Prendre l'autobus m'inspirait beaucoup. Je trouve toujours qu'il n'arrive rien quand je suis seule dans ma bagnole. Bin c'est peut-être mieux ainsi.
(Ce texte contient trop de parenthèses.)
Depuis que je suis demi-propriétaire d'une voiture, il va sans dire que je ne fais plus une heure quinze d'autobus pour me rendre au travail.
Non.
Et j'ai toujours pensé que le jour où j'aurais la liberté de sortir de la maison une minute en retard sur mon horaire habituel sans que ça me mettre dans la schnutten, ma vie serait un monde rose rempli de Calinours. Non plus. Une heure de moins de commute? Une heure de plus d'éparpillage matinal à ne plus savoir quoi mettre comme kit ou à défaire ma coiffure!
(D'ailleurs, je pense que je vais mettre un après l'autre tous mes kits "cutes" de travail et me prendre en photo pour constituer (y'a tuer dans constituer) un genre d'album (j'suis pas game de mettre ma tronche dodue sur Pinterest) dans lequel je pourrai piger à l'avenir mon ensemble de la journée.)
Donc je pars trop tard, j'ai pas déjeuné, je pogne le trafic (si infime soit-il) de la capitale (pas la ville, l'autoroute, d'ailleurs j'dois pas avoir le bon nom parce que je mélange toutes les autoroutes de Québec, et surtout les anciens et les nouveaux noms, wtf, vive Limoilou avec ses rues et avenues sur le modèle New York), je passe me chercher du Tim bien gras et, rendue à ce stationnement gratiss que j'utilise habituellement, je me dis qu'aujourd'hui, je me paie un stationnement dans le vrai stationnement pour m'éviter la marche en ce matin pluvieux d'avril.
YOLO!!
Alors j'arrête à l'entrée du stationnement et j'ouvre la porte de Suzanne pour m'étirer pour regarder combien ça coûte une maudite place de stationnement pour une seule journée. Un prix de fou. Fuck off, je me dis que je retourne à mon autre stationnement.
Suzanne Roy est un peu moumoune, Suzanne Roy barre ses portes automatiquement quand son moteur tourne. Suzanne Roy vient de la région.
Suzanne Roy ronronne donc gaiement avec ses portes barrées alors que moi je rage avec les cuisses gelées pis l'estomac creux. J'vous parle même pas de la face de mon Tim-Matin, bien au chaud sur le siège conducteur avec ma sacoche et le reste de ma vie, qui me trouve très drôle de m'être moi-même embarrée dehors.
Tab...
Je ne suis pas membre du CAA, et à cette époque, je ne sais pas encore que n'importe quel membre (aka les autres profs du département) pourrait me faire ouvrir les portes.
Alors j'appelle le chum, qui heureusement n'enseigne pas ce matin là, pour qu'il prenne un taxi jusqu'à Banlieue Creuse pour m'apporter ses clés. Et je gèle à côté de mon auto qui tourne en faisant signe à toute la clientèle du Centre de passer à côté et que c'est normal...
Une chance que j'ai pu en parler sur Facebook et avoir des likes.
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Fantasmes éhontés d'une fille qui, dans la vraie vie, n'a pas de vie
17 août 2013
18 juillet 2013
Aujourd'hui
Aujourd'hui, tu voulais tellement pas faire ton travail d'université que tu as lavé à l'effaceur magique ta porte de chambre, qui n'avait probablement jamais été récurée ni repeinte depuis le bogue de l'an 2000.
Pour ceux qui vivent dans le passé ou dans le déni, sachez que ça fait plus de 13 ans.
13 ans. Des noces de muguet.
1 extinction complète de voix
2 permanentes
3 miroirs cassés
4 diplômes
5 paires de lunettes
6 chats
7 séjours à Old Orchard Beach
8 grippes d'hommes
12 emplois
16 peines d'amour
26 équinoxes
33 cours de chant
40 coupures de papier
54 paires de souliers
65 dîners au buffet à la Pizzeria Orford
120 teintures
138 cordes de guitare changées
163 spm
700 brassées de foncé
13 ans, tsé.
