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25 juillet 2010

La touriste zen

J'avais une envie de me sentir ''alone in the crowd'', alors j'ai affronté les marcheurs du vieux port tout l'après-midi. Quelques constatations :
  1. Les gens avec chien ont tous le réflexe de l'obliger à se baigner dans les jets d'eau synchronisés. Même quand la pauvre bête est totalement effrayée et récalcitrante.

  2. Il y a tant de cellulaires... Crime, c'est votre sortie entre amoureux : est-ce que c'est vraiment nécessaire que le cellulaire soit ouvert pour que vous puissiez expliquer à votre chum de gars que vous êtes au vieux port avec votre blonde pis qu'y'a gros du monde? Ça fait-tu avancer l'humanité, ça?

    Je voudrais aussi adresser un commentaire semblable aux vélos munis d'une radio : si vous avez envie de pédaler en écoutant de la musique, pourquoi ne pas le faire au gym? Vous avez choisi un loisir qui se fait à l'extérieur, en nature; me semble que vous pouvez sûrement vous passer d'écouter Rock Détente pendant les deux petites heures de votre balade, non? Essayez la balade sans ballades!

  3. Il y a trop de couples. Parole de célibataire.

  4. J'aime beaucoup les cyclistes qui s'arrêtent pour regarder le fleuve. Je sais que ça a l'air commun comme geste, mais plusieurs ne font que courser sur la piste cyclable, impatients de se rendre fouille-moi où. Ceux qui s'arrêtent quelques minutes inspirent la plénitude. Ça peut juste être du bon monde.

  5. Il y a trop d'ados. Je pense que ce commentaire s'applique à la vie en général. En fait, leur nombre est tout simplement décuplé par leur faculté à exprimer tout (trop) haut toutes leurs pensées (comme si ça nous intéressait) et toutes leurs expressions cool. Ça gosse. En guise d'exemple, ce prépubère qui s'est exclamé : ''Yo man! Check ça, trop chill le bateau!'' Et son ami : ''Tsss, man, c'pas un bateau ça l'gros, c't'un traversier, chose!''

  6. En quelques heures, on peut vraiment entendre des accents de tous les coins du Québec, c'est fascinant. [Je sais, geek de langues.]

  7. Vous pensez que vous êtes originaux de vous faire prendre en photo près de la fontaine? Croyez-moi, vous ne l'êtes pas.

  8. Une petite couverte sur le gazon ne prévaut en aucun cas d'avoir une horde de fourmis qui nous escalade la jambe gauche. [Pensez-vous que je devrais accorder escalader avec fourmis au lieu de horde?]

  9. Les enfants n'ont vraiment aucun filtre. Mes salutations à la petite fille qui s'est exclamée, en me pointant du doigt : ''Maman! Est-tu morte, la madame?'' Bin non, ma belle, je dors sur la place publique, c'est différent! Mais merci de m'avoir réveillée avant que je ronfle, hihi!

  10. Trop de gens ont la fâcheuse manie d'entretenir des conversation du type Mtl VS Québec. Après en avoir souffert quelques unes en tant qu'observatrice externe, je prends ici l'engagement officiel de ne plus jamais comparer. Parce que sérieusement, on s'en fout pas mal.
J'ai l'air de chialer, mais ça m'a vraiment fait du bien comme journée, et je vais recommencer ça la semaine prochaine, c'est certain. Le vent était trop doux sur ma peau, ça sentait la presque-mer; j'ai passé quelques heures à alterner entre lire, observer la faune portuaire et être dans la lune.

*Note aux bourgeoises : cohérence cardiaque

Bonne semaine tout le monde :) et à tous les esseulés : allez vous promener dehors. Oui oui, seuls. Réalisez à quel point vous êtes libre. Je vous parie que quelques heures à vous laisser bercer par le vent vous convaincront que la vie est belle. Et vous apporteront des rencontres surprenantes.

J'ai l'air d'un livre de psycho-pop...


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12 juillet 2010

Festive Val

Ça commence avec un frottement incongru entre les cuisses, à l'endroit exact que toutes les filles minces ne connaissent pas : là où les cuisses en chair se touchent en marchant. Personnellement, je l'ai découvert au début de la vingtaine, à la suite d'une prise de poids juste assez impressionnante pour m'introduire au phénomène. Je n'aurais jamais pensé que marcher l'été à la chaleur en jupe pouvait être aussi désagréable; après 20 minutes de marche, j'ai l'air inconfortable. Après 40 minutes, j'ai l'air d'avoir fait de l'équitation la veille. Au bout d'une heure, j'ai l'air d'une reconstitution dramatique de I didn't know I was pregnant après la perte des eaux. J'en suis même venue à me dire qu'il faudrait que je me colle du tape médical audit endroit pour combattre le frottement, ou encore, que je m'enduise de lube extra résistant pour rendre le tout plus soyeux et moins irritant.

Ça se poursuit avec la constatation qu'un jeune de 12 ans chemine à vélo dans la côte Salaberry, en la descendant à vive allure, sans regarder où il va parce qu'il est occupé à texter. En pleine heure de pointe. Pendant les 10 secondes où j'ai pu admirer son habileté à conjuguer casquette jaune et t-shirt rose, il a faillit s'enfoncer dans une voiture stationnée, se faire frapper en traversant sur une rouge et renverser une vieille dame qui peinait à grimper la côte sous le soleil cruel.

Ça empire avec une mc-employée qui ne connait probablement pas la traduction de fast food puisqu'elle sert LE client qui me précède plus lentement que sa voisine, qui réussit à servir 3 clients pour un même laps de temps. Je pense à Louis-José Houde et à son sketch sur le choix d'une file (''and a medium!''). Moment charmant : le vide de son regard alors qu'elle place pratiquement une à une les frites de ma moyenne dans le contenant cartonné. Moment encore plus charmant : son regard inquiet en constatant que la disposition des vivres dans mon cabaret n'est pas optimale pour pouvoir y rajouter un moyen frite et qu'elle doit, ô malheur, déplacer un hamburger.

Ça s'améliore avec ma fascination pour un garçon d'environ 3 ans qui danse sa vie sur la musique africaine d'avant-show, complètement surexcité de ne pas encore être couché à 9h, si heureux de montrer ses talents de danseur au petit bout de foule qui l'entoure. J'en veux un comme ça. Y fait même des roulades, un vrai champion! J'en veux vraiment un comme ça. Là, genre. Il a une face de Jérémy qui fait des ''ch'' au lieu des ''j''.

Ça se dégrade avec un groupe d'adolescentes erratiques trop occupées à juger le nouveau chum de leur amie (bien évidemment absente ce soir là) pour regarder où elles mettent les pieds et pour se rendre compte qu'elle accaparent le trottoir sur toute sa largeur. L'été va être long, les filles... Vos petits culs tight, si on les additionne tous, bin ils font 3 mètres de large. Hé oui.

Ça se termine sur l'oeil vif d'un babyboomer qui a sûrement connu des temps sexy et qui siffle Wind of Change en marchant au milieu des festivaliers.


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