Il y a quelques semaines, je suis allée faire mon épicerie un samedi soir pis j'ai trippé solide parce qu'y'avait pas un chat dans le magasin.
Depuis, il me pogne des buzz d'épicerie à des heures de faible affluence, genre ce soir. C'est peut-être un excès de motivation provenant du site surexcitant de déco que je viens de découvrir, ou alors de la simple et belle procrastination ++, mais bref, j'ai enfilé mon plus beau kit et je suis sortie dans le froid pour chercher des vivres.
Quand on écoute de la salsa en marchant en plein hiver, on dirait qu'y fait un peu plus chaud, que la saison est un set de tournage pis que la neige est faite de copeaux de savon. J'attends presque qu'un éclairagiste en chemise hawaïenne se pointe au coin de la rue. ''Oh, scusez.''
Y'a une femme qui s'est stationnée nowhere pour sortir des grands cartons de son coffre et les mettre dans le bac de récupération de quelqu'un d'autre. Je me suis dit qu'y fallait que j'dise à ma soeur qu'elle n'est pas la seule à squatter les poubelles des autres parce qu'elle produit trop de déchet selon les critères municipaux.
Mon iPod est plein de bonne musique, mais y'a toujours des tounes de marde qui viennent gâcher le mood : faudrait que j'fasse le ménage de mes affaires, ou plus de playlists.
Quand j'arrive près de l'épicerie, je dois toujours ralentir la cadence un peu et me laisser refroidir, manteau grand ouvert, avant d'entrer, parce que sinon je sue ma vie une fois à l'intérieur pis c'est désagréable.
Je sais pas si mes lectures de fée-fille m'influencent, mais j'ai remarqué récemment que j'achetais peu d'articles dans les rangées du centre. Je me souviens avoir lu quelque part que c'était plus santé de manger frais, donc de prendre ce qui est dans la périphérie du magasin.
Y'avait autant pas un chat que l'autre samedi soir, joie. Je me sentais tellement à l'aise que quand la vieille toune de Simple Plan s'est mise à jouer, j'ai chantonné gaiement l'harmonie du refrain, du moins jusqu'à ce que sorte du bout d'une allée une fille qui, elle, sifflait le refrain. On s'est arrêtées toutes les deux, on a fait semblant de ne pas avoir remarqué le crime de l'autre.
Des fois j'aimerais ça me marier, puis je pense à toutes ces choses que je pourrais faire avec la somme nécessaire pour organiser un mariage, alors j'me dis que ça vaut clairement pas la peine.
Le retour a été plus calme. J'ai juste vu un gars avec un look savamment artisto-négligé sortir d'une vanne avec un bicycle stationnaire. J'ai trouvé ça drôle, ma face l'a su, je l'ai sûrement fixé un peu trop longtemps, ça a eu l'air de le gêner puisqu'il a baissé les yeux au sol.
C'était pas voulu.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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31 janvier 2012
6 octobre 2010
Une journée 2
L'autre jour, je lisais un article de l'Actualité dans une salle d'attente de l'hôpital. Ça traitait (traitement : toubidou-tsscchhh!!) de nouveaux médicaments découverts et il y avait une phrase qui ressemblait très exactement à ceci : ''Quand Novartis a annoncé les résultats des essais cliniques lors d'un congrès scientifique, des chercheurs pleuraient tellement c'était incroyable.'' Et plus loin : ''Ces trois scientifiques américains ont été récompensés pour avoir mis au point le premier traitement intelligent du cancer. Rien de moins.''
Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.
J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...
Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.
Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?
Avouez.
C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.
Bête de même.
J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.
D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.
De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.
Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.
Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.
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Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.
J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...
Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.
Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?
Avouez.
C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.
Bête de même.
J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.
D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.
De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.
Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.
Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.
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4 septembre 2010
Tant qu'à pas dormir... Pot pourri!
