Les journées pluvieuses d'automne sont toutes à l'image de ce qui nous attend dans quelques semaines : les allées des magasins sont bondées comme en plein rush du 20 décembre!
Évidemment, je sacre d'avoir eu la brillante idée de me pointer là et maudis mon manque d'imagination. Le manteau ouvert et pendouillant dans le creux de mes coudes parce qu'il fait beaucoup trop chaud à l'intérieur du mail par rapport à la température extérieure, j'ai exactement le look que j'aime appeler ''la mère du New Jersey''. Ça, c'est inspiré de Kate dans Family Man, ce film de Noël avec Nicolas Cage où un riche de Wall Street se réveille un matin en père du New Jersey. Dans ce bijou (j'suis même pas sarcastique, je l'aime juste trop) de film, il y a une scène où ils partent magasiner au centre commercial pour acheter des MaryKate à leur petite fille, et la mère (Kate) se promène avec sa doudoune bleue qui pendouille comme ça dans son dos, accotée dans le creux de ses coudes. Bref, le look ''la mère du New Jersey''.
J'avais l'air de ça. J'avais chaud.
Et là, pour ajouter au pathétique, j'étais dans un magasin de décoration pour fée-femmes où j'ai décidé sur un coup de tête de m'acheter des draps de satin rouge.
(...)
La mère du New Jersey, pas de vie, qui s'achète des draps de satin rouge en pensant que ça va mettre du piquant dans son intimité.
(...)
Ouf. J'me sentais quétaine là...
Manquerait plus juste que je porte ça et que se mette à jouer ça.
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Mais pour vrai, je les aime, finalement, mes draps de satin rouge... SI DOUX!
Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
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3 octobre 2011
La mère du New Jersey
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28 août 2011
Cinq dollars
J'me disais que c'était vraiment une journée de cul pis que j'étais tannée de faire 4 heures de char en amigo express avec les pieds mouillés jusqu'aux os. Sans compter l'autobus bondé avec un gars qui pue la smoke assis juste à côté de moi. Ah pis mon parapluie qui rend évidemment l'âme quand j'ai besoin de lui, sale emo suicidaire. Je veux tellement un char.
Mais bon, je me pointe au Subway qui est entre l'arrêt de bus et mon appart (donc... îlot de sécheresse au travers de l'orage) et là je vois le clerk-cute-avec-qui-j'ai-déconné-l'autre-soir-avec-la-gang-de-ministérieux-pompettes, seul, qui se tape un rush avec une face découragée. L'électricité part (évidemment), ce qui fucke son ordi (évidemment) et qui le fait faire mille téléphones (sa boss a l'air trop conne) pendant qu'il s'excuse de ne pas pouvoir nous servir (on compatit) en me glissant au passage qu'il est pas supposé faire la soirée seul (les aléas des petits boulots) et qu'il est lendemain de veille (ça arrive aux meilleurs d'entre nous).
À ce moment-là, j'avoue que je me suis dit que je n'étais pas tant à plaindre avec mes bottes mouillées et mon corps transi. Y m'a préparé un foul de bon sandwich en plus.
Heille attends... Y'est peut-être sur Facebook, le gars cute du Subway. Me semble qu'y nous a dit son nom l'autre fois quand on était la gang de ministérieux pompettes... Oui, je me souviens. Un prénom relativement rare : tiens, y'en a deux avec qui j'ai un ami commun. Tiens, le deuxième indique dans ses infos qu'il travaille au Subway et a la même face que le clerk cute.
Je suis un génie du stalk.
Ajouter comme ami.
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Mais bon, je me pointe au Subway qui est entre l'arrêt de bus et mon appart (donc... îlot de sécheresse au travers de l'orage) et là je vois le clerk-cute-avec-qui-j'ai-déconné-l'autre-soir-avec-la-gang-de-ministérieux-pompettes, seul, qui se tape un rush avec une face découragée. L'électricité part (évidemment), ce qui fucke son ordi (évidemment) et qui le fait faire mille téléphones (sa boss a l'air trop conne) pendant qu'il s'excuse de ne pas pouvoir nous servir (on compatit) en me glissant au passage qu'il est pas supposé faire la soirée seul (les aléas des petits boulots) et qu'il est lendemain de veille (ça arrive aux meilleurs d'entre nous).
