans mes trucs, pis, en prime, j'ai un 5@7 en fin de journée avec des amis que je n'ai pas vu depuis longtemps.
Je suis excitée.
Je prends évidemment 40 minutes de plus qu'à l'habitude pour me mettre cute le matin parce que je veux don' tellement-tu impressionner mes amis avec ma face pis mes cheveux resplendissants de "aura de femme enceinte" (il faut entretenir le mythe) pis je change de linge 4 fois parce que j'suis pu tellement habituée d'avoir une vie sociale et que j'veux être belle comme mes élèves quand elles se chixent pour aller veiller.
Mon reflet dans le miroir me convainc.
Je suis surexcitée. Sûrement trop.
Je décide de me faire un latte pour aller travailler parce que fuck les restrictions alimentaires et je pars à l'école au son de "Nine in the Afternoon". Je suis dans le char, alors j'peux pas vraiment le jurer, mais j'suis convaincue qu'un soleil en carton jaune fluo me suit au-dessus de la tête tout au long de la ride. J'ai d'ailleurs sûrement l'air d'une pochette psychédélique d'album des Beatles.
Après, y'a comme vortex de sept heures qui suce toute ma joie de vivre.
À ma sortie de l'école, je m'aperçois qu'il a (encore) neigé (tabarnak). Je déblaie Suzanne en sacrant parce que j'ai toujours de la misère à me rendre sur le toit du haut de mes 5 pieds pis que c'est le moment où mon balai à neige rétractable foul top décide de rendre l'âme. Mes cheveux, qui avaient miraculeusement toffé la journée, sont mouillés pis tapés sur ma tête en même pas deux minutes. Le ventre commence à me tirer parce que je suis trop fatiguée. La neige continue à tomber pour me narguer. L'imbécile derrière moi me colle au cul même si j'arrête pas de lui foutre les breaks dans la face pour lui faire comprendre que c'est glissant pis qu'il me gosse. Je fais des fuck-you dans mes mitaines en sentant monter en moi des pulsions de mort. Ça me prend le double du temps habituel pour revenir chez moi, dont la moitié où j'essaie de retenir les larmes qui montent parce que je me rends compte que je ne peux pas boire MÊME SI LA BIÈRE SERAIT BONNE EN CRISS en majuscules. Une fois parquée devant chez moi, la connasse de neige fait couler mon mascara à peu près jusqu'à mes genoux. Je monte les quatre étages de mon bloc en cherchant mon souffle parce que mon corps pas en forme peine à faire circuler les litres de sang que j'ai en surplus. J'entre chez moi pis mon chum est trop fin pour mon état d'esprit, alors je lui pitche en pleurant qu'être à jeûn, c'est de la marde, que je dois vraiment être alcoolique, que j'aurai pu jamais de vie sociale normale pis que j'y vais pu, au fucking 5@7, mais qu'il peut y aller, lui. À ce moment précis, je me crois. Au bout de deux heures et après avoir constaté l'inefficacité de Bridget Jones et des Revellos sur mon moral, je trouve que ça fait trop longtemps qu'il boit en ayant du plaisir, alors je change d'idée pis je lui téléphone avec un ton de sos-suicide-ma-vie-est-un-enfer-à-perpétuité pour lui dire de revenir à l'appart pis que j'feele pas. Je raccroche trop vite pis trop fort. Je tourne en rond dans l'appart en pleurant pis en faisant des sons de gorge épeurants. Je cherche "dépression grossesse" sur Google pis je me mets à lire des forums de madames enceintes qui se disent entre elles "oulaaa, t'as pensé à consulter ton toubib?" en pleurant de plus belle. Chaton passe par là, alors je l'empoigne et l'oblige à se coucher sur moi pour lui imposer ma peine en le caressant avec trop d'insistance. Chaton regarde par-dessus mon coude vers la Liberté. J'ai l'humeur d'une fille de 15 ans qui a pas dansé un seul slow au dernier party alors que sa best, elle, a même frenché.
Ça fait que j'écoute "Smile" de Lagwagon sur repeat un vendredi soir seule à l'appart en flattant trop fort mon chat qui veut juste se sauver pis en pleurant ma vie.
