Peut-être que j'étais juste un peu bougon ce matin-là, mais je pense que je me fais la voix de plusieurs utilisateurs des autobus si je dis que ça gosse.
Fille, tasse-toé! Je vais t'expliquer comment ça fonctionne : tu vas voir, c'est tout simple. D'abord, y'a un trilliard de places assises. C'est ce que tu vises en premier. Maintenant, si une personne âgée, enceinte, handicapée ou juste qui-a-une-face-de-personne-qui-mériterait-plus-que-toi-d'être-assise se pointe, tu tasses tes fesses pour lui céder ton siège.
Ça c'est mon et-de-un.
Et de deux, si tu n'as pas le choix d'être debout, tu respectes la tite pancarte qui te dit super clairement d'aller vers le fond pour que d'autres personnes puissent entrer. C'est vraiment hyper nono. Oui, ça implique de devoir monter les 2 marches de la VRAIE section du fond, de temps en temps. Alors ne sois pas cet imbécile qui bloque juste avant les marches et qui cause un bouchon dans tout le reste de l'autobus juste à cause qu'il est gêné. Ne sois pas.
De trois, ton sac à dos plus gros que toi, tu le mets entre tes jambes. Parce que si tu le gardes sur ton dos, t'auras beau frencher avec le poteau sur lequel tu te tiens, tu n'en prendras pas moins toute la largeur de l'allée. Tasse-le, bordel.
Pis de quatre, l'espace devant les portes, il sert aux gens qui pensent sortir au prochain arrêt. Ça, c'est vraiment important. Je sais que ça a l'air vraiment cool de se tenir devant la porte pis de la faire ouvrir sans faire exprès à tous les arrêts... Ah pis non, tu vois, c'est même pas cool. Alors pourquoi te mettre dans le chemin de tous ceux qui veulent sortir, pourquoi? Et si jamais tu le fais sans t'en rendre compte, pourquoi ne pas réaliser, après 3-4 arrêts où tu te fais bousculer par ces gens qui veulent sortir, que tes fesses, tu peux les tasser ailleurs?
Tasse-toé, grosse conne!
Mais peut-être que j'étais juste un peu bougon, ce matin-là.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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15 février 2011
6 octobre 2010
Une journée 2
L'autre jour, je lisais un article de l'Actualité dans une salle d'attente de l'hôpital. Ça traitait (traitement : toubidou-tsscchhh!!) de nouveaux médicaments découverts et il y avait une phrase qui ressemblait très exactement à ceci : ''Quand Novartis a annoncé les résultats des essais cliniques lors d'un congrès scientifique, des chercheurs pleuraient tellement c'était incroyable.'' Et plus loin : ''Ces trois scientifiques américains ont été récompensés pour avoir mis au point le premier traitement intelligent du cancer. Rien de moins.''
Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.
J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...
Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.
Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?
Avouez.
C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.
Bête de même.
J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.
D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.
De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.
Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.
Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.
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Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.
J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...
Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.
Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?
Avouez.
C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.
Bête de même.
J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.
D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.
De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.
Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.
Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.
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8 septembre 2010
J'aime l'école
La prof parle. La prof parle beaucoup. La prof fait des détours un peu. Mais bon, la prof enseigne sa matière. Tout est clair, c'est même intéressant. Elle écrit mal, mais suffit d'écouter pour suivre. Suffit d'écouter, tsé.
Une jeune poupoune pose une question pas trop impertinente. La prof répond de façon super claire, comme d'ailleurs l'explication qui précédait. Tout va bien jusque-là. La poupoune réplique un ''ok...'' de fille qui n'a pas compris du tout la réponse, en tordant son visage de façon peu harmonieuse.
Elle se tourne vers ses amies :
''C'tu moi qui est conne?''
...
Tourne ta langue 7 fois dans ta bouche, Val! Tourne-la!
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Une jeune poupoune pose une question pas trop impertinente. La prof répond de façon super claire, comme d'ailleurs l'explication qui précédait. Tout va bien jusque-là. La poupoune réplique un ''ok...'' de fille qui n'a pas compris du tout la réponse, en tordant son visage de façon peu harmonieuse.
Elle se tourne vers ses amies :
''C'tu moi qui est conne?''
...
Tourne ta langue 7 fois dans ta bouche, Val! Tourne-la!
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