C'est à l'heure où le fonctionnambule fé dôdô que je ressors (bong) dans la rue. Je marche longtemps seule, puis à contre-courant de ceux qui sont bien habillés : les noctambules irriguent la ville et n'ont que faire de mon petit manteau de pluie qui trottine vers chez lui. Je rigole un peu d'avoir battu mon ami à son jeu, car je l'ai encore battu à son jeu. Et c'était meilleur que du sexe!
Il fait noir et je n'ai plus rien à cacher, alors je garde ce même air qui murmure un nouveau sourire, comme cette chanson que j'écouterai sur repeat pendant toute la demi-heure qu'il me faut pour rentrer à la maison. Le tu est bien loin derrière : j'embrasse ma soirée au je.
En dix jours, le quartier du haut de la côte s'est déguisé; Independance Day est devenu Toussaint, et les feuilles sentent la répétition générale. J'aime mon pays, ce n'est pas un hiver, c'est l'automne. Sous une lumière ocre, mes leggings dansent la lambada contre ma robe lourde, et mon foulard me cajole le nez en faisant des bye-bye aux passants.
Je n'ai plus l'air déphasée : personne ne l'est quand on ferme la lumière et, en fait, tout le monde s'en fout. J'avance en pensant trop parce que je sais que je vais écrire ce texte, le sentiment de déjà-vu est simplement obsédant.
Mes bottes connaissent le chemin; j'arrive vite en haut des marches, c'est vraiment mon moment préféré. Toujours, le vent est au rendez-vous et envoie valser les frileux. Je m'arrête longtemps pour regarder le quartier du bas, le quartier sale qui ne dort plus. Il a des problèmes d'insomnie. La fontaine fait de la broue, complice d'un pré-pubère anonyme, et Esméralda fume une clope avec Quasimodo sur le perron de l'église en attendant son shift.
D'une voie à l'autre, les voitures et les passants ne savent plus où aller. Moi, je me trouve chanceuse d'avoir une destination. Je suis les violons jusqu'au-dessus du pont, la rue du, la rivière puissante et forte, le quartier des escaliers où tous les chats sont gris, mon bout de rue préféré avec ses maisons maintenant toutes assorties. Oui.
Je suis de retour dans mon bourg, à la recherche de mes clés. La chatonne, toujours grise elle, monte les marches en courant pour arriver avant moi. Après une collation, on va faire la sieste ensemble dans les couvertes moelleuses. Je l'ai apprivoisée.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
10 septembre 2010
19th Nervous Breakdown (She's So Heavy)
Maintenant que tu avais décidé de ne pas dormir, tout te semblait un peu plus supportable : la chaleur, le tic-tac de l'horloge, son absence. Surtout son absence. La nuit comme une orange qui traîne depuis trop longtemps dans le panier à fruits.- J'pense pas que j'peux être avec quelqu'un qui aime pas les Beatles!
Elle avait crié, elle avait claqué la porte, elle t'avait quitté. D'habitude, elle revenait. Après le refus d'aller souper chez sa mère; quand tu lui as dit que c'était enfantin de s'énerver pour un robinet déficient; la fois de la conversation sur les bébés; après être rentré tard et saoul d'une soirée avec une amie; toutes les fois où tu te disais que ça y était, elle revenait. Mais pas là.
C'est si pire que ça, les Stones?
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9 septembre 2010
J'aime ma coloc alcolo
Il y a une heure...
Marie, toute fine - Heille tsé le vin blanc qu'y'est dans le frigo, tu peux l'utiliser comme vin de cuisson, tsé. La bouteille est déjà ouverte, c'est quand même ton vin à la base...
Maintenant.
Marie, plus loin dans l'appart - Vaaaaaaal?
Val - Oui?
Marie - Tsé le vin de cuisson là...?
Val - Oui?
Marie - Bin y'en reste pu finalement!
Val - Dit-elle un peu pompette!
Marie, candide et saoule - Bin y'en reste, mais y'est toute dans mon verre!!
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Marie, toute fine - Heille tsé le vin blanc qu'y'est dans le frigo, tu peux l'utiliser comme vin de cuisson, tsé. La bouteille est déjà ouverte, c'est quand même ton vin à la base...
Maintenant.
Marie, plus loin dans l'appart - Vaaaaaaal?
Val - Oui?
Marie - Tsé le vin de cuisson là...?
Val - Oui?
Marie - Bin y'en reste pu finalement!
Val - Dit-elle un peu pompette!