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8 février 2014
L'université
Il y a déjà belle lurette que je n'avais eu à m'installer pour faire un travail universitaire "digne de ce nom" (tousse), ou du moins, à me flageller pour ouvrir mon ordinateur à des fins autres que perdre mon temps sur facebookpinterestcandycrushlapressealdoshoes ou que planifier un cours.
Samedi matin, à deux jours de la date de remise (quand même, j'suis à mon affaire! ok non c'est juste que demain, j'aurai ma correction et ma planif à faire, gnnnnaaaaaaa), aucune motivation. On va déjeuner au resto, on passe chez Emaüs pour rien, on va niaiser dans les magasins, on achète trop de cossins, on revient un peu tard, il est fini, le matin.
Samedi midi. Faut quand même que je dîne là...
Samedi un peu passé midi. Petite game de Candy Crush. Deuxième game de Candy Crush. Ok, je joue jusqu'à ce que je manque de vies.
Samedi, 13 h 40. Changement de pièce dans l'appartement et installation physique pour travailler. Choix de musique, préparation d'une boisson de survie latte, tite couverte sur la chaise de bois, éclairage adéquat, livres à portée de main. Je suis la reine du monde.
Samedi, 14 h. J'ai mis la bonne police de caractères pis j'ai reformulé les consignes du travail. J'ai fait ma page de présentation et mes styles pour que ma table des matières marche bien à la fin. J'ai écrit les titres "introduction" et "conclusion". Je suis une secrétaire avec un beau contenant pas de contenu.
Samedi, 14 h 5. Je m'autorise une pause pour bloguer, et Chaton se couche sur mes cahiers.
...
Ça ne me manquait pas, "les plus belles années de ma vie".
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Samedi matin, à deux jours de la date de remise (quand même, j'suis à mon affaire! ok non c'est juste que demain, j'aurai ma correction et ma planif à faire, gnnnnaaaaaaa), aucune motivation. On va déjeuner au resto, on passe chez Emaüs pour rien, on va niaiser dans les magasins, on achète trop de cossins, on revient un peu tard, il est fini, le matin.
Samedi midi. Faut quand même que je dîne là...
Samedi un peu passé midi. Petite game de Candy Crush. Deuxième game de Candy Crush. Ok, je joue jusqu'à ce que je manque de vies.
Samedi, 13 h 40. Changement de pièce dans l'appartement et installation physique pour travailler. Choix de musique, préparation d'une boisson de survie latte, tite couverte sur la chaise de bois, éclairage adéquat, livres à portée de main. Je suis la reine du monde.
Samedi, 14 h. J'ai mis la bonne police de caractères pis j'ai reformulé les consignes du travail. J'ai fait ma page de présentation et mes styles pour que ma table des matières marche bien à la fin. J'ai écrit les titres "introduction" et "conclusion". Je suis une secrétaire avec un beau contenant pas de contenu.
Samedi, 14 h 5. Je m'autorise une pause pour bloguer, et Chaton se couche sur mes cahiers.
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Ça ne me manquait pas, "les plus belles années de ma vie".
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31 janvier 2012
Hyperliens
Il y a quelques semaines, je suis allée faire mon épicerie un samedi soir pis j'ai trippé solide parce qu'y'avait pas un chat dans le magasin.
Depuis, il me pogne des buzz d'épicerie à des heures de faible affluence, genre ce soir. C'est peut-être un excès de motivation provenant du site surexcitant de déco que je viens de découvrir, ou alors de la simple et belle procrastination ++, mais bref, j'ai enfilé mon plus beau kit et je suis sortie dans le froid pour chercher des vivres.
Quand on écoute de la salsa en marchant en plein hiver, on dirait qu'y fait un peu plus chaud, que la saison est un set de tournage pis que la neige est faite de copeaux de savon. J'attends presque qu'un éclairagiste en chemise hawaïenne se pointe au coin de la rue. ''Oh, scusez.''
Y'a une femme qui s'est stationnée nowhere pour sortir des grands cartons de son coffre et les mettre dans le bac de récupération de quelqu'un d'autre. Je me suis dit qu'y fallait que j'dise à ma soeur qu'elle n'est pas la seule à squatter les poubelles des autres parce qu'elle produit trop de déchet selon les critères municipaux.
