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8 juin 2012

Le problème avec moi, c'est moi

Mais est-ce que tu le sais, ce qui te rendrait heureuse?

Non
Je ne sais pas

Du temps
De l'argent
De l'amour
La santé

Est-ce qu'on peut vraiment vouloir autre chose, dans la vie?
Un projet artistique
Des voyages
Du temps
De l'argent

Un chat
Non, juste de l'amour

Des pacotilles
Quelques livres en moins
Un grand piano
Ma sœur à deux coins de rue
Une carte postale inattendue
Un film qui fait rêver, un repas délicieux
Le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand
Cet air nostalgique, en boucle, le film de sa propre vie
Un narrateur impromptu qui nous comprend
Le chant des vagues
L'odeur du sel
Le goût de ta peau

De l'amour
De l'argent
Du temps pour en profiter

La santé, nommée uniquement pour ne pas porter malheur


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1 avril 2011

L'approche de la trentaine?

Je pense que je suis heureuse.

Même quand je chiale, quand je déprime, quand je suis amoureuse d'une histoire pas possible, quand je suis trop fatiguée, quand je suis SPM, quand je suis saoule ou à jeun, quand je travaille, quand je me remets en question, quand je glande, quand je sacre, quand je suis découragée par mes dettes, je sais que je suis heureuse quand même.

J'avais les idées noires dans l'autobus après le travail; j'écoutais du Radiohead en me trouvant tellement emo, pis en même temps, je regardais mon corps de 5 pieds assis sur un banc au fond, les pieds qui touchent pas à terre, la sacoche trop pleine, le toupet gras séparé en couettes laides sur mon front, quinze épaisseurs de chandails, la musique dépressive, pis j'étais contente d'être moi. J'aime qui je suis.

J'aurais pas voulu être personne d'autre dans ce fond d'autobus.

Je pense que je suis profondément heureuse.


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7 octobre 2010

Après les journées 2, le beau temps

J'aime vraiment quand la vie s'organise pour détruire tout mon cynisme.

Souriez, tout le monde!

6 octobre 2010

Une journée 2

L'autre jour, je lisais un article de l'Actualité dans une salle d'attente de l'hôpital. Ça traitait (traitement : toubidou-tsscchhh!!) de nouveaux médicaments découverts et il y avait une phrase qui ressemblait très exactement à ceci : ''Quand Novartis a annoncé les résultats des essais cliniques lors d'un congrès scientifique, des chercheurs pleuraient tellement c'était incroyable.'' Et plus loin : ''Ces trois scientifiques américains ont été récompensés pour avoir mis au point le premier traitement intelligent du cancer. Rien de moins.''

Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.

J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...

Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.

Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?

Avouez.

C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.

Bête de même.

J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.

D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.

De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.

Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.

Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.


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3 octobre 2010

West Edmonton Mall, manne

Je ne sais pas si vous êtes de ma génération.

Je ne sais pas non plus combien de temps il est légal de conserver le même cahier de lecture dans une matière enseignée au secondaire.

Toujours est-il que si vous êtes un cépage des années 80, probablement que vous avez comme moi découvert le West Edmonton Mall dans un cours d'anglais au secondaire.


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaa le West Edmonton Mall...

Foul de boutiques, foul de jeux, un sous-marin, un zoo, une méga piscine, un hotel, des chambres thématiques : le rêve, quoi. Avec mes amies de filles, on s'était dit que plus tard, on ferait un road trip jusqu'au West Edmonton Mall pour enfin voir en vrai ce que c'est pis qu'on dormirait dans la chambre thématique africaine.

Bon.

Ok, on s'entend qu'on l'a pas fait. Si je peux me permettre de répondre à un blog lu récemment, je dirais que la vie, c'est un peu comme le West Edmonton Mall. Quand on s'en fait parler, plus jeune, on est vraiment impressionné, on se dit que ça doit être quelque chose de drôlement excitant pis on a hâte de grandir pour pouvoir l'expérimenter.

