Il se tenait debout dans l'autobus pratiquement vide, une cérémonie un peu inutile qui servait probablement juste à ce qu'on le regarde un peu plus, petit con au centre de l'accordéon avec son chapeau de pâle paille et sa chemise de coton bleu, comme si le printemps le justifiait, la barbichette pas trop certaine de vouloir pousser, des joues de garçonnet avec des yeux de vieillard, pis une bouche qui donne le goût de fesser dessus.
Je suis toujours surprise de voir à quel point certaines personnes, sans rien faire, m'inspirent de la violence gratuite.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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9 mai 2011
2 janvier 2011
Les endroits cons
Ça commence par de l'anodin. Genre la bus qui arrive, fouiller dans ses poches, ne pas trouver sa passe, sacrer, payer cash son passage.
Et là.
Chercher dans les autres poches, celles de toutes les couches de vêtements, chercher dans la sacoche, une fois, deux fois, trois fois, rien trouver, refaire le tour des poches. Prier pour que la passe soit sur la table de la cuisine ou sur le plancher près de la porte. Savoir d'avance que non. Arriver à l'appartement. Voir ses craintes confirmées.
Et là.
Soudainement, devant l'inavouable, c'est comme si mon cerveau se mettait en mode méga imbécile. Et commence la tournée des endroits cons. Je suis certaine que ça vous est déjà arrivé, avec vos clés, peut-être, ou votre passe du festival d'été, ou ce papier où vous aviez noté un numéro de téléphone important, ou bref vous me suivez, on en vient systématiquement à faire la tournée des endroits cons.
Pourquoi? Je veux dire, c'est bien beau de regarder dans les poches de mon manteau de printemps porté pour la dernière fois en octobre, ou dans mon sac de maquillage, et dans la salle de bain, et dans les craques du divan, pis dans ma bibliothèque, mais je sais bien, si j'y pense froidement deux secondes, que je ne trouverai rien. Qu'elle est perdue, simplement, ma carte opus. Mais je poursuis mes recherches, je fais tous les endroits imaginables.
Du beau déni.
Tout ça pour le deuil d'un objet con. Imaginez les deuils sérieux...
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Et là.
Chercher dans les autres poches, celles de toutes les couches de vêtements, chercher dans la sacoche, une fois, deux fois, trois fois, rien trouver, refaire le tour des poches. Prier pour que la passe soit sur la table de la cuisine ou sur le plancher près de la porte. Savoir d'avance que non. Arriver à l'appartement. Voir ses craintes confirmées.
Et là.
Soudainement, devant l'inavouable, c'est comme si mon cerveau se mettait en mode méga imbécile. Et commence la tournée des endroits cons. Je suis certaine que ça vous est déjà arrivé, avec vos clés, peut-être, ou votre passe du festival d'été, ou ce papier où vous aviez noté un numéro de téléphone important, ou bref vous me suivez, on en vient systématiquement à faire la tournée des endroits cons.
Pourquoi? Je veux dire, c'est bien beau de regarder dans les poches de mon manteau de printemps porté pour la dernière fois en octobre, ou dans mon sac de maquillage, et dans la salle de bain, et dans les craques du divan, pis dans ma bibliothèque, mais je sais bien, si j'y pense froidement deux secondes, que je ne trouverai rien. Qu'elle est perdue, simplement, ma carte opus. Mais je poursuis mes recherches, je fais tous les endroits imaginables.
Du beau déni.
Tout ça pour le deuil d'un objet con. Imaginez les deuils sérieux...
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