En pleine nuit, la clé dans la porte, les pas dans l'escalier, le son trop fort, la même chanson en boucle, personne dans la rue, personne dans la ville, les yeux qui prient, ton visage, les jambes qui brûlent, le cerveau qui disjoncte, le cœur qui abdique, ton visage ton visage, la lune pas pleine, les nuages rares, un autre quartier, le vent qui fouette, le vent merci, les heures qui passent, un cul de sac, les chats qui se lavent, les oiseaux qui chantent, s'il vous plaît non, le soleil qui se lève.
Pis moi qui rien.
Pis toi qui quoi?
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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5 juillet 2012
22 avril 2011
Nada
Des fois, quand j'ouvre mon ordi pour écrire, je réalise que je n'ai rien à dire en ce moment, le cerveau lassé de mon propre blog, rien d'autre qu'un cri caverneux plein de rage, une frustration constante envers ma cyberdépendance et mes mille favoris sur ma barre personnelle, et le vide que je ressens autant avant qu'après avoir lu ce qui s'était passé dans les 5 dernières minutes sur Facebook, Hotmail, Exchange, Cyberpresse, Youtube, Emploi-Québec, Blog 1, Blog 2, Blog 3, ..., Blog 17, encore Facebook, Cyberpresse, Hotmail, un manège interminable comme un cauchemar avec des clowns méchants.
Aujourd'hui, Jésus meurt. Moi, je vote par anticipation.
Pis j'vous raconterai le contrôle maniaque que la fac de médecine fait sur les pauvres étudiants qui vont y passer un examen une autre fois; m'en vas jouer dewors.
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Aujourd'hui, Jésus meurt. Moi, je vote par anticipation.
Pis j'vous raconterai le contrôle maniaque que la fac de médecine fait sur les pauvres étudiants qui vont y passer un examen une autre fois; m'en vas jouer dewors.
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21 janvier 2011
Pour le meilleur et pour le pire
Je sors du cours, souriante, et me plug les oreilles.
Je suis vraiment en amour avec mon prof. J'veux dire, c'est pas le premier là, j'ai développé cette manie il y a très longtemps, sûrement une forme girlie d'élitisme, mais gosh que j'aime mes profs, ceux qui ont de la verve, les brillants, les cités, les éminents. *soupir*
L'école pis moi, on est comme un vieux couple. Je passe mon temps à chialer qu'elle me fait chier et me prend tout mon argent, et c'est vrai, pis je l'ai même trompée à quelques reprises avec des emplois ou des cours hors-cursus (encore avant-hier dans la classe de swing), mais pourtant, j'arrive pas à partir.
C'est juste trop dur de tout quitter après tant d'année de vie commune. C'est trop dur!
Elle est une partie de moi, j'peux pas m'empêcher de me sentir un peu vide sans elle dans ma vie. Et quand arrive le moment où je me dis que ça y est, que j'en ai vraiment assez, qu'elle ne peut plus s'amuser à me détruire, bien elle me sort ses armes de séduction et me surprend avec du nouveau. Comme... un prof inspirant. *soupir*
Allons, ma belle, tu sais bien que j'te quitterai jamais, je t'aime trop pour ça...
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Je suis vraiment en amour avec mon prof. J'veux dire, c'est pas le premier là, j'ai développé cette manie il y a très longtemps, sûrement une forme girlie d'élitisme, mais gosh que j'aime mes profs, ceux qui ont de la verve, les brillants, les cités, les éminents. *soupir*
L'école pis moi, on est comme un vieux couple. Je passe mon temps à chialer qu'elle me fait chier et me prend tout mon argent, et c'est vrai, pis je l'ai même trompée à quelques reprises avec des emplois ou des cours hors-cursus (encore avant-hier dans la classe de swing), mais pourtant, j'arrive pas à partir.
C'est juste trop dur de tout quitter après tant d'année de vie commune. C'est trop dur!
Elle est une partie de moi, j'peux pas m'empêcher de me sentir un peu vide sans elle dans ma vie. Et quand arrive le moment où je me dis que ça y est, que j'en ai vraiment assez, qu'elle ne peut plus s'amuser à me détruire, bien elle me sort ses armes de séduction et me surprend avec du nouveau. Comme... un prof inspirant. *soupir*
Allons, ma belle, tu sais bien que j'te quitterai jamais, je t'aime trop pour ça...
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17 janvier 2011
No Cartridge
Moi aussi, des fois, j'aimerais ça juste arrêter de fonctionner pis displayer un message d'erreur, no cartridge, non, rien, stop, essaie même pas de me faire marcher, tu pourras pas me raisonner parce que l'encre, bin elle est vide, pas assez pleine à mon goût, ouin mais Val, y'a l'air de t'en rester encore un peu pourtant quand on brasse la cartouche, iiish trop pas, m'en fous, no cartridge que j'ai dis, t'es sourd?, no cartridge, black empty, buckée de même, remplis-moi pis on verra si ça me tente après, hop! LC41BK dans mes entrailles, cleaning please wait.
Cleaning please wait.
Please wait.
Please.
Will you?
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Cleaning please wait.
Please wait.
Please.
Will you?
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6 octobre 2010
Une journée 2
L'autre jour, je lisais un article de l'Actualité dans une salle d'attente de l'hôpital. Ça traitait (traitement : toubidou-tsscchhh!!) de nouveaux médicaments découverts et il y avait une phrase qui ressemblait très exactement à ceci : ''Quand Novartis a annoncé les résultats des essais cliniques lors d'un congrès scientifique, des chercheurs pleuraient tellement c'était incroyable.'' Et plus loin : ''Ces trois scientifiques américains ont été récompensés pour avoir mis au point le premier traitement intelligent du cancer. Rien de moins.''
Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.
J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...
Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.
Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?
Avouez.
C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.
Bête de même.
J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.
D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.
De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.
Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.
Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.
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Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.
J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...
Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.
Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?
Avouez.
C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.
Bête de même.
J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.
D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.
De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.
Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.
Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.
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25 septembre 2010
Plus rien
Je ne l'aurais jamais entendue si j'avais pris l'autobus d'avant. Mais il est passé devant moi, baveux, avant que j'réussisse à me rendre à l'arrêt. J'ai pris le suivant. Et je suis quand même arrivée tôt à l'école.
Alors je l'ai entendue. En arrivant à la fac, dans les toilettes des filles, vomir dans la cabine d'à côté.
Un vendredi matin, une toilette de gars, j'aurais pensé ''lendemain de veille...'' en riant. Pas là. Pas un mercredi matin. Pas une fille. Pas là. Elle a recommencé deux ou trois fois. Tout est sorti. Et à son grand dam, nos portes de cabines se sont ouvertes en même temps. Dix pas pour nous rendre aux lavabos : un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf.
Dix.
Nos regards se sont croisés dans le miroir. Des yeux vides comme son estomac.
J'ai lavé mes mains; elle a lavé ses phalanges.
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Alors je l'ai entendue. En arrivant à la fac, dans les toilettes des filles, vomir dans la cabine d'à côté.
Un vendredi matin, une toilette de gars, j'aurais pensé ''lendemain de veille...'' en riant. Pas là. Pas un mercredi matin. Pas une fille. Pas là. Elle a recommencé deux ou trois fois. Tout est sorti. Et à son grand dam, nos portes de cabines se sont ouvertes en même temps. Dix pas pour nous rendre aux lavabos : un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf.
Dix.
Nos regards se sont croisés dans le miroir. Des yeux vides comme son estomac.
J'ai lavé mes mains; elle a lavé ses phalanges.
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