Puis, on grandit. On se rend compte que les chambres thématiques ont en fait une décoration assez cheap-quétaine merci, et que les boutiques restent en majorité les mêmes que dans tout bon centre commercial qui se respecte. On réalise que des glissades d'eau, y'en à Bromont, pis que la Ronde a des manèges pas mal plus excitants que ceux du West Edmonton Mall (et même la Ronde, on s'en lasse).

C'est un peu comme ma sœur qui est entrée dans une maison identique à celle de notre enfance et qui m'a dit : ''Me semble que la cuisine me paraissait vraiment plus grosse quand j'étais petite : en vrai, c'est minuscule!''

On est juste vieux, on connaît plein de trucs, on a un esprit critique. Notre vision des choses n'est plus la même. On pourrait être tenté de chigner qu'on s'est fait vendre du rêve, comme mon livre d'anglais qui faisait de la propagande capitaliste (j'me trouve vraiment drôle, lol lol lol) en nous vantant les mérites d'un simple centre d'achats (je sais, c'est un anglicisme, j'm'en fous). On pourrait faire ça.

Mais le truc, c'est que le West Edmonton Mall, il existe encore. Ce n'est pas un mirage. Il est comme dans mon livre, sûrement même upgradé. Il n'est pas responsable de mon intellect qui s'enorgueillit d'un esprit critique.

Au fond, si j'ai envie de trouver ça hot, encore aujourd'hui, le West Edmonton Mall, bin il n'en tient qu'à moi de le faire. Mon point de vue a changé en 10 ans; il peut encore le faire si j'le provoque un peu.

Y'a personne qui va arriver devant moi par magie pour me dire qu'au fond, le West Edmonton Mall est encore plusss plusss hot que tout ce que j'avais pu imaginer à 14 ans.

Y'a personne qui va vous arrêter dans la rue pour essayer de vous convaincre que la vie est superbe (ah zut, peut-être que oui au fond, peut-être un illuminé d'une secte quelconque, mais écoutez-le pas, y veut votre argent) : c'est à vous de vous en convaincre. C'est votre job. C'est entre vos mains.

Yo gang, ça existe pas, la magie.


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27 septembre 2010

Tais-moi

On sous-estime l'importance du silence, l'apesanteur du vide sonore, la jouissance de ne rien entendre si ce n'est sa propre respiration, la caresse du vent, la constance des vagues. L'esprit qui divague.

Le bonheur d'écrire.

Ce silence, c'est la vraie solitude, même à deux, le décrochage (enfin), la meilleure compagnie qui soit, le froid qui nous rend vivant, le temps de reprendre son souffle, l'intermède, le remède. Mon amour pour toi.

Le point final.


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10 septembre 2010

Le jour et la nuit

C'est à l'heure où le fonctionnambule fé dôdô que je ressors (bong) dans la rue. Je marche longtemps seule, puis à contre-courant de ceux qui sont bien habillés : les noctambules irriguent la ville et n'ont que faire de mon petit manteau de pluie qui trottine vers chez lui. Je rigole un peu d'avoir battu mon ami à son jeu, car je l'ai encore battu à son jeu. Et c'était meilleur que du sexe!

Il fait noir et je n'ai plus rien à cacher, alors je garde ce même air qui murmure un nouveau sourire, comme cette chanson que j'écouterai sur repeat pendant toute la demi-heure qu'il me faut pour rentrer à la maison. Le tu est bien loin derrière : j'embrasse ma soirée au je.

En dix jours, le quartier du haut de la côte s'est déguisé; Independance Day est devenu Toussaint, et les feuilles sentent la répétition générale. J'aime mon pays, ce n'est pas un hiver, c'est l'automne. Sous une lumière ocre, mes leggings dansent la lambada contre ma robe lourde, et mon foulard me cajole le nez en faisant des bye-bye aux passants.