Marie, candide et saoule - Bin y'en reste, mais y'est toute dans mon verre!!
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8 septembre 2010
Dans ma face
Pour toutes les fois où c'est moi qui ai fait des jokes de ''née avant 1985'', il était temps que je paie...
Entendu dans un avant-cours
M-A, le gars smat du cours - ... j'travaille aussi à telle pis telle place, pis j'ai couru le marathon, pis j'ai 6 cours cette session. (ok, il a pas tout dit ça comme ça, mais je résume son cv là)
Val, se trouvant drôle - Coudon, t'es-tu Gregory Charles numéro 2?
M-A, réaliste - Na, je joue pas de piano. Pis j'fais pas les Débrouillards.
Val, vedge en 'ta - Héhé.
M-A, 15 mois plus vieux à peine mais le sait pas - Mais ça, toi, les Débrouillards... t'étais pas encore née j'pense?
OOOOOOHHHHHHH! Et vlan!!!
La bonne nouvelle? J'ai VRAIMENT l'air plus jeune que mon âge.
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Entendu dans un avant-cours
M-A, le gars smat du cours - ... j'travaille aussi à telle pis telle place, pis j'ai couru le marathon, pis j'ai 6 cours cette session. (ok, il a pas tout dit ça comme ça, mais je résume son cv là)
Val, se trouvant drôle - Coudon, t'es-tu Gregory Charles numéro 2?
M-A, réaliste - Na, je joue pas de piano. Pis j'fais pas les Débrouillards.
Val, vedge en 'ta - Héhé.
M-A, 15 mois plus vieux à peine mais le sait pas - Mais ça, toi, les Débrouillards... t'étais pas encore née j'pense?
OOOOOOHHHHHHH! Et vlan!!!
La bonne nouvelle? J'ai VRAIMENT l'air plus jeune que mon âge.
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J'aime l'école
La prof parle. La prof parle beaucoup. La prof fait des détours un peu. Mais bon, la prof enseigne sa matière. Tout est clair, c'est même intéressant. Elle écrit mal, mais suffit d'écouter pour suivre. Suffit d'écouter, tsé.
Une jeune poupoune pose une question pas trop impertinente. La prof répond de façon super claire, comme d'ailleurs l'explication qui précédait. Tout va bien jusque-là. La poupoune réplique un ''ok...'' de fille qui n'a pas compris du tout la réponse, en tordant son visage de façon peu harmonieuse.
Elle se tourne vers ses amies :
''C'tu moi qui est conne?''
...
Tourne ta langue 7 fois dans ta bouche, Val! Tourne-la!
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Une jeune poupoune pose une question pas trop impertinente. La prof répond de façon super claire, comme d'ailleurs l'explication qui précédait. Tout va bien jusque-là. La poupoune réplique un ''ok...'' de fille qui n'a pas compris du tout la réponse, en tordant son visage de façon peu harmonieuse.
Elle se tourne vers ses amies :
''C'tu moi qui est conne?''
...
Tourne ta langue 7 fois dans ta bouche, Val! Tourne-la!
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6 septembre 2010
John Cusack
Puisque ça prend un gars pour l'histoire, aussi bien que ce soit John Cusack qui se tient debout avec une boombox au bout des bras pis une toune quétaine des années 1980 qui en crie. Il est brun, il est grand, il est déterminé, il est rassurant, et pourtant il a la moue d'un gamin, ses petites lèvres pas tant charnues mais trop invitantes, on en a l'eau à la bouche rien que de les regarder parler, on aimerait que son long monologue décousu et incongru nous soit adressé, sa nervosité, sa maladresse, sa franchise, on voudrait que ce soit pour nous tout ça parce que c'est beaucoup trop attendrissant.Je vais changer de sujet maintenant parce que je suis en tachycardie.
Tout part d'une onde, l'harmonie d'une variation constante et solide qui module la vie, c'est comme les marées qui obéissent à la lune, sauf que tout se fait dans le coeur, dans le corps, et qu'on a le contrôle sur notre propre lune. L'automaréation de sa vie.
J'ai rencontré mon John Cusack à moi quand j'avais 16 ans. J'aimerais pouvoir dire que ça a été le coup de foudre et qu'on ne se lâchait plus d'une semelle, mais la vérité c'est qu'il était simplement l'ami d'un ami, et que son plus grand attrait à mes yeux était le mystère qu'il créait autour de lui en étant silencieux. Pendant deux ans, nous nous sommes côtoyés avec une drôle de tension, mais jamais rien de vécu, sauf peut-être ce soir du réveillon 2001 où nous avions presque fait l'amour, mais non. Y'a de ces longues promenades qui sont effacées par la neige.