Mais c'est vraiment aujourd'hui qu'il était urgent que tu nettoies ta porte de chambre.
_____
Pour ceux qui vivent dans le passé ou dans le déni, sachez que ça fait plus de 13 ans.
13 ans. Des noces de muguet.
1 extinction complète de voix
2 permanentes
3 miroirs cassés
4 diplômes
5 paires de lunettes
6 chats
7 séjours à Old Orchard Beach
8 grippes d'hommes
12 emplois
16 peines d'amour
26 équinoxes
33 cours de chant
40 coupures de papier
54 paires de souliers
65 dîners au buffet à la Pizzeria Orford
120 teintures
138 cordes de guitare changées
163 spm
700 brassées de foncé
13 ans, tsé.
Mais c'est vraiment aujourd'hui qu'il était urgent que tu nettoies ta porte de chambre.
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14 juillet 2013
Suzanne Roy
Suzanne est quand même cool, ne serait-ce que pour m'apporter au travail en 15-20 minutes au lieu de l'heure et quart que ça me prenait en bus. Suzanne avance. Suzanne ne s'est pas plainte quand j'ai repeint en rouge une partie de sa portière avant droite en frôlant une clôture. Elle n'a rien dit non plus cette fois où j'ai accoté un pilon de béton dans un stationnement sous-terrain. On se fait confiance, Suzanne et moi; on n'est pas parfaites ni une ni l'autre.
Sauf que.
Suzanne a décidé qu'un voyage au Massachusetts, c'était trop pour elle. Elle a fait la moitié du trajet en dégoûtant et a décidé de s'évanouir à 30 minutes des lignes, près de Jackman (mais pas encore à Jackman), Maine.
Je ne sais pas si la région vous est familière, mais ça ressemble à ça :
En additionnant ces éléments :
(multiplié par 1 000 000)
Bref, y se passe QUE DALLE vie humaine dans ce coin-là. Évidemment, le cellulaire pognait aucun réseau, alors il a fallu marcher jusqu'à ce qu'on trouve LE mongol qui vit là (nah, super sympathique au fond là, on a utilisé son téléphone pis toute) et, le pire du pire, c'est qu'il ne me restait plus une goutte de Off Deep Woods Super Strong dans ma sacoche.
Ouch.
Finalement, on s'est fait remorquer jusqu'au douanes américaines par un remorqueur américain, on a chillé en attendant le remorqueur canadien accompagnés par des ados du New Jersey qui, eux, s'étaient fait arrêter en entrant au pays et attendaient depuis 4 heures qu'on les relâche (Yo dude, 18 ans et 16 ans, trois bières, une vieille van, une barbe de 3 semaines... À quoi tu pensais? Y'a des limites à être YOLO.), puis le Beauceron de remorqueur est arrivé et on a atterri chez la soeur de mon chum dans les Beauces. Faque 1200 $ plus tard, Suzanne va mieux (la bitch).
Tout ça me permet d'établir les faits suivants :
- Dans le Maine profond, t'as le droit d'apporter ton chien sur la job si t'es remorqueur et tout le monde s'en fiche. Même s'il mange tout le sac de petites carottes de tes clients.
- Dans le Maine profond, il y a un gros problème d'accessibilité alimentaire pour les mouches, ce qui les rend particulièrement voraces quand le gros steak (moi) arrive.
- Dans le Maine profond, tu comprends pas l'accent du remorqueur, ni de personne.
- Dans le Maine profond, y mangent du bacon "canadien" qui est en fait du jambon dur dégueulasse qui ressemble fuck all à notre bacon chéri.
- Dans les Beauces, le remorqueur connaît de réputation l'autre remorqueur au chien.
- Dans les Beauces, tu comprends pas l'accent du remorqueur même s'il te parle en français.