Mon iPod est plein de bonne musique, mais y'a toujours des tounes de marde qui viennent gâcher le mood : faudrait que j'fasse le ménage de mes affaires, ou plus de playlists.
Quand j'arrive près de l'épicerie, je dois toujours ralentir la cadence un peu et me laisser refroidir, manteau grand ouvert, avant d'entrer, parce que sinon je sue ma vie une fois à l'intérieur pis c'est désagréable.
Je sais pas si mes lectures de fée-fille m'influencent, mais j'ai remarqué récemment que j'achetais peu d'articles dans les rangées du centre. Je me souviens avoir lu quelque part que c'était plus santé de manger frais, donc de prendre ce qui est dans la périphérie du magasin.
Y'avait autant pas un chat que l'autre samedi soir, joie. Je me sentais tellement à l'aise que quand la vieille toune de Simple Plan s'est mise à jouer, j'ai chantonné gaiement l'harmonie du refrain, du moins jusqu'à ce que sorte du bout d'une allée une fille qui, elle, sifflait le refrain. On s'est arrêtées toutes les deux, on a fait semblant de ne pas avoir remarqué le crime de l'autre.
Des fois j'aimerais ça me marier, puis je pense à toutes ces choses que je pourrais faire avec la somme nécessaire pour organiser un mariage, alors j'me dis que ça vaut clairement pas la peine.
Le retour a été plus calme. J'ai juste vu un gars avec un look savamment artisto-négligé sortir d'une vanne avec un bicycle stationnaire. J'ai trouvé ça drôle, ma face l'a su, je l'ai sûrement fixé un peu trop longtemps, ça a eu l'air de le gêner puisqu'il a baissé les yeux au sol.
C'était pas voulu.
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Depuis, il me pogne des buzz d'épicerie à des heures de faible affluence, genre ce soir. C'est peut-être un excès de motivation provenant du site surexcitant de déco que je viens de découvrir, ou alors de la simple et belle procrastination ++, mais bref, j'ai enfilé mon plus beau kit et je suis sortie dans le froid pour chercher des vivres.
Quand on écoute de la salsa en marchant en plein hiver, on dirait qu'y fait un peu plus chaud, que la saison est un set de tournage pis que la neige est faite de copeaux de savon. J'attends presque qu'un éclairagiste en chemise hawaïenne se pointe au coin de la rue. ''Oh, scusez.''
Y'a une femme qui s'est stationnée nowhere pour sortir des grands cartons de son coffre et les mettre dans le bac de récupération de quelqu'un d'autre. Je me suis dit qu'y fallait que j'dise à ma soeur qu'elle n'est pas la seule à squatter les poubelles des autres parce qu'elle produit trop de déchet selon les critères municipaux.
Mon iPod est plein de bonne musique, mais y'a toujours des tounes de marde qui viennent gâcher le mood : faudrait que j'fasse le ménage de mes affaires, ou plus de playlists.
Quand j'arrive près de l'épicerie, je dois toujours ralentir la cadence un peu et me laisser refroidir, manteau grand ouvert, avant d'entrer, parce que sinon je sue ma vie une fois à l'intérieur pis c'est désagréable.
Je sais pas si mes lectures de fée-fille m'influencent, mais j'ai remarqué récemment que j'achetais peu d'articles dans les rangées du centre. Je me souviens avoir lu quelque part que c'était plus santé de manger frais, donc de prendre ce qui est dans la périphérie du magasin.
Y'avait autant pas un chat que l'autre samedi soir, joie. Je me sentais tellement à l'aise que quand la vieille toune de Simple Plan s'est mise à jouer, j'ai chantonné gaiement l'harmonie du refrain, du moins jusqu'à ce que sorte du bout d'une allée une fille qui, elle, sifflait le refrain. On s'est arrêtées toutes les deux, on a fait semblant de ne pas avoir remarqué le crime de l'autre.
Des fois j'aimerais ça me marier, puis je pense à toutes ces choses que je pourrais faire avec la somme nécessaire pour organiser un mariage, alors j'me dis que ça vaut clairement pas la peine.
