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27 mai 2012

Bon à savoir

Je raconte les méandres de ma vie amoureuse à un copain en déjeunant au resto ce qui le pousse à commenter :

''Hein, on dirait une toune d'Avril Lavigne!''

Bon. Tu sais que tu es encore une ado quand...


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18 janvier 2012

L'overdose de sel

Un samedi soir, Valérie en pyjama avec sa tuque qui mange une patate au four debout dans le salon en faisant du jogging sur place devant un épisode de Masterchef Australie.

True story.

Pourquwhat? Bin ça commence avec un bol à salade plein de taboulé maison (quoi d'autre, ma drogue) qui manque un peu de sel. Je vais chercher mon sel d'oignon et l'ouvre du mauvais côté, ce qui fait que je verse un pit de sable de sel dans mon bol.

Gnak.

Frustrée de gaspiller autant de précieux taboulé, je me force à manger la moitié du bol, même si ça goûte vraiment dégueulasse à cause du sel.

Val: 1, sel: 0

Évidemment, foul assoiffée, je cale mille verres d'eau après pour compenser pour le trop de sel, et c'est ça que ça commence.

Les palpitations cardiaques.

Sel: 1, Val: 0

Paranoïaque et légèreminiment hypocondriaque, je me pitche sur les zinternettes et je google ''quantité sel overdose'' en calant un autre grand verre d'eau, ce qui me mène sur un forum d'adolescents qui se demandent combien de sel ils doivent manger pour se suicider (!?!) - autre gorgée d'eau - et où une ado conseille aux autres de plutôt se suicider en buvant trop d'eau - vide le restant du verre dans l'évier - parce que le buzz est meilleur (!???!?).

Non mais où s'en vont nos jeunes? Non seulement y savent pas vivre, mais y savent pas mourir non plus!

Ok donc, avec toutes ces informations hautement scientifiques en tête, je suis sur la panique totale de palpitations de pas-de-joie-de-vivre. Je google ''compenser trop de sel'' et alors je trouve des trucs de cuisine où ils disent de mettre une patate dans le ragoût pour que ça absorbe le surplus salin.

Fine.

Étant donné que j'ai peur de me noyer si je bois encore plus d'eau, j'me fais cuire une patate dans le micro-ondes et je vais m'installer dans le salon pour la manger. C'est le grand débrouillage Astral des Fêtes et j'ai CASA (canal de mon coeur, j'ai le goût de payer pour l'avoir tout le temps mais j'me retiens), pis y'a un tas d'épisodes de Masterchef Australie qui passent ce soir-là, alors je regarde les amateurs cuisiner top notch pendant que moi je bouffe ma patate même pas beurrée (yo, le sel, dude...), et là je me mets à avoir froid.

Vraiment froid.

Je me dis : ça y est, je meurs. C'est la mort qui entre lentement en moi, mon corps se refroidit graduellement, c'est la fin. Je suis évidemment seule à l'appart, alors j'écris un courriel à 2-3 amis pour leur dire que j'ai mangé trop de sel : comme ça, si on me retrouve morte, y vont au moins connaître la cause du décès, tsé. Je me demande même pendant quelques secondes si je dois laisser une note sur la table, au cas où des ambulanciers arriveraient chez moi et me retrouveraient juste semi-morte, et là s'ils savent que j'ai mangé trop de sel, ils vont savoir comment me désintoxiquer, mais finalement, j'en viens à la conclusion que la seule façon de repousser la mort, c'est de me réchauffer.

Je vais donc enfiler ma tuque.

Et là je saute, je sautille sur place dans le salon, toujours en mangeant ma patate, en regardant Masterchef Australie dans l'espoir que ça me change les idées et que mes palpitations passent. Pis en allant aux toilettes chaque 5 minutes parce que j'ai vraiment bu trop d'eau.

Vraie de réelle histoire véridique. Un samedi soir, Valérie en pyjama avec sa tuque qui mange une patate au four debout dans le salon en faisant du jogging sur place devant un épisode de Masterchef Australie.

J'ai fini par me tanner de sauter, m'éfoirer sur le divan avec 15 couvertures, m'endormir là, me réveiller très tard devant une émission de rénovations, oublier même que j'avais des palpitations avant de m'endormir, aller me coucher dans mon lit, me réveiller le lendemain matin avec la bouche sèche un peu.

C'était la fois où j'ai fait une overdose de sel.


