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5 mars 2012

Retour dans le placard II

Des fois, on est comme ça, les filles.

On laisse notre chum, on se dit qu'on est bien seule, on rencontre quelqu'un trois jours plus tard, on sort nos plumes pour l'épater, on réussit, on trouve que ça va trop bien, on met enfin le doigt sur ce qui cloche, on range nos plumes pour sortir nos crocs, on mord, on fait mal, on se dit qu'on est bien seule. Les filles sont folles.

Pis y sont comme ça, eux, les gars.

Ils se font laisser, ils se disent ''yes, j'me ferai pu gosser quand j'vais aller jouer 14 heures de temps à NHL en buvant de la bière'', ils rencontrent une fille 3 jours plus tard, ils sont doux et attentionnés et se disent qu'ils ont enfin trouvé une fille pas trop folle, ils la tiennent pour acquis, ils ne comprennent pas pourquoi elle sort soudainement les crocs, ils se font casser les couilles, ils se font laisser, ils se disent ''yes, j'me ferai pu gosser quand j'vais aller jouer 14 heures de temps à NHL en buvant de la bière''. Les gars sont un peu cons.

Pis là, les deux ont une épiphanie et se disent qu'ils pourraient peut-être s'inscrire sur un site de rencontre, que ce serait sûrement différent, plus simple, que la perle rare s'y trouve.

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Belle gang de mollusques impotents.


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16 novembre 2010

Lapsus de frappe

Imaginez un ami. Une super personne, vraiment, un ange. Un très bon ami à vous. Le plus gros de vos amis. Un ami qui vous parle sur msn un soir de semaine, un soir en particulier où son poids lui semblent particulièrement lourd (ouais). Tsé, un ami qui se trouve moche pis qui vous confie qu'il est écoeurré de ne pas pogner parce qu'il est obèse. Un ami que vous adorez et à qui vous tentez de remonter le moral.

Vαl dit :
Non mais t'es vraiment un gras cool :)


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29 octobre 2010

Et un autre!

Non mais ça devient vraiment un running gag dans ma vie! Je devrais me partir une collection de gars dans la trentaine. En fait, je commence à me demander si c'est pas juste les gars de mon âge qui sont moumounes pis qui osent pas s'exprimer...

Je suis au IGA (un hot chicken pas de sauce à hot chicken, c'est comme pas pareil). À la sortie, comme d'habitude, j'agite ma main au-dessus de ma tête pour que le lecteur optique qui ordonne à la porte d'ouvrir fasse sa job (c'est nain-proof, ce truc).

Gars dans la trentaine qui me suit - Héhé, t'es pas assez grande pour que la porte ouvre?

Petite moi - Ça a bin l'air que non hihi.

Gars dans la trentaine qui me suit - C'est pas grave : t'es moins grande, mais t'es plus belle que les autres.


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6 octobre 2010

Une journée 2

L'autre jour, je lisais un article de l'Actualité dans une salle d'attente de l'hôpital. Ça traitait (traitement : toubidou-tsscchhh!!) de nouveaux médicaments découverts et il y avait une phrase qui ressemblait très exactement à ceci : ''Quand Novartis a annoncé les résultats des essais cliniques lors d'un congrès scientifique, des chercheurs pleuraient tellement c'était incroyable.'' Et plus loin : ''Ces trois scientifiques américains ont été récompensés pour avoir mis au point le premier traitement intelligent du cancer. Rien de moins.''

Bin j'avais la larme à l'œil. Je trouvais ça vraiment beau.

J'ai jamais été une grosse braillarde jusqu'à récemment (j'arrondis mon récemment aux 5 dernières années). On dirait que c'est venu tard, chez moi, cette envie fée-fille de fondre en larmes. J'étais beaucoup trop cool pour ça au secondaire pis au primaire, tsss...

Ce qui m'amène à vous parler de. Oui, de.

Du fait que c'était une bonne chose que j'm'y mette, au braillage, parce que ça passe bien, une fille qui pleure, non?

Avouez.

C'est comme normal, c'est dans la suite logique des choses de la vie. Devant la frustration, la déception, la tristesse, la joie, la honte, le mépris, l'indignation, le découragement, le spm : une fille, bin ça braille. Pis devant les mêmes maudites situations/émotions, un gars, ça crisse un coup de poing sur la table en disant ''câliss''.

Bête de même.

J'alterne donc entre deux états en conflit perpétuel.

D'un côté, j'ai mes journées 1 (la plupart) où je suis toute fière. J'suis fière d'être féminine, d'aimer mon Châtelaine reçu chaque mois dans ma boîte à malle (oui oui, à malle), de magasiner des nouvelles bottes cutes, de ne rien connaître en finances, d'écrire un blog girlie, de regarder la Galère, d'aimer Marie Laberge et les comédies romantiques prévisibles, de chanter du Céline à tue-tête, de vouloir des enfants pis un homme fort à mes côtés pour me soutenir, d'être à fleur de peau. Je suis toute fière.

De l'autre côté, y'a toutes ces journées 2 où je me lève avec la rage au ventre, l'indignation dans le trémolo, la honte. J'ai honte d'avoir le réflexe de demander à un gars pour poser une tablette, de ne pas faire moi-même mes impôts, d'être l'esclave de mon cache-cernes (qui, en fait, cache mon acné, que j'ai honte d'avoir encore à mon âge), de m'arranger les cheveux pendant une demi-heure, de ne pas pouvoir écrire autre chose que mes sentiments ou mes histoirettes cu-cutes qui sentent le parfum Dans un jardin à 10 km à la ronde, d'attendre papa pour réparer la plomberie sous l'évier, de voir que mon programme d'études aux perspectives d'emploi intéressantes mais sous payées est rempli de filles à 90 %, de réaliser que j'me sentirai jamais vraiment accomplie tant que j'aurai pas fait de bébés, d'encourager certains stéréotypes, d'emprunter des chemins plutôt traditionnels dans la vie alors que toutes ces femmes avant moi se sont battues pour que toutes les portes soient ouvertes. J'ai vraiment honte.

Être une fille, c'est pouvoir tout faire, mais choisir encore et toujours de ne rien faire de différent.

Être une fille, c'est ne sortir de cette zone de confort qu'une fois de temps en temps, une journée 2 parmi mille journées 1. Crisser un coup de poing sur la table. Dire ''câliss''.


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