Le retour a été plus calme. J'ai juste vu un gars avec un look savamment artisto-négligé sortir d'une vanne avec un bicycle stationnaire. J'ai trouvé ça drôle, ma face l'a su, je l'ai sûrement fixé un peu trop longtemps, ça a eu l'air de le gêner puisqu'il a baissé les yeux au sol.
C'était pas voulu.
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7 septembre 2011
C'est vrai que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt
Se lever avant le soleil.
Je n'avais pas réalisé hier soir en programmant mon cadran qu'il sonnerait alors qu'il fait encore noir. Deux petites secondes de Kanye West me convainquent d'éteindre la chose et d'enfiler mes jeans. Ce matin, je déjeune avec mon ami avant qu'il parte travailler. Treize bobépines et un grand verre d'eau plus tard, j'attends Dru sur le bord de la rue avec pour seuls compagnons les chats qui finissent leur quart.
Habiter dans un quartier de chats.
Chercher la graphie de Kanye West sur Google.
Le matin, on dirait que mes idées sont plus claires, que ma créativité s'effervesce la vie. On jase de tout, Dru et moi, genre de ses deux dates et du fait qu'une des deux va bientôt prendre le bord pour cause de l'autre-est-comme-plus-intéressante, puis on parle déco de son nouvel appart et projets de photos à l'aurore. Évidemment, je culpabilise de manger un shitload de bacon au Buffet de l'Antiquaire alors que je chiale depuis une semaine que j'ai engraissé de 10 lbs en 4 mois, donc je décide de marcher pour rentrer chez moi en me disant que, caloriquement parlant, ça compense.
Vivre dans le déni.
Le vent est frais, on sent vraiment que l'automne s'en vient, y'a même quelques arbres qui s'essaient à rougeoyer. Je marche d'un bon pas en souriant aux autres marcheurs; je fais soudainement partie d'une communauté de lève-tôt énergiques même si j'ai pas ma carte de membre. Je ferme mes yeux en m'arrêtant quelques secondes près de la rivière, d'où une brume s'échappe pour venir lécher mon visage.
Se rappeler que les cours d'eau sont pleins de coliformes fécaux.
C'est con comme mon iPod à tue-tête installe un calme dans mon esprit, s'impose comme un mur de briques entre moi et les bruits de la ville. Mes pas martèlent du vieux Arctic Monkeys alors que je me fais la réflexion que ma marche en nature est presque souillée par toute cette musique, comme si je regardais un Monet sur un fond de happy hardcore.
Namedropper des trucs passés de mode.
S'autoriser une grande flexibilité lexicale et songer que c'est peut-être un aspect marquant de la littérature actuelle.
Se prendre pour une auteure.
Se prendre pour une autre.
C'est vrai que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Mes idées sont plus claires, ma créativité s'effervesce la vie, j'ai l'impression de faire partie de la planète. Je prends conscience de la chance que j'ai de voir le soleil se lever, d'entendre la ville se réveiller, d'être témoin d'un monde qui fonctionne très bien sans moi mais auquel, finalement, j'appartiens.
Constater que je suis vraiment influencée par les 10 minutes d'entrevue avec Marie Laberge prises au vol à l'émission de Sonia Benezra l'autre soir.
Bon, ok : je l'aime, Marie Laberge.
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Je n'avais pas réalisé hier soir en programmant mon cadran qu'il sonnerait alors qu'il fait encore noir. Deux petites secondes de Kanye West me convainquent d'éteindre la chose et d'enfiler mes jeans. Ce matin, je déjeune avec mon ami avant qu'il parte travailler. Treize bobépines et un grand verre d'eau plus tard, j'attends Dru sur le bord de la rue avec pour seuls compagnons les chats qui finissent leur quart.
Habiter dans un quartier de chats.
Chercher la graphie de Kanye West sur Google.
Le matin, on dirait que mes idées sont plus claires, que ma créativité s'effervesce la vie. On jase de tout, Dru et moi, genre de ses deux dates et du fait qu'une des deux va bientôt prendre le bord pour cause de l'autre-est-comme-plus-intéressante, puis on parle déco de son nouvel appart et projets de photos à l'aurore. Évidemment, je culpabilise de manger un shitload de bacon au Buffet de l'Antiquaire alors que je chiale depuis une semaine que j'ai engraissé de 10 lbs en 4 mois, donc je décide de marcher pour rentrer chez moi en me disant que, caloriquement parlant, ça compense.