On s'est perdus de vue. C'était la fin du secondaire, et donc de bien des choses. Je me suis souvent demandée où il était, s'il était seul, ce qu'il faisait. J'avais de ses nouvelles un peu par le biais de l'ami commun : il fut même un temps où mon John Cusack était tout ce que j'avais en commun avec cet ami commun. Je voyais son visage quand j'entendais du Radiohead. On s'informait l'un l'autre si l'autre était célibataire quand on l'était, on savait qu'on le faisait. On a pensé à ça pendant 7 ans (bon, pas 24 heures sur 24, quand même) puis on s'est retrouvés sur Facebook.
Bien sûr, c'est un peu lame. Mais c'est ça, vivre sa vingtaine au son des années 2000.
Ça fait 407 mots que je parle de lui sans le nommer. Je ne le nommerai pas. C'est comme si j'avais peur que ça porte malheur, c'est comme pour Voldemort. Il est facebookement réapparu dans ma vie, sorti de nulle part, en couple, gnan. L'interdit aidant, nous n'avons pu que nous rappeler à quel point nous revenions parfois dans les pensées de l'autre.
Évidemment, il avait changé de ville, et quand il est revenu, j'avais changé de ville. On s'en fout. C'est comme si je savais qu'on allait se retrouver à un moment donné, va savoir à quel aéroport, mais ça va vraiment avoir l'air d'un film de filles, de l'inattendu tendu, sensuel, assumé, assouvi. On va avoir 35 ans, ou peut-être 40. On va enfin être tous les deux seuls en même temps, pour la première fois. Tsé, quelque chose de glorieux.
Sauf que. Hier.
''Hey, salut Val! J'voulais juste te dire que j'suis single comme du fromage Kraft pis que j'reviens au Québec d'ici la fin de mois! xxx''
C'était pas supposé arriver hier.
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** Papa, maman, matante, soeurrette, amis, amies, collègues : je vous rappelle tendrement que je ne fais pas que publier ma vie, ici : j'écris aussi de la fiction, des fois. Comme dans ''pas ma vraie vie, histoire inventée''.**
5 septembre 2010
La pro de la procrastination
Ce qui est bien avec les premiers jours de l'année scolaire, c'est qu'ils annoncent le retour d'un sport que j'adore : la procrastination.On s'entend que les débuts de saison ne sont pas aussi spectaculaires que les match des séries, mais tout de même...
Nous y sommes ce dimanche matin, 9 heures tapant, en direct du Stade Godhue de Québec. Sous un ciel variable et par une température exquisément fraîche, 5000 spectateurs sont réunis pour ce premier match pré-saison 2010-2011 de procrastination, où Valérie affronte la redoutable équipe de la Morphologie.
En première période, la Morphologie s'est illustrée en plaçant 8 pages d'étude intense sur le chemin de la pauvre Valérie, qui a dû battre en retraite sous l'effet de la compacte matière. Le premier tiers s'est donc conclu sur tout un tas de matière couverte, au découragement général des amateurs de procrastination.
Par contre, Valérie a effectué une remontée spectaculaire dès la reprise du jeu en prenant ses courriels, en regardant Facebook et en zieutant une dizaine de blogs. Comme si cela n'était pas assez, elle a poursuivi son ascension en dînant, ayant même le culot de se partir un film en même temps. Bien sûr, une fois son repas avalé, le film n'était toujours pas terminé, alors c'est sur son lit qu'elle l'a regardé au complet. Cette deuxième période a pris fin sous le coup d'une douche bien méritée, ce qui nous mène déjà très loin dans la partie.
La Morphologie saura-t-elle se sortir du pétrin? Avec 60 minutes à jouer avant le souper, on en doute fort. Après tout, est-ce suffisant pour digérer assez de matière avant de passer à table?
Ne quittez pas. Après la pause, on reçoit en entrevue nul autre que le blog de Valérie, qui nous fera certainement quelques révélations croustillantes sur cette athlète en pleine possession de ses moyens!
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4 septembre 2010
Tant qu'à pas dormir... Pot pourri!
Cruisage à l'américaine
Ça fait déjà un bon moment que j'me dis que je sous-estime les hommes dans la trentaine, et une visite chez nos charmants voisins du bas m'a encore une fois confirmé que j'pognerais foul pine débile mental.