Je n'ai plus l'air déphasée : personne ne l'est quand on ferme la lumière et, en fait, tout le monde s'en fout. J'avance en pensant trop parce que je sais que je vais écrire ce texte, le sentiment de déjà-vu est simplement obsédant.

Mes bottes connaissent le chemin; j'arrive vite en haut des marches, c'est vraiment mon moment préféré. Toujours, le vent est au rendez-vous et envoie valser les frileux. Je m'arrête longtemps pour regarder le quartier du bas, le quartier sale qui ne dort plus. Il a des problèmes d'insomnie. La fontaine fait de la broue, complice d'un pré-pubère anonyme, et Esméralda fume une clope avec Quasimodo sur le perron de l'église en attendant son shift.

D'une voie à l'autre, les voitures et les passants ne savent plus où aller. Moi, je me trouve chanceuse d'avoir une destination. Je suis les violons jusqu'au-dessus du pont, la rue du, la rivière puissante et forte, le quartier des escaliers où tous les chats sont gris, mon bout de rue préféré avec ses maisons maintenant toutes assorties. Oui.

Je suis de retour dans mon bourg, à la recherche de mes clés. La chatonne, toujours grise elle, monte les marches en courant pour arriver avant moi. Après une collation, on va faire la sieste ensemble dans les couvertes moelleuses. Je l'ai apprivoisée.


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9 septembre 2010

J'aime ma coloc alcolo

Il y a une heure...

Marie, toute fine - Heille tsé le vin blanc qu'y'est dans le frigo, tu peux l'utiliser comme vin de cuisson, tsé. La bouteille est déjà ouverte, c'est quand même ton vin à la base...

Maintenant.

Marie, plus loin dans l'appart - Vaaaaaaal?
Val - Oui?
Marie - Tsé le vin de cuisson là...?
Val - Oui?
Marie - Bin y'en reste pu finalement!
Val - Dit-elle un peu pompette!
Marie, candide et saoule - Bin y'en reste, mais y'est toute dans mon verre!!


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2 septembre 2010

Tu rajoutes un titre

C'est à l'heure des fonctionneux que tu sors dans la rue. Tu marches à contre-courant de ceux qui sont bien habillés : toi, t'as les cheveux gras et ton haleine du matin, tu marches pour retourner chez toi. Tu te dis que ce garçon qui te fixe pense sûrement ''walk of shame'', alors t'as envie de lui chanter que t'as juste dormi au frais, t'as dormi au frais. Et c'était encore meilleur que du sexe!

Tu tentes maladroitement de remédier à la situation en te composant un sourire naïf, ou plutôt en modelant le sourire déjà peint sur ton visage pour qu'il semble enfantin, léger. Un sourire comme cette chanson que tu écouteras sur repeat pendant toute la demi-heure qu'il te faut pour rentrer à la maison.

Tu aimes le quartier du haut de la côte parce qu'il y vente, il vente tout plein sous et sur ta robe de gitane, si légère que tu te sens nue, tu marches nue dans les beaux quartiers, le vent caresse ta peau à peine moite, ton dos, tes cuisses, ton ventre; ta robe est ballon, moulante, frivole, gonflée, serrée.

Tu rêvasses et te surprends à narrer ton parcours à la 2e personne, tu aimerais bien que le narrateur d'Amélie Poulain soit là pour le faire à ta place, comme ça tu pourrais te contenter de marcher gaiement sans te soucier de rien. Mais non, tu narres, tu te dis ''je vais l'écrire sur mon blog'', tu narres plein de faits cocasses, mais tu en oublieras au moins la moitié une fois chez toi, devant ton portable. Tu te grondes d'avance. Je devrais tout noter. Tu n'en fais rien, tu jouis : le vent, tsé. Tu en as oublié bien plus que la moitié.