Vivre dans le déni.
Le vent est frais, on sent vraiment que l'automne s'en vient, y'a même quelques arbres qui s'essaient à rougeoyer. Je marche d'un bon pas en souriant aux autres marcheurs; je fais soudainement partie d'une communauté de lève-tôt énergiques même si j'ai pas ma carte de membre. Je ferme mes yeux en m'arrêtant quelques secondes près de la rivière, d'où une brume s'échappe pour venir lécher mon visage.
Se rappeler que les cours d'eau sont pleins de coliformes fécaux.
C'est con comme mon iPod à tue-tête installe un calme dans mon esprit, s'impose comme un mur de briques entre moi et les bruits de la ville. Mes pas martèlent du vieux Arctic Monkeys alors que je me fais la réflexion que ma marche en nature est presque souillée par toute cette musique, comme si je regardais un Monet sur un fond de happy hardcore.
Namedropper des trucs passés de mode.
S'autoriser une grande flexibilité lexicale et songer que c'est peut-être un aspect marquant de la littérature actuelle.
Se prendre pour une auteure.
Se prendre pour une autre.
C'est vrai que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Mes idées sont plus claires, ma créativité s'effervesce la vie, j'ai l'impression de faire partie de la planète. Je prends conscience de la chance que j'ai de voir le soleil se lever, d'entendre la ville se réveiller, d'être témoin d'un monde qui fonctionne très bien sans moi mais auquel, finalement, j'appartiens.
Constater que je suis vraiment influencée par les 10 minutes d'entrevue avec Marie Laberge prises au vol à l'émission de Sonia Benezra l'autre soir.
Bon, ok : je l'aime, Marie Laberge.
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11 juillet 2011
20 avril 2011
La chatonne
Je ne sais pas si je vous ai déjà dit que j'aimais les chats. J'aime les chats.
Je ne sais pas si je vous ai déjà dit que je suis allergique aux chats. Je suis allergique aux chats.
Mon actuelle coloc a une chatonne très cool que j'ai fini par apprivoiser et qui est donc venue me faire des mamours ce matin à mon réveil. Le deal : 10 minutes de pur bonheur en échange de 10 heures d'éternuements, de grattage de yeux et de piquage de gorge.
Je suis une très mauvaise femme d'affaires.
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Je ne sais pas si je vous ai déjà dit que je suis allergique aux chats. Je suis allergique aux chats.
Mon actuelle coloc a une chatonne très cool que j'ai fini par apprivoiser et qui est donc venue me faire des mamours ce matin à mon réveil. Le deal : 10 minutes de pur bonheur en échange de 10 heures d'éternuements, de grattage de yeux et de piquage de gorge.
Je suis une très mauvaise femme d'affaires.
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5 mars 2011
She's late!
Entendu à l'appart
Coloc - La chatte a encore vomi hier matin...
Je - Ouais, je l'ai entendue en sortant de la douche.
Coloc - Ça fait plusieurs matins.
Je - C'est son vomi matinal.
Coloc - Peut-être qu'est enceinte!
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Coloc - La chatte a encore vomi hier matin...
Je - Ouais, je l'ai entendue en sortant de la douche.
Coloc - Ça fait plusieurs matins.
Je - C'est son vomi matinal.
Coloc - Peut-être qu'est enceinte!
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17 février 2011
Zoothérapie
Au moment où je m'apprête à décrire ici ma frustration du jour, la chatonne de ma coloc se pointe en miaulant et grimpe sur moi, s'installe sur mes jambes, ronronne. Se frôle la tête dans le creux de mes coudes.
Quinze minutes passent.
Et mon texte cinglant sur l'immobilisme des grandes organisations québécoises devient un petit paragraphe mielleux sur les joies d'avoir un animal domestique.
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Quinze minutes passent.
Et mon texte cinglant sur l'immobilisme des grandes organisations québécoises devient un petit paragraphe mielleux sur les joies d'avoir un animal domestique.
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6 janvier 2011
Le quartier des chats
Une intersection. Coin 4e et 4e.Vert.