- Dans les Beauces, on mange du bacon normal pis on lui donne pas de fausse citoyenneté.
_____
28 juin 2013
Résuscitation (Après presque un an de "mort")
Ok, je sais, Jésus, lui, a été un tantinet plus efficace que moi et est resuscitu (j'trouve ça plus drôle écrit de même, ne vous inquiétez pas pour mon illettrisme) après 3 jours, MAIS, bin voilà, je m'ennuie de bloguer.
J'aurais pu faire comme d'habitude et ouvrir un nouveau blog avec un nouveau nom et une orientation cybercool bin impressionnante, sauf que soyons francs : y'a pas tant de renouveau dans ma façon de penser, y'a juste la bonne vieille Val et son bon *tousse* vieux *tousse* cerveau hyperactif qui veut veut veut tellement veut communiquer. Faque.
Après deux heures d'introspection par une journée de j'me-sens-bleh, je me suis rendu compte que ça me manquait. Ça coïncide avec mes vacances : y'a pas de hasard. Quand j'ai arrêté il y a un an, c'est que je passais pratiquement chaque seconde de mon existence à essayer de trouver le sujet qui serait original et catchy pour vous écrire un post et m'attirer des tas de likes sur Facebook : mon ambition aujourd'hui est de me détacher un peu de ça (lol) pour simplement me défouler ici en toute intimité devant mon fanbase de 15 personnes. Par amour pour moi et pour vous, et surtout par souci de stabilité mentale.
(...pis après, mille ans (Milan, haha) après tout le monde, j'ai découvert Pinterest et ma vie a eu un sens à nouveau.)
On veut tous être aimés, hein, alors aimez-moi un peu. Svp.
Je vous écrit d'une rue qui s'appelle Starknaught Heights, à Gloucester, Massachusetts. 24 Starknaught Heights, Gloucester, Massachusetts. Celui qui va réussir à prononcer tout ça sans erreur recevra un morceau de robot par la poste. C'est près de Boston, mais surtout près de la mer, c'est le sous-sol d'une madame AirBnB super bobo dont les murs de ce qu'elle appelle son Air Beach Studio sont parsemés de grands panneaux où l'on devine les contours d'anciennes toiles probablement bien de bien inspirées. Y'a des livres d'art par dizaines dans la grande bibliothèque près du piano que je n'ose pas utiliser. Y'a des maisons partout jusqu'à la mer avec des plages privées. Y'a des glouglous sur le terrain des voisins, pis des lapins/lièvres (sérieux, c'est quoi la différence?) pis des poules, on comprend rien à tout ça mon chum pis moi. Ce soir, y'a en ville le concours de poteau graisseux du festival des pêcheurs. Hier, y'avait un tour historique à Boston leadé par un prof de college juste assez sarcastique-drôle déguisé en rouge qui m'a donné le goût d'être en classe à donner un cours badass. Ou d'être dans SA classe à le regarder donner un cours badass en fantasmant dessus.
Les fantasmes changent bien peu au cours d'une vie.
Comment j'ai pu me sentir bleh au milieu de tout ça, me direz-vous, enchantés (re-lol) par la description bucolique de mes vacances de prof? Bin dah, parce qu'on traîne nos bébittes avec soi partout.
Rebienvenue sur mon blog. Vos commentaires pis vos likes m'ont manqué.
_____
P.-S. - HEY! C'est mon 400e post!!! Comment ai-je pu arrêter à 399, moi qui ai un TOC si fort??
J'aurais pu faire comme d'habitude et ouvrir un nouveau blog avec un nouveau nom et une orientation cybercool bin impressionnante, sauf que soyons francs : y'a pas tant de renouveau dans ma façon de penser, y'a juste la bonne vieille Val et son bon *tousse* vieux *tousse* cerveau hyperactif qui veut veut veut tellement veut communiquer. Faque.