Les rues sont belles, les gens te sourient, tu dois avoir l'air un peu déphasée, mais tu t'en fous. Ton moment préféré, c'est quand tu arrives au haut des marches, là, le vent vente encore plus fort, tu adores, tu t'arrêtes un peu pour regarder le quartier du bas, le quartier sale qui dort encore. Il se réveille bien plus tard. La saleté fait la grasse matinée.

Tu descends les escaliers en croisant ceux qui montent; tu remercie la vie de simplement descendre, le vent sous ta jupe, les fleurs sous les escaliers qui voient tes petites culottes. Ça te fait presque rigoler. Tu sens déjà le chlore du parc du quartier sale, la chute désinfectante, y'a des chips qui flottent mais tu veux quand même tremper tes pieds, tu le fais. C'est presque aussi bon que le vent.

Tu traverses les rues, tu regardes à gauche, à droite, mais toutes les voitures entrent dans un stationnement. À cette heure, personne ne poursuit son chemin, tous finissent par se stationner. Tu es contente d'être maître de ton temps, aujourd'hui, tu médites là-dessus jusqu'au pont, la rue du, la rivière trop basse, le quartier des chats, le garagiste qui vient d'ouvrir la shop et qui tente gentiment, tout doucement, de déloger le matou roux qui se prélasse devant la porte ''enweye minou, tasse-toé... enweye bébé, faut qu'on travaille nous autres là''. La chat sait que l'homme veut pas réellement qu'il parte. Il reste.

Trois rues plus loin, une bonne femme sur une galerie parle à une autre femme avec un carosse, ça jase de famille, ça jase de la vie. Et les chats partout.

Ton bout préféré, c'est le bout de la rue, le sens unique, la quatrième, celle où les arbres sont presque aussi rois que les chats, les façades colorées. Oui.

Tu es de retour dans ton four, dans ton chez-toi. Tu l'aimes. Heureuse : après tout, tu as dormi au frais. Alors bon matin l'appart, même si t'es nouveau, même si t'es fourneau. C'est ton berceau du quartier des chats. Vous vous êtes apprivoisés. Et la chatonne se frôle sur tes jambes pendant que tu lui débarres la porte.


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14 août 2010

En vrac

Entendu à la Barberie

Tout le monde était super foul à jeûn...

Bidou - Tsé au fond, j'réalise que j'suis chanceux : j'suis en santé, j'ai mes 4 jambes...
La table - 4 jambes!!
Bidou - Non mais j'veux dire que j'ai tous mes membres...
Bière - Donc, t'es satisfait de ta graine.
Bidou - Oui.

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Gratitude

Je me lève en ce samedi matin, toute heureuse de vivre parce qu'il fait beau soleil et que j'ai dormi des heures et des heures, le genre de journée qui donne le goût de crier ''J'aime la vie, dude!''. Je m'installe à mon ordinateur pour faire ma ronde habituelle (I know, geek), et une de mes applications a un mot de passe qui commence par ''me...'', et moi d'écrire, sans trop m'en rendre compte, ''merci''.

En passant, non, ça n'a pas ouvert l'application, le vrai mot de passe étant évidemment ''merdedansunecouchepleinequipue''.

***

La 800

Assise entre une grosse qui sent le parfum et un tit-cul dont j'entends le beat au travers de mes propres écouteurs, je me laisse aller à mon exercice quotidien de jugement envers mes collègues de transport en commun.

Devant moi existe un gros baraqué avec une veste en cuir qui s'ouvre sur un t-shirt d'aigle, tatoué partout, foulard avec des têtes de mort sur le crâne rasé, air sombre et menaçant, calepin à la main. Dans son calepin, je crois deviner une liste de plusieurs pages dont plusieurs items sont biffés.

D'après vous, ces gens biffés, y sont morts ou y'ont pu de jambes?