Les voitures passent. Attendent aux quatre coins deux étudiantes, un vieil homme et un chat.
Jaune. Rouge.
Bonhomme blanc. Les étudiantes et le vieil homme traversent, évidemment.
Le chat regarde à gauche, puis à droite, et traverse sur les lignes jaunes. Ou peut-être étaient-elles blanches. N'empêche, true story.
Sa mère l'a mal élevé : tout le monde sait qu'y faut regarder à gauche une dernière fois avant de se lancer.
(Je sais, j'ai pas foul de talent pour le photoshopage d'images, mais je trouve qu'il est pas si pire que ça, mon feu de circulation!)
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20 décembre 2010
Poudrerie
Sur cette rue-là, je traverse vis-à-vis le bloc bleu. J'ai pas tellement de raison, ça n'a rien de plus optimal que de traverser au coin de la rue, ou devant n'importe quelle autre bâtisse, mais c'est là que je traverse. Le banc de neige le sait, il garde ma trace, mon spot de passage juste à moi.
Toi, ça t'énervait que je traverse toujours aux mêmes endroits quand on prenait des marches, tu pognais les nerfs. Tu restais de l'autre côté de la rue pis tu boudais. Asti de con.
La neige jaune sur le côté des trottoirs me détaille les allées et venues des principaux habitants du quartier des chats. On voit les pas, aussi, les traces distinctes : chat, chix, enfant, chat, chat, raton?, chat, homme, chix, chat. Un botch encore fumant. Des fois, y'a comme des mottons rose-beige-orange qui s'imposent sur mon chemin, glacés, pas homogènes, louches, alors je les contourne. Too much information. La neige, c'est trop immaculé, ça trahit tout. Comme si un bar crade et toujours bondé faisait poser de la moquette blanche mur à mur. Juste non. Donnez-nous une chance!
C'est glissant. Les voitures ont de la misère à arrêter aux lumières, alors je ne traverse pas même si j'ai mon bonhomme. J'attends que plus rien ne bouge. J'enlève mes écouteurs, j'écoute le bruit du dérapage. Droite, gauche, droite; je remets mes écouteurs et j'avance de deux pas en reculant de un en sacrant.
Ça fait un an demain que t'es mort pis je suis encore frue. Va chier.
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Toi, ça t'énervait que je traverse toujours aux mêmes endroits quand on prenait des marches, tu pognais les nerfs. Tu restais de l'autre côté de la rue pis tu boudais. Asti de con.
La neige jaune sur le côté des trottoirs me détaille les allées et venues des principaux habitants du quartier des chats. On voit les pas, aussi, les traces distinctes : chat, chix, enfant, chat, chat, raton?, chat, homme, chix, chat. Un botch encore fumant. Des fois, y'a comme des mottons rose-beige-orange qui s'imposent sur mon chemin, glacés, pas homogènes, louches, alors je les contourne. Too much information. La neige, c'est trop immaculé, ça trahit tout. Comme si un bar crade et toujours bondé faisait poser de la moquette blanche mur à mur. Juste non. Donnez-nous une chance!
C'est glissant. Les voitures ont de la misère à arrêter aux lumières, alors je ne traverse pas même si j'ai mon bonhomme. J'attends que plus rien ne bouge. J'enlève mes écouteurs, j'écoute le bruit du dérapage. Droite, gauche, droite; je remets mes écouteurs et j'avance de deux pas en reculant de un en sacrant.
Ça fait un an demain que t'es mort pis je suis encore frue. Va chier.
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1 octobre 2010
Le jeu du chat et de la souris, un photoroman palpitant [tome 2]
Last week in Le jeu du chat et de la souris, un photoroman palpitant...
Issues ont été bloquées, bottes ont été enfilées, armes ont été préparées : il ne nous restait plus qu'à contacter notre meilleur expert pour commencer les fouilles.
Le voici qui commence le travail.



Notre meilleur expert semble flairer une piste qui pourrait nous mener droit au coupable.