Après deux heures d'introspection par une journée de j'me-sens-bleh, je me suis rendu compte que ça me manquait. Ça coïncide avec mes vacances : y'a pas de hasard. Quand j'ai arrêté il y a un an, c'est que je passais pratiquement chaque seconde de mon existence à essayer de trouver le sujet qui serait original et catchy pour vous écrire un post et m'attirer des tas de likes sur Facebook : mon ambition aujourd'hui est de me détacher un peu de ça (lol) pour simplement me défouler ici en toute intimité devant mon fanbase de 15 personnes. Par amour pour moi et pour vous, et surtout par souci de stabilité mentale.
(...pis après, mille ans (Milan, haha) après tout le monde, j'ai découvert Pinterest et ma vie a eu un sens à nouveau.)
On veut tous être aimés, hein, alors aimez-moi un peu. Svp.
Je vous écrit d'une rue qui s'appelle Starknaught Heights, à Gloucester, Massachusetts. 24 Starknaught Heights, Gloucester, Massachusetts. Celui qui va réussir à prononcer tout ça sans erreur recevra un morceau de robot par la poste. C'est près de Boston, mais surtout près de la mer, c'est le sous-sol d'une madame AirBnB super bobo dont les murs de ce qu'elle appelle son Air Beach Studio sont parsemés de grands panneaux où l'on devine les contours d'anciennes toiles probablement bien de bien inspirées. Y'a des livres d'art par dizaines dans la grande bibliothèque près du piano que je n'ose pas utiliser. Y'a des maisons partout jusqu'à la mer avec des plages privées. Y'a des glouglous sur le terrain des voisins, pis des lapins/lièvres (sérieux, c'est quoi la différence?) pis des poules, on comprend rien à tout ça mon chum pis moi. Ce soir, y'a en ville le concours de poteau graisseux du festival des pêcheurs. Hier, y'avait un tour historique à Boston leadé par un prof de college juste assez sarcastique-drôle déguisé en rouge qui m'a donné le goût d'être en classe à donner un cours badass. Ou d'être dans SA classe à le regarder donner un cours badass en fantasmant dessus.
Les fantasmes changent bien peu au cours d'une vie.
Comment j'ai pu me sentir bleh au milieu de tout ça, me direz-vous, enchantés (re-lol) par la description bucolique de mes vacances de prof? Bin dah, parce qu'on traîne nos bébittes avec soi partout.
Rebienvenue sur mon blog. Vos commentaires pis vos likes m'ont manqué.
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P.-S. - HEY! C'est mon 400e post!!! Comment ai-je pu arrêter à 399, moi qui ai un TOC si fort??
2 septembre 2012
Ciao-bye
Bon, après un mois d'absence, faut se rendre à l'évidence : c'est la fin de l'activité cérébrale (... eum, l'incontinente là, j'virerai quand même pas légume en cliquant sur ''publier'' talleur). J'ai pas de raison particulière, je me suis juste lassée de mon propre pas-de-concept. J'ai encore des tonnes de gribouillis dans mon calepin, mais je pense bien livrer ça sous une autre forme dans les prochains mois. Mais pas ici (même si ailleurs c'est trop loin).
Je garde le tout en ligne pour que les nostalgiques (genre moi-même, parce que je suis ma plus grande fan) se sustentent.
Ça me fait drôle, quand même.
Merci pour votre fidélité et votre amour virtuel :)
Je vous laisse sur une chanson qui symbolise pour moi ma passion pour le secrétariat et les différentes polices avec ou sans empattements de Word.
Valérie
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ma plus grande fan,
secrétaire
31 juillet 2012
Où aller veiller? Prise 3 - spécial Vacances
On est trois filles, fin-vingtaine, à chercher où est-ce qu'on pourrait bien aller veiller à Québec pour ne pas se sentir comme de vieilles matantes.
Résultat : teste des bars pour trouver LA place où y'a le moins d'irritants (musique, âge moyen, style vestimentaire, compactage). Ça va sûrement donner une série de posts sur ce blog, ou bedon celui-ci est le dernier sur le sujet pis on va abandonner le projet. Suspense.