J'vais chez Tim (ma tante était en manque de cappuccino glacé ou un truc du genre, et j'me suis pas fait prier non plus), un papa (cute) avec un tit gars (sage) sort au moment où j'arrive, et il me tient la porte pour que j'entre : ''Nice smile!''
Selon sœurette, qui me suivait, il était tout sourire après m'avoir croisée.
***
Entendu au marché de la gare
Je - Ouin, les framboises d'en-dessous sont moins belles que celles du dessus...
Vé Too-Much - C'est vrai.
Je - La vie est dure pour les framboises du dessous.
Vé Too-Much - Non, elle est molle.
***
Entendu à la Barberie (ça vous étonne vraiment?)
Bidou - J'ai donné mon nom pour aller à l'Oktoberfest : c'est coulé dans le sang!
***
Instinct maternel
Je hais qu'on me materne. Vraiment.
Surtout lorsqu'il s'agit d'une caissière de 16 ans qui me précise ''la bande magnétique vers l'extérieur'', ce que j'avais déjà remarqué sur le dessin hyper explicite de la machine et que j'allais le faire comme du monde, et qui ose rajouter pendant que je le fais ''voilà, comme ça!''.
C'est quoi, la prochaine étape, un autocollant?
***
À la mode de chez nous
Dans mon cours du mercredi matin, si on analyse celles qui m'entourent dans un rayon de 5 bureaux, on peut remarquer qu'au moins 10 filles portent des perles aux oreilles. Toutes les mêmes, on dirait des poupées produites en série.
(...)
Maudit, j'aurais dû mettre les miennes.
***
Incertitude graisseuse
Je - Me semble que j'engraisse tout le temps...
Le beau-père - Bin voyons, le jour où y'aura juste un poncho qui va bien te faire, là tu pourras t'inquiéter!
_____
Ça fait déjà un bon moment que j'me dis que je sous-estime les hommes dans la trentaine, et une visite chez nos charmants voisins du bas m'a encore une fois confirmé que j'pognerais foul pine débile mental.
J'vais chez Tim (ma tante était en manque de cappuccino glacé ou un truc du genre, et j'me suis pas fait prier non plus), un papa (cute) avec un tit gars (sage) sort au moment où j'arrive, et il me tient la porte pour que j'entre : ''Nice smile!''
Selon sœurette, qui me suivait, il était tout sourire après m'avoir croisée.
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Entendu au marché de la gare
Je - Ouin, les framboises d'en-dessous sont moins belles que celles du dessus...
Vé Too-Much - C'est vrai.
Je - La vie est dure pour les framboises du dessous.
Vé Too-Much - Non, elle est molle.
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Entendu à la Barberie (ça vous étonne vraiment?)
Bidou - J'ai donné mon nom pour aller à l'Oktoberfest : c'est coulé dans le sang!
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Instinct maternel
Je hais qu'on me materne. Vraiment.
Surtout lorsqu'il s'agit d'une caissière de 16 ans qui me précise ''la bande magnétique vers l'extérieur'', ce que j'avais déjà remarqué sur le dessin hyper explicite de la machine et que j'allais le faire comme du monde, et qui ose rajouter pendant que je le fais ''voilà, comme ça!''.
C'est quoi, la prochaine étape, un autocollant?
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À la mode de chez nous
Dans mon cours du mercredi matin, si on analyse celles qui m'entourent dans un rayon de 5 bureaux, on peut remarquer qu'au moins 10 filles portent des perles aux oreilles. Toutes les mêmes, on dirait des poupées produites en série.
(...)
Maudit, j'aurais dû mettre les miennes.
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Incertitude graisseuse
Je - Me semble que j'engraisse tout le temps...
Le beau-père - Bin voyons, le jour où y'aura juste un poncho qui va bien te faire, là tu pourras t'inquiéter!
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3 septembre 2010
Entendu dans ma tête
À l'université, direction j'ai-des-livres-à-acheter, je suis d'assez près un groupe de trois filles, on va les appeler Fille A, Fille B et Fille C.
Nous croisons une blondasse au téléphone.
Blondasse au téléphone - Ouin genre, y'avait comme foul de monde pour les livres là, c'est fucking d'la marde, fak là j'sors genre là, là.
Moi dans ma tête - Merde... J'espère qu'y'aura pas trop de monde...
Fille A - Fuck, j'espère qu'y'aura pas trop de monde...