Ça y est l'odeur du sang et du mal ne ment pas : il y a un intrus dans ce trou, bordel! Tellement que l'intrus s'affole, provoque un bruit immense (tic-tic-tic-pôk), surprend notre meilleur expert, qui revole 10 pieds de haut en poussant un miaulement viril et qui se sauve, ce qui fait hurler comme une fée-fille votre dévouée narratrice.
(...)
Notre meilleur expert est une sale mauviette.

Heureusement pour lui, j'ai un appareil de haute qualité qui pourra me prendre un cliché précis de la scène du crime, où il semble déjà y avoir un dispositif de sécurité...
Ne vous méprenez pas : je ne me suis quand même pas approchée, tsss, j'ai vraiment trop peur à ma vie (hihi), alors vive le zoom de ma caméra!


Telle est la question.
_____
Issues ont été bloquées, bottes ont été enfilées, armes ont été préparées : il ne nous restait plus qu'à contacter notre meilleur expert pour commencer les fouilles.
Le voici qui commence le travail.
Notre meilleur expert semble flairer une piste qui pourrait nous mener droit au coupable.
Ça y est l'odeur du sang et du mal ne ment pas : il y a un intrus dans ce trou, bordel! Tellement que l'intrus s'affole, provoque un bruit immense (tic-tic-tic-pôk), surprend notre meilleur expert, qui revole 10 pieds de haut en poussant un miaulement viril et qui se sauve, ce qui fait hurler comme une fée-fille votre dévouée narratrice.
(...)
Notre meilleur expert est une sale mauviette.
Heureusement pour lui, j'ai un appareil de haute qualité qui pourra me prendre un cliché précis de la scène du crime, où il semble déjà y avoir un dispositif de sécurité...
Ne vous méprenez pas : je ne me suis quand même pas approchée, tsss, j'ai vraiment trop peur à ma vie (hihi), alors vive le zoom de ma caméra!
Telle est la question.
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30 septembre 2010
Le jeu du chat et de la souris, un photoroman palpitant
Ce matin, j'avais une belle note sur la table :
Val,
Je pense qu'on a une souris sous l'évier de la cuisine... :(
Je l'ai pas vue (j'ai regardé), mais je crois l'avoir entendue et l'équation Automne + Chat-planqué-devant-l'armoire-qui-semble-entendre-aussi est assez prometteuse...
Attention... Bonne journée!
Marie
Ok, là, c'est le moment où j'ai peur.
(...)
Fin du moment où j'ai peur. (Parce que tsss, j'suis pas une mauviette)
J'ai un plan.
D'abord, il importe de bloquer toutes les issues à souris, surtout celles qui nous sont chères.

Il faut le faire même si certains semblent trouver notre plan louche.

Bien sûr, il est important de ne pas oublier d'enfiler une tenue vestimentaire appropriée.

Ensuite, quand on se sent prêt, il faut s'équiper des bons outils, des armes de destruction massive. N'ayez pas peur d'être créatif.

Tchi-ke-tchi-ke-tchi! On ouvre la porte du royaume imaginaire... Non sans avoir le coeur qui débat un peu, quand même. Qui sait ce qui se trouve dans de tels lieux!

Une histoire à suivre...
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Val,
Je pense qu'on a une souris sous l'évier de la cuisine... :(
Je l'ai pas vue (j'ai regardé), mais je crois l'avoir entendue et l'équation Automne + Chat-planqué-devant-l'armoire-qui-semble-entendre-aussi est assez prometteuse...
Attention... Bonne journée!
Marie
Ok, là, c'est le moment où j'ai peur.
(...)
Fin du moment où j'ai peur. (Parce que tsss, j'suis pas une mauviette)
J'ai un plan.
D'abord, il importe de bloquer toutes les issues à souris, surtout celles qui nous sont chères.
Il faut le faire même si certains semblent trouver notre plan louche.
Bien sûr, il est important de ne pas oublier d'enfiler une tenue vestimentaire appropriée.
Ensuite, quand on se sent prêt, il faut s'équiper des bons outils, des armes de destruction massive. N'ayez pas peur d'être créatif.
Tchi-ke-tchi-ke-tchi! On ouvre la porte du royaume imaginaire... Non sans avoir le coeur qui débat un peu, quand même. Qui sait ce qui se trouve dans de tels lieux!
Une histoire à suivre...
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