À ce moment-là, j'avoue que je me suis dit que je n'étais pas tant à plaindre avec mes bottes mouillées et mon corps transi. Y m'a préparé un foul de bon sandwich en plus.
Heille attends... Y'est peut-être sur Facebook, le gars cute du Subway. Me semble qu'y nous a dit son nom l'autre fois quand on était la gang de ministérieux pompettes... Oui, je me souviens. Un prénom relativement rare : tiens, y'en a deux avec qui j'ai un ami commun. Tiens, le deuxième indique dans ses infos qu'il travaille au Subway et a la même face que le clerk cute.
Je suis un génie du stalk.
Ajouter comme ami.
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6 mai 2011
Mauvais temps
C'est pas tant une question de marcher sur des œufs, ça serait plutôt sauter d'un nuage à l'autre pour fuir la brumasse qu'on se taperait en descendant sous les nuages, vouloir éviter à tout prix d'avoir les pieds sur terre, parce que c'est trop chiant, flyer en char-nuage comme un Calinours.
Un problème chasse l'autre, tomber amoureuse pour tromper l'ennui, boire pour oublier l'amour, embrasser pour cuver son vin, tomber amoureuse pour oublier qu'on embrasse enivrée, s'ennuyer de celui qu'on aime, boire une traite à ça pour tromper l'ennui. Quand ça ne fonctionne plus, avoir peur à mes cennes pour oublier l'amour, chercher un emploi pour oublier la pauvreté, désespérer sur l'amour pour oublier la job. Ça se fait.
L'autre jour il pleuvait à boire debout et j'ai décidé, en sortant de l'autobus, que j'avais besoin de sentir que j'étais sur terre, la vraie, genre la planète avec la majuscule pis toute, alors j'ai sauté à pieds joints dans une flaque d'eau. Splash. Pis encore, pis encore. Splash splash.
J'ai vraiment soaké mes jeans pis je vais recommencer.
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Un problème chasse l'autre, tomber amoureuse pour tromper l'ennui, boire pour oublier l'amour, embrasser pour cuver son vin, tomber amoureuse pour oublier qu'on embrasse enivrée, s'ennuyer de celui qu'on aime, boire une traite à ça pour tromper l'ennui. Quand ça ne fonctionne plus, avoir peur à mes cennes pour oublier l'amour, chercher un emploi pour oublier la pauvreté, désespérer sur l'amour pour oublier la job. Ça se fait.
L'autre jour il pleuvait à boire debout et j'ai décidé, en sortant de l'autobus, que j'avais besoin de sentir que j'étais sur terre, la vraie, genre la planète avec la majuscule pis toute, alors j'ai sauté à pieds joints dans une flaque d'eau. Splash. Pis encore, pis encore. Splash splash.
J'ai vraiment soaké mes jeans pis je vais recommencer.
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5 avril 2011
Grise
T'as beau avoir des bottes de caoutchouc, tu te rends vite compte que non, t'es pas si happy que ça quand il rain, ça t'enlève pas ton ARRGG en majuscules pogné dans la gorge, t'es pas au diapason avec la nature qui se vide doucement, tu fais juste prendre ton air de rien en marchant comme une marcheuse heureuse sous son parapluie de cimetière, mais t'es comme ce chien croisé un peu plus tôt : muselée, la frustration dans les yeux mais pas ailleurs, étouffée par le maître, et tu travailles huit heures en baillant à défaut de pouvoir brailler.
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18 février 2011
Pointless
Les pieds mouillés, la bouette jusqu'aux genoux, le cœur plein de gadoue : y'a pas juste la météo qui est laide pis moche.
Marc-Antoine marche plus fort, comme pour défier les flaques, avec les majeurs bien levés en direction des chars qui le tsunamisent sans égards. ''Fuck you, asti! Criss, veux-tu que j'me roule dan' slush tant qu'à faire?'' Son sac vient de tomber dans la marde blanco-brune, c'est dégueux mais y s'en fout un peu parce qu'il est vide anyway, son sac. Pas de devoirs pour lui ce soir : un pied de nez à son père qui est même pas foutu de venir le chercher et qui le laisse marcher dans l'humidité.