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12 janvier 2011

La chienne

C'est à huit ans, à une fête d'amis où tu te tiens dans la piscine près du bord, scotchée au plastique, les lèvres mauves. C'est quand tout le monde saute en même temps en faisant des bombes et que toi tu ne sais pas encore nager, le bouillon que tu avales presque et qui te ressort par le nez.

C'est dans la cour d'école, quand tu te tiens debout au milieu du cercle et que tout le monde rit. C'est lire le numéro 2 du Club des Baby-Sitters dans un coin à la récré. C'est l'odeur du ballon que t'enroules autour du poteau à grands coups de poing avec les rejets de ton année pendant toute la troisième étape parce que la chef de ta gang t'a mise dehors.

C'est la veille de la première journée au secondaire, la tension qui te garde réveillée alors que tu veux dormir. C'est la lumière que tu allumes aux cinq minutes pour regarder ton horaire du lendemain et mémoriser les numéros de classe, ton jeans et ton chandail préférés qui t'attendent sur une chaise, un bouton qui te pousse sur le nez.

C'est au début de l'adolescence, quand tu passes la soirée à embrasser ton premier vrai amour et qu'il est trop excité. C'est quand il te pèse sur la tête pour te forcer à le sucer, quand il vient dans ta bouche sans rien demander, le haut-le-cœur que tu réprimes, les deux aspirines que tu avales dans la salle de bain.


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22 décembre 2010

Boom-boom, pow-pow, tchike-tchike, wow-wow!

Avant, s'habiller pour la Naelle, ça voulait dire mettre une robe souvent un peu trop flash avec des grosses fleurs dessus pis des boucles à n'en plus finir. Jouer au barman en coulant des verres de jus de pêche dans le minibar de chez grand-maman.

Après, c'est devenu un casse-tête à savoir quel est mon t-shirt préféré pour avoir l'air d'une ado cool qui se fout pas mal de se mettre en robe pour voir ses grands-parents. Refuser tout sauf peut-être le verre de vin proposé pendant le souper du réveillon.

À un moment donné, c'était même le festival du confort, genre jeans is the new dress. Regarder le bye-bye de RBO.

Pis pouf, un matin, tu stalkes les photos des partys de bureau de tes amis facebook pis tu réalises que la robe un peu trop flash avec des boucles est revenue dans le décor. Jouer avec le barman en calant des verres de schnaps aux pêches.


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6 octobre 2010

Une journée 2

L'autre jour, je lisais un article de l'Actualité dans une salle d'attente de l'hôpital. Ça traitait (traitement : toubidou-tsscchhh!!) de nouveaux médicaments découverts et il y avait une phrase qui ressemblait très exactement à ceci : ''Quand Novartis a annoncé les résultats des essais cliniques lors d'un congrès scientifique, des chercheurs pleuraient tellement c'était incroyable.'' Et plus loin : ''Ces trois scientifiques américains ont été récompensés pour avoir mis au point le premier traitement intelligent du cancer. Rien de moins.''

Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.

J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...

Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.

Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?

Avouez.

C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.

Bête de même.

J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.

D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.

De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.

Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.

Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.


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23 septembre 2010

1999

T'as 15 ans, t'écoutes du Reset à tue-tête, évachée sur ton lit entre un cartable de géo ouvert à la page qu'y faut étudier pis un Filles d'Aujourd'hui spécial tests ouvert à la page du test ''es-tu une bonne amie?'', tu joues du drum avec tes stylos Pilot rose et vert en frappant sur un roman de Marie Laberge et ton verre de thé glacé trop saturé, le téléphone à l'oreille pour parler à Mel du gars que vous surnommez justement Stylo, quatre ou cinq lumière allumées dans ta chambre, des vêtements qui traînent un peu partout, le fer à friser encore chaud près d'un paquet de bandelettes pour enlever les points noirs de sur le nez, l'affiche en noir et blanc du chanteur de Bush X collée sur ta porte de garde-robe avec de la gommette bleue qui passe au travers du papier glacé cheap, ta petite sœur qui cogne doucement à la porte pour savoir si elle peut aller dans ta chambre avec toi, le ''NON'' bien scindant que tu lui gueules en retour, ingrate que tu es.

Et finalement, ton père qui retontit pour t'engueuler sans avoir mis son dentier (donc aucune autorité).

Là là, tu fais quinze affaires en même temps, la radio joue, la télé est ouverte dans le salon, t'es au téléphone, t'as des devoirs à faire pis tes pantoufles sont placées toutes croches à terre. Choisis!


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