Cruisage à l'américaine
Ça fait déjà un bon moment que j'me dis que je sous-estime les hommes dans la trentaine, et une visite chez nos charmants voisins du bas m'a encore une fois confirmé que j'pognerais foul pine débile mental.
J'vais chez Tim (ma tante était en manque de cappuccino glacé ou un truc du genre, et j'me suis pas fait prier non plus), un papa (cute) avec un tit gars (sage) sort au moment où j'arrive, et il me tient la porte pour que j'entre : ''Nice smile!''
Selon sœurette, qui me suivait, il était tout sourire après m'avoir croisée.
***
Entendu au marché de la gare
Je - Ouin, les framboises d'en-dessous sont moins belles que celles du dessus...
Vé Too-Much - C'est vrai.
Je - La vie est dure pour les framboises du dessous.
Vé Too-Much - Non, elle est molle.
***
Entendu à la Barberie (ça vous étonne vraiment?)
Bidou - J'ai donné mon nom pour aller à l'Oktoberfest : c'est coulé dans le sang!
***
Instinct maternel
Je hais qu'on me materne. Vraiment.
Surtout lorsqu'il s'agit d'une caissière de 16 ans qui me précise ''la bande magnétique vers l'extérieur'', ce que j'avais déjà remarqué sur le dessin hyper explicite de la machine et que j'allais le faire comme du monde, et qui ose rajouter pendant que je le fais ''voilà, comme ça!''.
C'est quoi, la prochaine étape, un autocollant?
***
À la mode de chez nous
Dans mon cours du mercredi matin, si on analyse celles qui m'entourent dans un rayon de 5 bureaux, on peut remarquer qu'au moins 10 filles portent des perles aux oreilles. Toutes les mêmes, on dirait des poupées produites en série.
(...)
Maudit, j'aurais dû mettre les miennes.
***
Incertitude graisseuse
Je - Me semble que j'engraisse tout le temps...
Le beau-père - Bin voyons, le jour où y'aura juste un poncho qui va bien te faire, là tu pourras t'inquiéter!
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Ça fait déjà un bon moment que j'me dis que je sous-estime les hommes dans la trentaine, et une visite chez nos charmants voisins du bas m'a encore une fois confirmé que j'pognerais foul pine débile mental.
J'vais chez Tim (ma tante était en manque de cappuccino glacé ou un truc du genre, et j'me suis pas fait prier non plus), un papa (cute) avec un tit gars (sage) sort au moment où j'arrive, et il me tient la porte pour que j'entre : ''Nice smile!''
Selon sœurette, qui me suivait, il était tout sourire après m'avoir croisée.
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Entendu au marché de la gare
Je - Ouin, les framboises d'en-dessous sont moins belles que celles du dessus...
Vé Too-Much - C'est vrai.
Je - La vie est dure pour les framboises du dessous.
Vé Too-Much - Non, elle est molle.
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Entendu à la Barberie (ça vous étonne vraiment?)
Bidou - J'ai donné mon nom pour aller à l'Oktoberfest : c'est coulé dans le sang!
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Instinct maternel
Je hais qu'on me materne. Vraiment.
Surtout lorsqu'il s'agit d'une caissière de 16 ans qui me précise ''la bande magnétique vers l'extérieur'', ce que j'avais déjà remarqué sur le dessin hyper explicite de la machine et que j'allais le faire comme du monde, et qui ose rajouter pendant que je le fais ''voilà, comme ça!''.
C'est quoi, la prochaine étape, un autocollant?
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À la mode de chez nous
Dans mon cours du mercredi matin, si on analyse celles qui m'entourent dans un rayon de 5 bureaux, on peut remarquer qu'au moins 10 filles portent des perles aux oreilles. Toutes les mêmes, on dirait des poupées produites en série.
(...)
Maudit, j'aurais dû mettre les miennes.
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Incertitude graisseuse
Je - Me semble que j'engraisse tout le temps...
Le beau-père - Bin voyons, le jour où y'aura juste un poncho qui va bien te faire, là tu pourras t'inquiéter!
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