Le trottoir est mal fait, tout creux au centre, ça crée des piscines interminables, des rues complètes bordées d'allées aquatiques, deux ou trois cents mètres de découragement liquide. Marcher dans la rue, envoyer chier les automobilistes encore. Y pourrait bin se faire écraser, au fond, sûrement que personne s'en rendrait compte. Son père penserait qu'y'est chez sa mère; ses amis, qu'y'a perdu son cell.
Y pourrait bin se faire écraser, au fond.
La maison est vide, toujours. Marc-Antoine veut nettoyer ses bottes avec une éponge, mais son père l'a laissée traîner dans l'évier plein d'eau souillée, alors même si elle est presque neuve, elle se déchire lâchement au premier frottement.
Pis c'est pas comme si ça changeait quoi que ce soit.
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Marc-Antoine marche plus fort, comme pour défier les flaques, avec les majeurs bien levés en direction des chars qui le tsunamisent sans égards. ''Fuck you, asti! Criss, veux-tu que j'me roule dan' slush tant qu'à faire?'' Son sac vient de tomber dans la marde blanco-brune, c'est dégueux mais y s'en fout un peu parce qu'il est vide anyway, son sac. Pas de devoirs pour lui ce soir : un pied de nez à son père qui est même pas foutu de venir le chercher et qui le laisse marcher dans l'humidité.
Le trottoir est mal fait, tout creux au centre, ça crée des piscines interminables, des rues complètes bordées d'allées aquatiques, deux ou trois cents mètres de découragement liquide. Marcher dans la rue, envoyer chier les automobilistes encore. Y pourrait bin se faire écraser, au fond, sûrement que personne s'en rendrait compte. Son père penserait qu'y'est chez sa mère; ses amis, qu'y'a perdu son cell.
Y pourrait bin se faire écraser, au fond.
La maison est vide, toujours. Marc-Antoine veut nettoyer ses bottes avec une éponge, mais son père l'a laissée traîner dans l'évier plein d'eau souillée, alors même si elle est presque neuve, elle se déchire lâchement au premier frottement.
Pis c'est pas comme si ça changeait quoi que ce soit.
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17 novembre 2010
Non
J'écoute ça.
Il pleut dégueux, il vente atroce; il novembre des chats et des chiens.
De mon manteau ou de mon parapluie, je pense que c'est ma rage qui me protège le plus de la mouille. La mouille qui frise mes cheveux plats et fait couler mon mascara. La chair de poule sur le seul bout de poignet qui dépasse. La frustration de 30 lbs dans mon sac trop lourd. Ma montre qui rit de ma gueule.
Les sacres abondants.
Pis le chauffeur d'autobus, arrêté à la lumière rouge 2 mètres plus loin que mon arrêt, qui refuse de m'ouvrir la porte. Il fait sa maudite face de ''hep, non, peut pas, lumière, pas arrêt'' comme si la police des transport en commun était cachée derrière lui, prête à le tuer en cas de désobéissance au règlement. Vert. Il repart en passant dans la flaque pour être certain de vraiment me faire chier.
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Il pleut dégueux, il vente atroce; il novembre des chats et des chiens.
De mon manteau ou de mon parapluie, je pense que c'est ma rage qui me protège le plus de la mouille. La mouille qui frise mes cheveux plats et fait couler mon mascara. La chair de poule sur le seul bout de poignet qui dépasse. La frustration de 30 lbs dans mon sac trop lourd. Ma montre qui rit de ma gueule.
Les sacres abondants.
Pis le chauffeur d'autobus, arrêté à la lumière rouge 2 mètres plus loin que mon arrêt, qui refuse de m'ouvrir la porte. Il fait sa maudite face de ''hep, non, peut pas, lumière, pas arrêt'' comme si la police des transport en commun était cachée derrière lui, prête à le tuer en cas de désobéissance au règlement. Vert. Il repart en passant dans la flaque pour être certain de vraiment me faire chier.
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