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Le côté sombre de la lune

Je sors finalement de l'autobus, Time se met à jouer dans mon iPod, j'appuie sur le ptit bonhomme et j'attends pour traverser, accompagnée d'un cycliste qui porte un t-shirt de Dark Side Of the Moon.

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T'es chaud pis t'es frette, t'es en haut pis t'es en bas

Chaque matin de ma vie où je dois sécher mes cheveux, je pense à Katy Perry en voyant le piton Hot/Cold sur mon séchoir.

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Entendu au ministère

Je - Pis, comment va ton muffin?
Il - Bin il va plutôt ''trépassé'', je dirais.
Je - On! Vas-tu lui faire une messe commémorative?
Il - Je peux attendre de récupérer la dépouille, oui.
Je - Si tu le fais pour vrai, j'te paie une bière!
Il - Deal.
Je - Non mais j'veux une preuve que tu le fais!
Il - J't'appellerai quand même pas des toilettes pour te parler de mes selles! C'est sûrement pas la chose la plus intéressante à propos de moi...
Je - Ouin, j'avoue que j'préfère ton humour et ton intelligence, alors ton caca arrive bon troisième. Ce qui est plutôt décevant pour un numéro deux.


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25 juillet 2010

La touriste zen

J'avais une envie de me sentir ''alone in the crowd'', alors j'ai affronté les marcheurs du vieux port tout l'après-midi. Quelques constatations :
  1. Les gens avec chien ont tous le réflexe de l'obliger à se baigner dans les jets d'eau synchronisés. Même quand la pauvre bête est totalement effrayée et récalcitrante.

  2. Il y a tant de cellulaires... Crime, c'est votre sortie entre amoureux : est-ce que c'est vraiment nécessaire que le cellulaire soit ouvert pour que vous puissiez expliquer à votre chum de gars que vous êtes au vieux port avec votre blonde pis qu'y'a gros du monde? Ça fait-tu avancer l'humanité, ça?

    Je voudrais aussi adresser un commentaire semblable aux vélos munis d'une radio : si vous avez envie de pédaler en écoutant de la musique, pourquoi ne pas le faire au gym? Vous avez choisi un loisir qui se fait à l'extérieur, en nature; me semble que vous pouvez sûrement vous passer d'écouter Rock Détente pendant les deux petites heures de votre balade, non? Essayez la balade sans ballades!

  3. Il y a trop de couples. Parole de célibataire.

  4. J'aime beaucoup les cyclistes qui s'arrêtent pour regarder le fleuve. Je sais que ça a l'air commun comme geste, mais plusieurs ne font que courser sur la piste cyclable, impatients de se rendre fouille-moi où. Ceux qui s'arrêtent quelques minutes inspirent la plénitude. Ça peut juste être du bon monde.

  5. Il y a trop d'ados. Je pense que ce commentaire s'applique à la vie en général. En fait, leur nombre est tout simplement décuplé par leur faculté à exprimer tout (trop) haut toutes leurs pensées (comme si ça nous intéressait) et toutes leurs expressions cool. Ça gosse. En guise d'exemple, ce prépubère qui s'est exclamé : ''Yo man! Check ça, trop chill le bateau!'' Et son ami : ''Tsss, man, c'pas un bateau ça l'gros, c't'un traversier, chose!''

  6. En quelques heures, on peut vraiment entendre des accents de tous les coins du Québec, c'est fascinant. [Je sais, geek de langues.]

  7. Vous pensez que vous êtes originaux de vous faire prendre en photo près de la fontaine? Croyez-moi, vous ne l'êtes pas.

  8. Une petite couverte sur le gazon ne prévaut en aucun cas d'avoir une horde de fourmis qui nous escalade la jambe gauche. [Pensez-vous que je devrais accorder escalader avec fourmis au lieu de horde?]

  9. Les enfants n'ont vraiment aucun filtre. Mes salutations à la petite fille qui s'est exclamée, en me pointant du doigt : ''Maman! Est-tu morte, la madame?'' Bin non, ma belle, je dors sur la place publique, c'est différent! Mais merci de m'avoir réveillée avant que je ronfle, hihi!