Moi dans ma tête - J'vais marcher plus vite, ça va peut-être me permettre d'en dépasser 2-3... Et puis au fond, ça peut pas être pire que quand j'y suis allée lundi.
Fille B - Bin non, Fille A, ça peut pas être pire que lundi matin!
Moi dans ma tête - Euh, c'est quoi, ces filles-là lisent mes pensées?
Fille C - Check au pire on marche plus vite pis on va peut-être avoir une meilleure place dans la file.
Moi dans ma tête - Ça y est, soit ce sont des extraterrestres liseuses de cerveau, soit j'suis rendue parano. Internez-moi.
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Nous croisons une blondasse au téléphone.
Blondasse au téléphone - Ouin genre, y'avait comme foul de monde pour les livres là, c'est fucking d'la marde, fak là j'sors genre là, là.
Moi dans ma tête - Merde... J'espère qu'y'aura pas trop de monde...
Fille A - Fuck, j'espère qu'y'aura pas trop de monde...
Moi dans ma tête - J'vais marcher plus vite, ça va peut-être me permettre d'en dépasser 2-3... Et puis au fond, ça peut pas être pire que quand j'y suis allée lundi.
Fille B - Bin non, Fille A, ça peut pas être pire que lundi matin!
Moi dans ma tête - Euh, c'est quoi, ces filles-là lisent mes pensées?
Fille C - Check au pire on marche plus vite pis on va peut-être avoir une meilleure place dans la file.
Moi dans ma tête - Ça y est, soit ce sont des extraterrestres liseuses de cerveau, soit j'suis rendue parano. Internez-moi.
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2 septembre 2010
Tu rajoutes un titre
C'est à l'heure des fonctionneux que tu sors dans la rue. Tu marches à contre-courant de ceux qui sont bien habillés : toi, t'as les cheveux gras et ton haleine du matin, tu marches pour retourner chez toi. Tu te dis que ce garçon qui te fixe pense sûrement ''walk of shame'', alors t'as envie de lui chanter que t'as juste dormi au frais, t'as dormi au frais. Et c'était encore meilleur que du sexe!
Tu tentes maladroitement de remédier à la situation en te composant un sourire naïf, ou plutôt en modelant le sourire déjà peint sur ton visage pour qu'il semble enfantin, léger. Un sourire comme cette chanson que tu écouteras sur repeat pendant toute la demi-heure qu'il te faut pour rentrer à la maison.
Tu aimes le quartier du haut de la côte parce qu'il y vente, il vente tout plein sous et sur ta robe de gitane, si légère que tu te sens nue, tu marches nue dans les beaux quartiers, le vent caresse ta peau à peine moite, ton dos, tes cuisses, ton ventre; ta robe est ballon, moulante, frivole, gonflée, serrée.
Tu rêvasses et te surprends à narrer ton parcours à la 2e personne, tu aimerais bien que le narrateur d'Amélie Poulain soit là pour le faire à ta place, comme ça tu pourrais te contenter de marcher gaiement sans te soucier de rien. Mais non, tu narres, tu te dis ''je vais l'écrire sur mon blog'', tu narres plein de faits cocasses, mais tu en oublieras au moins la moitié une fois chez toi, devant ton portable. Tu te grondes d'avance. Je devrais tout noter. Tu n'en fais rien, tu jouis : le vent, tsé. Tu en as oublié bien plus que la moitié.
Les rues sont belles, les gens te sourient, tu dois avoir l'air un peu déphasée, mais tu t'en fous. Ton moment préféré, c'est quand tu arrives au haut des marches, là, le vent vente encore plus fort, tu adores, tu t'arrêtes un peu pour regarder le quartier du bas, le quartier sale qui dort encore. Il se réveille bien plus tard. La saleté fait la grasse matinée.
Tu descends les escaliers en croisant ceux qui montent; tu remercie la vie de simplement descendre, le vent sous ta jupe, les fleurs sous les escaliers qui voient tes petites culottes. Ça te fait presque rigoler. Tu sens déjà le chlore du parc du quartier sale, la chute désinfectante, y'a des chips qui flottent mais tu veux quand même tremper tes pieds, tu le fais. C'est presque aussi bon que le vent.
Tu traverses les rues, tu regardes à gauche, à droite, mais toutes les voitures entrent dans un stationnement. À cette heure, personne ne poursuit son chemin, tous finissent par se stationner. Tu es contente d'être maître de ton temps, aujourd'hui, tu médites là-dessus jusqu'au pont, la rue du, la rivière trop basse, le quartier des chats, le garagiste qui vient d'ouvrir la shop et qui tente gentiment, tout doucement, de déloger le matou roux qui se prélasse devant la porte ''enweye minou, tasse-toé... enweye bébé, faut qu'on travaille nous autres là''. La chat sait que l'homme veut pas réellement qu'il parte. Il reste.