Je sais que vous vous pouvez pu.
***
PIS DES FOIS, ON EST EN GASPÉSIE POUR LES VACANCES FAQUE...
***
Bar : Brise-Bise
Quartier : Gaspé, j'ose pas vraiment dire ''centre-ville''
Journée : mercredi soir
Musique : comme aux Voûtes, mais en ajoutant du country
Âge moyen : n'importe qui qui veut boire de la bière ce soir-là
Style vestimentaire : comme aux Voûtes
Compactage : impressionnant, mais encore vivable
Heure d'arrivée : 21 h
Heure de départ : 1 h
Par où commencer... À force de me tenir avec deux Gaspésiennes, fallait bin un jour que je les suive dans leur patelin le temps d'une immersion, n'est-ce pas? Alors voilà.
Avant toute chose, dis-toi bin que quand tu pars ''veiller'' en Gaspésie, ça implique de faire au moins une demi-heure de route, chose que tu feras chixée en écoutant du gros pop sale, mais en étant quand même obligée d'arrêter au Shell pour jouer à la mécanicienne et checker ton huile (tsé, pour être certaine de toffer la runne à la fin de la soirée).
Sinon, ça va quand même, côté dépaysagement, parce que le chansonnier du Brise-Bise en période estivale est le même que celui des Voûtes (oui oui, le Gaspésien qui était le ptit frère de l'autre là!), mais accompagné de deux autres gars. Là, vous vous dites sûrement ''ouin, deux personnes qu'on connaît pas...'', bin non, vous avez tort, parce qu'évidemment, un des deux autres gars sort, justement, avec une des serveuses des Voûtes, serveuse avec qui on se retrouve d'ailleurs assises là-bas à prendre une bière.
Me suivez-vous? Parce que c'est important de me suivre là, on est en GASPÉSIE, faut FAIRE DES LIENS tout le temps entre tout le monde. Tout le temps. On part.
Donc déjà, le guitariste sort avec la serveuse des Voûtes, et on savait déjà que le chanteur sortait aussi avec une autre serveuse des Voûtes, mais c'est en plus de ça le voisin du cousin de mon amie, celui dont la mère travaillait à Coop, t'a connais pas? Tsé là, son père travaillait au débarquement avec l'oncle de Chose, pis son plus jeune à lui sortait avec une fille de Tit-Cap, mais mon amie elle l'avait connue au Cégep parce qu'était toujours à Brasserie là, mais là faut pas qu'tu la mélanges avec les jumelles Murray par'zemple, parce qu'eux-autres c'était des anglaises de Chandler pis y'ont pas rapport pantoute dans l'histoire.
Si tu m'as pas suivi, tu sais maintenant c'est quoi passer la semaine avec trop de Gaspésiens. Si t'as tout suivi, t'en est un pis t'es sur le bord de me sortir le nom de famille du gars!
On entre dans le bar, on se commande de l'alcool, j'ai le plaisir d'apprendre qu'ils ont mon vin rouge préféré, je suis surexcitée, nous buvons. Aux premiers rangs, j'veux dire à part nous trois pis la serveuse des Voûtes, y'a une groupie qui s'essaie clairement sur le drummer pis qui connaît toutes les tounes par coeur, elle dandine de la tête en se twistant une couette de cheveux, comme si elle était une figurante dans Grease. Elle porte encore son ptit kit de plage, genre de chandail en tissus de serviette mauve avec des lunettes sur la tête. J'ai pas osé demander à mes deux Gaspésiennes si elles la connaissaient, parce que j'avais pas envie de m'embarquer dans une histoire de ''ah oui, ça doit être la soeur de la petite que j'coachais en natation...''.