  10. Trop de gens ont la fâcheuse manie d'entretenir des conversation du type Mtl VS Québec. Après en avoir souffert quelques unes en tant qu'observatrice externe, je prends ici l'engagement officiel de ne plus jamais comparer. Parce que sérieusement, on s'en fout pas mal.
J'ai l'air de chialer, mais ça m'a vraiment fait du bien comme journée, et je vais recommencer ça la semaine prochaine, c'est certain. Le vent était trop doux sur ma peau, ça sentait la presque-mer; j'ai passé quelques heures à alterner entre lire, observer la faune portuaire et être dans la lune.

*Note aux bourgeoises : cohérence cardiaque

Bonne semaine tout le monde :) et à tous les esseulés : allez vous promener dehors. Oui oui, seuls. Réalisez à quel point vous êtes libre. Je vous parie que quelques heures à vous laisser bercer par le vent vous convaincront que la vie est belle. Et vous apporteront des rencontres surprenantes.

J'ai l'air d'un livre de psycho-pop...


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10 mai 2010

Dans la nuit de dimanche à lundi

Les pneus d'été tournent lentement sous la neige tardive, chétive, gênée, et tombent les flocons de sucre sur mes tim bits, avec la 11 sur repeat et le coeur beaucoup trop léger.

La nuit, tous les angles morts sont gris.

9e Avenue, King, une hésitation, 8e Avenue, Galt, Belvédère, King, la pause sucrée, King encore, Jacques-Cartier, Galt encore, McManamy, j'en veux plusss, Kingston, Ascot, nostalgie, Université, Galt encore, McManamy et Belvédère encore, Union, Alexandre, Darche, Saint-Louis, Léonidas qui arrive trop vite, un beau stationnement, l'appartement éclairé, mon ordinateur essoufflé, mon radio-réveil menaçant.

Fais de beaux rêves.


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4 avril 2010

Insomnie

Ça faisait un moment que ça m'était arrivé et là... Vlan! Les petits chiffres rouges sur mon réveil-matin mauve, turquoise et blanc (feat. 1990) indiquent 4:18.

Et moi, mes yeux sont grand ouverts. Je sens mon poul battre contre mon oreiller : je vous jure, je suis certaine qu'on peut voir ma gorge bouger sous les pulsations! Mes pensées roulent à fond la caisse et voguent de l'amour à l'école, de la job au déménagement, de la couleur de ma future chambre au dîner de Pâques demain, que dis-je, tantôt. Et j'ai mal à la tête, et je veux dormir, JE VEUX DORMIR, BORDEL!

Mais non, ça a l'air.

Plus de deux heures plus tard, après avoir fait le tour de la vie sociale facebookienne d'à peu près tous mes "amis", j'ai toujours les yeux aussi ouverts et je vois le soleil se lever dehors. Si j'avais un char, j'irais chercher de l'eau de Pâques. Au lieu de ça, j'ai une illumination.

La vie est belle.

Je pense à tous mes amis que j'aime tant, à la belle journée d'hier où il faisait si beau et si chaud; je pense aux soirées arrosées du passé et à celles à venir, aux anecdotes pas possibles qui y sont rattachées; je me rappelle Nice, Barcelone et le train, j'imagine l'eau frette d'Old Orchard sur mes chevilles; je revois Lou, bébé, minuscule, endormi dans mes bras avec un beau filet de bave qui vient me mouiller l'épaule; je pense à ma petite sœur qui a fini l'école... l'université; j'écoute de la musique et je trouve ça beau, je prends ma guitare et je grattouille un peu... La vie est vraiment belle.

(...)

Mais au bout du compte, je ne dors pas alors que je voudrais dormir.

Alors je vous emmerde avec ça pour me venger de la vie, si belle mais si ingrate!


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