2 janvier 2011

Les endroits cons

Ça commence par de l'anodin. Genre la bus qui arrive, fouiller dans ses poches, ne pas trouver sa passe, sacrer, payer cash son passage.

Et là.

Chercher dans les autres poches, celles de toutes les couches de vêtements, chercher dans la sacoche, une fois, deux fois, trois fois, rien trouver, refaire le tour des poches. Prier pour que la passe soit sur la table de la cuisine ou sur le plancher près de la porte. Savoir d'avance que non. Arriver à l'appartement. Voir ses craintes confirmées.

Et là.

Soudainement, devant l'inavouable, c'est comme si mon cerveau se mettait en mode méga imbécile. Et commence la tournée des endroits cons. Je suis certaine que ça vous est déjà arrivé, avec vos clés, peut-être, ou votre passe du festival d'été, ou ce papier où vous aviez noté un numéro de téléphone important, ou bref vous me suivez, on en vient systématiquement à faire la tournée des endroits cons.

Pourquoi? Je veux dire, c'est bien beau de regarder dans les poches de mon manteau de printemps porté pour la dernière fois en octobre, ou dans mon sac de maquillage, et dans la salle de bain, et dans les craques du divan, pis dans ma bibliothèque, mais je sais bien, si j'y pense froidement deux secondes, que je ne trouverai rien. Qu'elle est perdue, simplement, ma carte opus. Mais je poursuis mes recherches, je fais tous les endroits imaginables.

Du beau déni.

Tout ça pour le deuil d'un objet con. Imaginez les deuils sérieux...


_____

2 commentaires:

  1. J'aime énormément ton regard sur le monde. C'est du matériel presque digne de Seinfeld ça, de petites doses réjouissantes de l'absurde quotidien.

    RépondreSupprimer