Nous autres, on passe pour des vraies groupies parce qu'on avait eu la répète générale du show la veille autour d'un feu de camp (... ou plutôt de joie, à la grosseur qu'il avait) sur la grève grâce à la cousine de mon amie qui connaît les gars du band, mais on s'en fout parce qu'on se sent privilégiées. Une des Gaspésienne (j'vous dis pas laquelle, la honte...) a essayé de filmer le show, mais elle s'est trompée de mode sur son kodak alors ça a juste pris une photo : c'est pas grave, ça compense pour le vidéo de 20 secondes qu'on a de nous deux en train de faire semblant de prendre une bouchée de sandwich en demandant si la photo était prise, un peu plus tôt dans la journée.
Dans un autre coin, y'a une tablée de matantes très saoules qui se lèvent toutes en même temps pour danser sur leur demande spéciale de Kenny Rogers. Sont bin contentes parce que les chansonniers sont tellement des bons ptits gars qu'ils les cruisent comme si elles avaient 20 ans, non mais c'est leur soirée hein!
De notre côté, on boit moins qu'à l'habitude parce que vous comprendrez que la 801 se rend évidemment pas dans la Radoune, mais on se fait chicaner par la barmaid-des-Voûtes-juste-blonde-de-l'autre-mais-même-pas-Gaspésienne-sauf-que-en-vacances-en-Gaspésie : ''On est en Gaspésie : t'es supposée te saouler pis dormir dans l'gazon!''
On n'a pas suivi son conseil, mais disons en résumé que le Brise-Bise le soir, pendant les vacances de la construction, c'est probablement le seul bar où tu peux voir une fille mettre du Watkins sur les bras d'une autre fille pis trouver ça logique.
VERDICT BRISE-BISE:
Bin tsé... C'est cool, c'est les vacances,
pis c'est pas comme si y'avait 40 places où sortir à Gaspé!
Bin tsé... C'est cool, c'est les vacances,
pis c'est pas comme si y'avait 40 places où sortir à Gaspé!
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13 juillet 2012
Le constat
À la base, tout le monde le sait que t'es parti pour pouvoir l'oublier, mais toi t'as appelé ça le besoin de voir le monde, tsé pour sentir que tu fais partie de quelque chose de plus grand, que tu as des buts, des projets, des affaires fuckées toi aussi dans ta vie, que tu existes pis que tu sors de l'ordinaire. Pour faire du stock à raconter sur ton blog.
Tu pensais que la distance te donnerait du recul, tu sentais que si tu partais, t'allais être une nouvelle personne en revenant, une version 2.0 avec plus de guts, plus de drive. T'as acheté les billets sur un coup de tête un soir de déprime, mais ça tu le dis pas. T'as pas envie de rien dire, en fait, alors c'est pour ça que t'as choisi un pays où tu parles pas la langue.
Pour te taire. Pour boire. Pour voir.
À date, tu trouves pas fort fort. Y'a une seule idée qui t'obsède.
C'est sûr qu'après 10 shooters de fort lors d'un pubcrawl dans Barcelone, c'est peut-être plus trop le moment de prendre des décisions éclairées, mais la toune qui joue dans les speakers te dit qu'il faut que tu rentres au pays.
Faut que tu revoies Mel.
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Tu pensais que la distance te donnerait du recul, tu sentais que si tu partais, t'allais être une nouvelle personne en revenant, une version 2.0 avec plus de guts, plus de drive. T'as acheté les billets sur un coup de tête un soir de déprime, mais ça tu le dis pas. T'as pas envie de rien dire, en fait, alors c'est pour ça que t'as choisi un pays où tu parles pas la langue.
Pour te taire. Pour boire. Pour voir.
À date, tu trouves pas fort fort. Y'a une seule idée qui t'obsède.
C'est sûr qu'après 10 shooters de fort lors d'un pubcrawl dans Barcelone, c'est peut-être plus trop le moment de prendre des décisions éclairées, mais la toune qui joue dans les speakers te dit qu'il faut que tu rentres au pays.
Faut que tu revoies Mel.