Trois rues plus loin, une bonne femme sur une galerie parle à une autre femme avec un carosse, ça jase de famille, ça jase de la vie. Et les chats partout.
Ton bout préféré, c'est le bout de la rue, le sens unique, la quatrième, celle où les arbres sont presque aussi rois que les chats, les façades colorées. Oui.
Tu es de retour dans ton four, dans ton chez-toi. Tu l'aimes. Heureuse : après tout, tu as dormi au frais. Alors bon matin l'appart, même si t'es nouveau, même si t'es fourneau. C'est ton berceau du quartier des chats. Vous vous êtes apprivoisés. Et la chatonne se frôle sur tes jambes pendant que tu lui débarres la porte.
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Tu tentes maladroitement de remédier à la situation en te composant un sourire naïf, ou plutôt en modelant le sourire déjà peint sur ton visage pour qu'il semble enfantin, léger. Un sourire comme cette chanson que tu écouteras sur repeat pendant toute la demi-heure qu'il te faut pour rentrer à la maison.
Tu aimes le quartier du haut de la côte parce qu'il y vente, il vente tout plein sous et sur ta robe de gitane, si légère que tu te sens nue, tu marches nue dans les beaux quartiers, le vent caresse ta peau à peine moite, ton dos, tes cuisses, ton ventre; ta robe est ballon, moulante, frivole, gonflée, serrée.
Tu rêvasses et te surprends à narrer ton parcours à la 2e personne, tu aimerais bien que le narrateur d'Amélie Poulain soit là pour le faire à ta place, comme ça tu pourrais te contenter de marcher gaiement sans te soucier de rien. Mais non, tu narres, tu te dis ''je vais l'écrire sur mon blog'', tu narres plein de faits cocasses, mais tu en oublieras au moins la moitié une fois chez toi, devant ton portable. Tu te grondes d'avance. Je devrais tout noter. Tu n'en fais rien, tu jouis : le vent, tsé. Tu en as oublié bien plus que la moitié.
Les rues sont belles, les gens te sourient, tu dois avoir l'air un peu déphasée, mais tu t'en fous. Ton moment préféré, c'est quand tu arrives au haut des marches, là, le vent vente encore plus fort, tu adores, tu t'arrêtes un peu pour regarder le quartier du bas, le quartier sale qui dort encore. Il se réveille bien plus tard. La saleté fait la grasse matinée.
Tu descends les escaliers en croisant ceux qui montent; tu remercie la vie de simplement descendre, le vent sous ta jupe, les fleurs sous les escaliers qui voient tes petites culottes. Ça te fait presque rigoler. Tu sens déjà le chlore du parc du quartier sale, la chute désinfectante, y'a des chips qui flottent mais tu veux quand même tremper tes pieds, tu le fais. C'est presque aussi bon que le vent.
Tu traverses les rues, tu regardes à gauche, à droite, mais toutes les voitures entrent dans un stationnement. À cette heure, personne ne poursuit son chemin, tous finissent par se stationner. Tu es contente d'être maître de ton temps, aujourd'hui, tu médites là-dessus jusqu'au pont, la rue du, la rivière trop basse, le quartier des chats, le garagiste qui vient d'ouvrir la shop et qui tente gentiment, tout doucement, de déloger le matou roux qui se prélasse devant la porte ''enweye minou, tasse-toé... enweye bébé, faut qu'on travaille nous autres là''. La chat sait que l'homme veut pas réellement qu'il parte. Il reste.
Trois rues plus loin, une bonne femme sur une galerie parle à une autre femme avec un carosse, ça jase de famille, ça jase de la vie. Et les chats partout.
Ton bout préféré, c'est le bout de la rue, le sens unique, la quatrième, celle où les arbres sont presque aussi rois que les chats, les façades colorées. Oui.
Tu es de retour dans ton four, dans ton chez-toi. Tu l'aimes. Heureuse : après tout, tu as dormi au frais. Alors bon matin l'appart, même si t'es nouveau, même si t'es fourneau. C'est ton berceau du quartier des chats. Vous vous êtes apprivoisés. Et la chatonne se frôle sur tes jambes pendant que tu lui débarres la porte.
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