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6 juillet 2012
Canin-cule
Y fait chaud, toutes les fenêtres sont ouvertes et j'entends au loin un chien japper "wouf-wouf-wouuuf-aaaoouuuuuu!''.
Gossant.
Deux secondes plus tard, j'entends un autre chien japper aussi, à peu près le même pattern, "wouf-wouf-wouuuf-aaaoouuuuuu!'', puis j'en entends un autre qui vient d'une autre direction, même chose, puis deux autres qui s'y joignent!
Coudon, est-ce que je vis dans les 101 Dalmatiens pis que personne me l'a dit??
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Gossant.
Deux secondes plus tard, j'entends un autre chien japper aussi, à peu près le même pattern, "wouf-wouf-wouuuf-aaaoouuuuuu!'', puis j'en entends un autre qui vient d'une autre direction, même chose, puis deux autres qui s'y joignent!
Coudon, est-ce que je vis dans les 101 Dalmatiens pis que personne me l'a dit??
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5 juillet 2012
Sur repeat
En pleine nuit, la clé dans la porte, les pas dans l'escalier, le son trop fort, la même chanson en boucle, personne dans la rue, personne dans la ville, les yeux qui prient, ton visage, les jambes qui brûlent, le cerveau qui disjoncte, le cœur qui abdique, ton visage ton visage, la lune pas pleine, les nuages rares, un autre quartier, le vent qui fouette, le vent merci, les heures qui passent, un cul de sac, les chats qui se lavent, les oiseaux qui chantent, s'il vous plaît non, le soleil qui se lève.
Pis moi qui rien.
Pis toi qui quoi?
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Pis moi qui rien.
Pis toi qui quoi?
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2 juillet 2012
Électrodéménageurs
C'est presque excitant, c'est la journée où les électros (pas neufs là, mais c'est tout comme) arrivent; on a tout tassé, on s'est battues contre des bébittes rampantes sous l'autre poêle, elles ont gagné mais on a signé un traité de paix, on a nettoyé, pis là on attend. Du quatrième étage, on regarde les livreurs qui sacrent contre nos escaliers.
Coloc 1 - Tabarouette...
Coloc 2 - J'voudrais pas être à leur place...
Je - Gosh que j'aime ma job.
Ils se rendent finalement en haut, entrent la chose dans l'appart, se déstrappent et nous regardent, trois tartes qui sourient, bin impressionnées de voir des vrais hommes qui forcent foul viril après des électros.
Le plus vieux - Ouin, vous êtes en hauteur, les filles!
Mais Coloc 2 n'écoute pas Le plus vieux. Coloc 2 regarde Le plus jeune comme si elle avait vu un fantôme.
Coloc 2 - ...
Le plus jeune - ...
Coloc 2 - Sébastien..?
Sébastien - ...
Coloc 2 - ...
Sébastien - Salut Mel...
Mel - ...
Sébastien - ...
Mel - Quand est-ce que t'es revenu?
Sébastien - Eum... Non mais j'vais t'expliquer...
_____
Coloc 1 - Tabarouette...
Coloc 2 - J'voudrais pas être à leur place...
Je - Gosh que j'aime ma job.
Ils se rendent finalement en haut, entrent la chose dans l'appart, se déstrappent et nous regardent, trois tartes qui sourient, bin impressionnées de voir des vrais hommes qui forcent foul viril après des électros.
Le plus vieux - Ouin, vous êtes en hauteur, les filles!
Mais Coloc 2 n'écoute pas Le plus vieux. Coloc 2 regarde Le plus jeune comme si elle avait vu un fantôme.
Coloc 2 - ...
Le plus jeune - ...
Coloc 2 - Sébastien..?
Sébastien - ...
Coloc 2 - ...
Sébastien - Salut Mel...
Mel - ...
Sébastien - ...
Mel - Quand est-ce que t'es revenu?
Sébastien - Eum... Non mais j'vais t'expliquer...
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